Dossier - L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

 

Au cours des prochains mois, Partage international prévoit d'exposer dans une série d'articles les conditions requises pour être et travailler dans un groupe ésotérique. En effet, nous sommes en train de sortir de la première phase de l'Émergence de la Hiérarchie spirituelle, et Benjamin Crème et son Maître ont consacré plus de quarante ans à expliquer comment les Maîtres prennent progressivement place dans le monde de tous les jours. Maintenant que ce processus est bien avancé, il peut s'avérer utile de réexaminer les conditions nécessaires au fonctionnement correct des groupes de disciples dont la fonction est de refléter dans le monde extérieur les ashrams des Maîtres, situés sur les plans intérieurs.

 

Avant d'aborder la « Règle Onze » dans Les Rayons et les Initiations, le Maître Djwhal Khul (DK) expose, par l'intermédiaire d'Alice Bailey, quatre conditions préalables que les disciples d'un Maître doivent respecter afin de réaliser la fusion et l'unité de leur groupe en vue de l'initiation de groupe. Ces conditions, également exposées par Benjamin Crème (dans la Mission de Maitreya, tome II), sont régulièrement étudiées depuis les années 1980 par des groupes travaillant pour l'Émergence au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et aux Pays-Bas. Ces quatre conditions sont les suivantes : « a) Parvenir à une relation de groupe non sentimentale. b) Apprendre comment utiliser constructivement les forces de destruction de façon constructive. c) Parvenir à travailler en tant que Hiérarchie minia­ture, et en tant que groupe manifestant l'unité dans la diversité. d) Cultiver la puissance du silence occulte. » [Alice Bailey, les Rayons et les Initiations] . L'article qui suit traite de la première de ces quatre conditions.

 

Les relations non sentimentales au sein des groupes ésotériques

par Phyllis Power

 

Depuis une soixantaine d'années, de nombreux secteurs d'ac­tivité favorisent la formation de « groupes ». Par exemple, j'ai travaillé dans le secteur de l'éducation pendant de nom­breuses années, et une part importante de notre formation et de notre pratique concernait le travail et l'apprentissage en groupes. Le principe fondamental est que le travail en grou­pes favorise l'apprentissage chez les enfants, à la fois intellec­tuellement, socialement et émotionnellement. La même orientation prévaut dans les secteurs des thérapies et du déve­loppement personnel, et dans diverses organisations. On constate en effet que les idées et les concepts qui naissent des réflexions d'un groupe et de la coopération sont souvent meilleurs et plus aboutis que ceux qui émanent de chaque membre du même groupe pris individuellement : le tout s'avère plus grand que la somme de ses parties. De plus, ces idées et concepts ont également l'avantage « d'appartenir » au groupe tout entier plutôt qu'à un seul individu, ce qui tisse un lien entre ses membres et renforce leur impression de démo­cratie et de bien-être.

    

Du point de vue ésotérique, cette importance accordée aux groupes résulte de l'influence du 7e Rayon, dont la qua­lité dominante est la synthèse. C'est le Rayon qui gouvernera le nouvel âge du Verseau après avoir progressivement rem­placé le 6e Rayon qui dominait l'ère précédente des Poissons. Son influence a commencé à se faire sentir au XVIIe siècle, et son énergie n'a cessé ensuite de gagner en puissance (l'impact du 6c Rayon étant en déclin), pour atteindre son niveau de croisière en 2009.

 

Le cas du groupe mondial dont le travail consiste à annoncer l'Émergence de Maitreya

 

De nombreux membres de ce groupe ont donc déjà fait l'expérience d'un travail de groupe - en tant que dirigeants, membres d'organisations, ou au cours de leur vie profession­nelle. Mais ces expériences antérieures ne préparent pas for­cément au travail au sein d'un nouveau groupe ésotérique. En effet, il est primordial de comprendre que la tâche de ce groupe et son fonctionnement en tant qu'unité sont plus im­portants que les relations interpersonnelles en son sein.

    

Certes, les groupes ésotériques doivent également faire face aux difficultés inhérentes à tous les autres groupes - difficultés issues des différences entre les personnalités et les sensibilités émotionnelles. Mais le groupe créé par Benjamin Crème en 1974 possède une caractéristique très particulière : il rassem­ble des disciples ou des aspirants disséminés dans le monde en­tier qui œuvrent sous la direction d'un Maître de Sagesse par l'intermédiaire d'un disciple avancé, Benjamin Crème. Ce groupe mondial existe aujourd'hui dans de nombreux pays sous la forme de groupes travaillant sur le plan physique, de différentes manières mais dans le même but. Un groupe avait été formé de manière semblable au début du XXe siècle, sous la direction de Maître DK et par l'intermédiaire d'Alice Bailey. De tels groupes se préparent à refléter un jour sur le plan physique l'ashram du Maître auquel ils appartiennent.

     

« Trois facteurs président à la formation d'un groupe occulte : la loi karmique, la nécessité ashramique, et la direction de l'âme. La loi karmique réunit en incarnation des individus se situant plus ou moins au même niveau d'évolution et capables de s'adapter aux exi­gences particulières de l'époque. L'âme dirige son reflet, la personna­lité, vers un groupe, afin de satisfaire à la nécessité ashramique, con­formément à la loi karmique. » [La Mission de Maitreya, tome II]

    

Ces deux groupes ésotériques comptaient sur un disciple plus avancé en contact avec un Maître pour les conseiller dans leur progression. Dans le groupe d'Alice Bailey, l’enseignement du Maître était dispensé par correspondance, soit à l’ensemble du groupe, soit à titre individuel aux membres qui ne se rencontraient jamais (cf l'État de Disciple dans le Nouvel Age, tome I). D'une manière générale, cependant, les membres du groupe de Benjamin Crème n'ont pas reçu d'enseignement individuel, si ce n'est occasionnellement lorsque ce dernier leur parlait en privé. Ils s'appuient sur les indications qu'il a généreusement dispensé au cours de ses conférences à travers le monde, dans ses livres et dans la revue Partage international.

    

Ce qui soutient ce groupe et l'encourage à persévérer dans son travail depuis plus de quarante ans, c'est le fait que sa tâ­che comporte à la fois un travail intérieur - ésotérique - et extérieur, exotérique. La pratique de la méditation de trans­mission, introduite par B. Crème en 1974, est à la fois un ser­vice et un outil de développement individuel. Le travail exté­rieur, exotérique, inclut la préparation du public à l'Émergence de Maitreya et des Maîtres de Sagesse, ce qui constitue, comme l'assure BC, « un thème puissant et magnétique » capa­ble de « souder un groupe d'individus différents éparpillés à travers le monde ». Le travail éducatif mené par les groupes de l'Émergence est, bien sûr, énorme. Informer de la présence de Maitreya et des Maîtres de Sagesse implique une manière entièrement nouvelle de voir et de comprendre notre monde, un nouveau paradigme. C'est une tâche capitale, et on peut espérer que le fait de s'y consacrer aidera les membres du groupe à surmonter les désaccords personnels qui ont si sou­vent conduit des groupes à leur perte : les sympathies et anti­pathies, jalousies et envies, ainsi que les désaccords sur la manière dont le travail devrait être exécuté.

La fusion de groupe

 

Dans le passage suivant, BC examine certains aspects con­cernant la fusion de groupe. Il démontre que l'extériorisation de la Hiérarchie spirituelle, la fusion de groupe et l'initiation de groupe sont intimement liées : « Beaucoup de gens n 'ont qu'une idée plutôt vague de l'extériorisation de la Hiérarchie. La plupart, à mon avis, pensent qu'il s'agit du moment où les Maîtres reprennent leur place dans le monde - ce qui est en effet exact, c'est bien ce qui se produit en ce moment.

    

Mais l'extériorisation de la Hiérarchie est infiniment plus complexe que cela. Ce qu'elle implique, en fait, c'est l'exté­riorisation sur le plan extérieur des ashrams des Maîtres dans une relation de travail. Les groupes de disciples travailleront de manière unifiée sur le plan extérieur, tout en restant simultanément en fusion, unis, avec l'ashram intérieur dont ils font partie, et au centre duquel se trouve un Maître. [ ... ] Ces ashrams, comme vous le savez, existent sur les plans intérieurs, sur le plan de l'âme, mais le but ultime est de les reproduire sur le plan physique extérieur. » [La Mission de Maitreya, tome II]

 

Des relations de groupe non sentimentales

 

Concernant les relations entre les membres de tout groupe susceptible d'appartenir à l'ashram d'un Maître, voici ce que dit DK : « L'un  des problèmes de la Hiérarchie, sous ce rapport, est l'élimination du sentiment, cette relation et réaction émotionnelle curieuse, qui lie tous les membres d'un groupe et fait qu'ils se plai­sent ou se déplaisent. S'ils se plaisent, la relation qui s'instaure en­tre les personnalités est trop forte en ce qui concerne le bien du groupe. L'équilibre du groupe est perturbé. S'ils se déplaisent, une attitude intérieure de rejet opère constamment, et des clivages se produisent. N'est-il pas vrai, mes frères, que vos relations réciproques sont fréquemment soumises à l'impact de l'approbation ou de la dé­sapprobation ? Lorsque cette attitude existe, les premiers pas vers la fusion de groupe ne se font pas. C'est ce que nous entendons par sentiment et cette réaction émotionnelle doit disparaître en tant que stade préliminaire. » [Les Rayons et les Initiations]

    

Il est donc souligné que « plaire » - tout autant que « dé­plaire » - est présenté comme un sentiment indésirable dans le fonctionnement d'un groupe, car il crée des liens person­nels trop forts qui nuisent à la cohésion de ce dernier. Si certains « se plaisent », les autres sont exclus. Ces émotions ou trop d'impact et peuvent en engendrer d'autres, telle que l'envie. Les préférences personnelles ne devraient pas interfère dans le fonctionnement d'un groupe qui s'efforce de travaille sur le plan de l'âme, et l'amour sans attachement, en tant qu'attribut de l'âme, doit tout naturellement sous-tendre le travail de tout groupe ésotérique. Mais tant que le contact avec leur âme n'est pas suffisamment affermi, les membre des groupes sont susceptibles de se livrer à ces préférences discriminatoires dont parle DK.

    

Le mot rejet a une grande importance dans ce passage. Il est intéressant de noter que DK utilise également ce terme dans Retour du Christ en parlant de la peur qu'ont les gens de parle de ce retour : « Ils ont peur d'être rejetés, ou de passer pour bizarre ou encore de déranger. » Dans le passage antérieurement cité DK fait référence aux conséquences de la « désapprobation que sous-tend un « rejet », dans le travail de groupe.

    

Dans le dictionnaire, certaines définitions du mot « rejet » donnent une idée de son impact : « Refuser d'accepter une suggestion ou une proposition utile, l'ignorer, la dédaigner, la mépriser. »

    

Afin d'éviter les émotions inutiles, chaque membre d'un groupe doit s'efforcer d'être à chaque instant conscient de son comportement et de l'impact qu'il produit chez les autres dans le cas d'un « rejet », il doit prendre conscience du fait que sa désapprobation est mêlée d'un sentiment de supériorité et de séparatisme. Inversement, se sentir « rejeté » peut faire naître un sentiment d'infériorité et d'exclusion conduisant au dépit ou à la colère. Le contraire du « rejet » est, bien sûr, l'acceptation et le respect. Une question s'impose alors est-il possible d'exprimer son désaccord avec une idée tout en acceptant sa valeur et celle de celui qui la propose ? Autrement dit, peut-on considérer chaque idée d'une manière dépassionnée et sans jugement?

    

DK conclut son exposé sur les relations de groupe non sentimentales par un appel à la « clarté » et par l'évocation d'u idéal exaltant : celui d'un travail de groupe fondé sur un amour « immuable, permanent, profond », issu de l'âme et imprégné de son corollaire : la « divine indifférence » c'est-à-dire un amour détaché du brouillard des réactions de la personnalité.

    

« Il ne vous sera pas possible de comprendre la signification cette règle si votre mental ne comporte pas une certaine mesure de clarté concernant les vraies relations de groupe. De telles relations ne reposent pas sur la personnalité ou l'impersonnalité, sur la sympathie ou l'antipathie, ni sur la critique ou l'absence de critique mais sur une vraie compréhension de la « divine indifférence », du détachement spirituel, et d'un amour immuable, permanent, profond. Pour beaucoup d'aspirants, la juxtaposition de ces expressions semblera paradoxale ; mais la compréhension des paradoxes occultes tend à libérer. C'est dans la compréhension de ces attitudes de base que se trouve la première leçon de celui qui aspire à participer à l'initiation de groupe. » [Les Rayons et les Initiations]

    

Nous pouvons tous aspirer à un tel idéal et tenter de l'atteindre tandis que nous nous efforçons d'instaurer de justes relations de groupe. Sur le plan de l'âme nous sommes à la fois détachés et aimants : le but est d'incarner de plus en plus ces qualités dans la vie quotidienne et dans les interactions groupe.

 

Références

Alice Bailey, l'État de Disciple dans k Nouvel Age, tome I; les Rayons et Initiations ; le Retour du Christ ; Benjamin Creme, la Mission de Maitreya tome II, Partage Publication.

Le prochain article de cette série traitera du développement de l'impersonnalité dans les relations de groupes.

 

Dossier - L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

Dans cette série d'articles nous examinerons les conditions fondamentales qui gouvernent le travail des groupes ésotériques. Benjamin Crème et son Maître ont passé plus de quarante ans à informer le public de l'extériorisation de l'ashram des Maîtres. Comme ce travail est en bonne voie, il serait utile de revisiter les conditions présidant au bon fonctionnement des groupes de disciples, dont la vocation est de refléter une réalité intérieure dans le monde extérieur. Les auteurs de ces articles n'ont aucune expertise particulière . en compagnie du lecteur, ils explorent et examinent un ensemble d'idées et de comportements.

La « Règle Onze », donnée par le Maître Djwhal Khul (DK) par l'entremise d'Alice Bailey et publiée dans les Rayons et les Initiations, est la onzième d'une série de règles destinées aux disciples et aux aspirants. DK y présente les quatre conditions auxquelles les disciples appartenant au groupe d'un Maître doivent satisfaire pour parvenir à la fusion et à l'unité de groupe, préalablement à une éventuelle initiation de groupe. Ces conditions sont étudiées en détail par Benjamin Crème dans la Mission de Maitreya, tome II. (MM 2)

     

Elles sont . a) l'établissement de relations non sentimentales ; b) l'utilisation constructive des forces de destruction ; c) la capacité à travailler en tant que hiérarchie miniature dans le respect du principe d'unité dans la diversité ; d) la culture de la puissance du silence occulte (les Rayons et les Initiations, p. 215)

Dans l'article ci-dessous, Phyllis Power explore le concept d'impersonnalité et met en lumière son rôle fondamental dans le travail de groupe. L'article suivant de la série (qui paraîtra dans notre numéro de juin) examinera l'intrigante notion d'« utilisation constructive des forces de destruction dans le travail de groupe » - seconde condition fondamentale à la cohésion et à l'initiation de groupe donnée par DK et BC.

 

L'impersonnalité dans les relations de groupe

par Phyllis Power

« L'amour est un courant continu d'énergie divine qui réunit ma­gnétiquement les minuscules briques de matière composant l'univers, ainsi que les blocs individuels qui constituent un groupe. »  (Benja­min Creme)

    

Dans le numéro d'avril de Partage international, j'ai ex­ploré la nécessité de « relations non sentimentales » dans les groupes ésotériques. Je me propose ici d'examiner ce point plus avant, et d'exposer dans ses grandes lignes la condition d'« impersonnalité » - « détachement » ou « divine indiffé­rence » - telle qu'elle apparaît dans certains passages des écrits du Maître Djwhal Khul (DK) dans les livres d'Alice Bailey, de Benjamin Crème (BC) et d'Aart Jurriaanse1. Cet ar­ticle n'étant qu'une esquisse, je renvoie le lecteur aux écrits originaux et à tous les autres.

Ces enseignants mettent tous l'accent sur le caractère im­périeux de la nécessité à laquelle doivent satisfaire les indivi­dus dans leurs relations à l'intérieur d'un groupe. Une fois réalisée, cette impersonnalité devient le fondement d'un amour profond et universel tout à fait différent de celui que l'on trouve dans les relations ordinaires

    

BC : « Nous devons comprendre que le véritable travail de groupe doit être fondé sur une divine indifférence. [ . .] Quand on veut progresser indiv

iduellement et en formation de groupe, il faut une impersonnalité totale, tant dans la relation avec les membres du groupe que dans la relation au travail. Tôt ou tard, cette imperson­nalité doit se développer. » (MM2, pp. 626 et 494)

    

DK souligne la nécessité de l'impersonnalité dans toutes les relations d'un disciple : avec son Maître, avec un compagnon de travail et aussi avec lui-même : « Le Maître attend de la part du disciple un effort d'impersonnalité dans ses relations avec lui et avec ses co-disciples ; l'impersonnalité est la première étape sur la route de l'amour et de la compréhension spirituels. [Et] un sens des proportions qui lui permette de considérer ses petites affaires person­nelles - physiques, émotionnelles et mentales - dans la perspective du plus grand tout. Nous revenons donc à l'impersonnalité - cette fois, à l'impersonnalité d'un homme par rapport à ses propres réactions. » (l'État de disciple dans le nouvel âge, vol. 1 (EDNA), pp. 737-738)

    

Aart Jurriaanse (1907-2002), écrivain ésotériste, a longtemps contribué à Partage international. Il est l'auteur de compilations des livres d'Alice Bailey et de commentaires sur les enseignements, dont : Of Life and Other Worlds (A propos de la vie et des autres mondes) ; Prophecies (Prophéties) ; Réfléchissez-y; Servir l'humanité.

 

Pour A. Jurriaanse également, l'impersonnalité est une qualité de l'âme qui transcende les préoccupations de la personnalité : « L'acquisition de l'impersonnalité et du détachement n'est qu'une autre manière de dire que le disciple a réussi à s'élever au-dessus des problèmes de la personnalité, et est désormais capable de travailler depuis le plan de l'âme. Il a appris l'acceptation, et peut donc aborder chaque situation dans un esprit d'amour, en refusant de se précipiter dans toute action qui risque de permettre à la moindre forme de séparation de s'immiscer dans ses relations avec ses frères hu­mains. » A. Jurriaanse fait une distinction pertinente entre l'amour impersonnel et cette forme spéciale d'impersonnalité ou de détachement qui consiste à opérer un retrait psycholo­gique et une distanciation de l'autre - une forme « d'indifférence ou de préoccupation ». Pour certaines personnes se trouvant sur certains rayons, cette attitude est relativement facile à prendre, mais il lui manque l'amour qui reste fondamental pour parve­nir à l'impersonnalité provenant de l'âme. « Le disciple finit par découvrir que l'impersonnalité n'est pas fondée sur l'indifférence  ou la préoccupation, mais sur une compréhension profonde, une focalisa­tion dynamique sur le service du monde, un sens des proportions et un détachement qui lui permettront d'aider véritablement ses frères humains. » (Partage international, mai 1993)

    

Pour tous ces auteurs, l'impersonnalité est le premier pas sur le chemin des relations de groupe qui doit précéder et supplanter les relations « aimantes » que tous les groupes s'ef­forcent de construire.

    

DK : « L'essentiel de l'effort des disciples les plus sincères con­siste d'ordinaire à s'aimer les uns les autres, et, ce faisant, pour uti­liser une vieille image, ils « mettent la charrue avant les bœufs ». Ils devraient d'abord faire tous leurs efforts pour parvenir à l'imperson­nalité dans leurs rapports, car, une fois que cela a été réalisé, la criti­que cesse et l'amour afflue. » (EDNA, p. 737)

    

BC distingue soigneusement l'amour impersonnel des re­lations ordinaires

     «

La règle la plus difficile de toutes, semble-t-il, est celle qui oblige les gens à affronter leurs mirages, c'est-à-dire l'exigence de relations de groupe impersonnelles. Cela semble être difficile pour tous les groupes, en raison des préférences de la personnalité qui relèvent du mirage. L'exigence requise pour parvenir à des relations de groupe imperson­nelles est que ces relations ne devraient tenir aucun compte des préfé­rences et des aversions de chacun. Aimer ou détester sont des opposés et vous devez aller au-delà des paires d'opposés, même si ces préférences s'expriment d'elles-mêmes. Nous pouvons travailler avec les personnes que nous aimons, mais il nous est impossible de le faire avec celles que nous n'aimons pas. Ce sont là des réactions de la personnalité qui n'ont pas leur place dans un groupe occulte.

     

Les groupes occultes n'ont rien à voir avec les personnalités. Nous ne parlons pas d'un groupe de personnes composant une équipe de football, ni d'un groupe d'hommes d'affaires créant une nouvelle société. C'est quelque chose de complètement différent. Il s'agit d'un groupe d'âmes, venant en incarnation en même temps suivant la né­cessité ashramique. » (L'Art de la coopération, p. 170)

    

Cependant, d'un point de vue humain non dénué de bon sens, BC, qui ne manque jamais une occasion de souligner l'utilité du bon sens, n'exclut pas la possibilité d'étroites rela­tions personnelles au sein d'un groupe. Elles ne sont pas interdites : « [Les gens] s'imaginent qu'ils ne doivent pas avoir de relations personnelles. Mais cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas avoir de relations personnelles. Cela veut dire que les choses doi­vent se construire autour du travail, et non autour des relations per­sonnelles. » (PI, juillet-août 2002)

    

Nous voyons donc que l'impersonnalité au sens ésotéri­que du terme n'est pas une attitude émotionnelle, mais un at­tribut intrinsèque de l'âme de facto imprégné d'amour : « Bien entendu, pareil détachement spirituel doit être fondé au départ sur un amour fondamental profond, non verbalisé, mais inébranlable. L'amour doit souder le groupe. Mais cet amour ne doit pas s'expri­mer sous forme d'attirance personnelle, ni d'antipathie, qui sont des manifestations de la personnalité. Un amour profond et sous-jacent entre les membres rend possible le travail commun et harmonieux du groupe à l'unisson. Il est le reflet d'une relation ashramique inté­rieure, car l'âme possède déjà cette divine indifférence. » (MM 2, 626-627)

 

Le mirage

 

L'impersonnalité est essentielle, mais difficile à réaliser. Dans le cas de ce groupe, le sentier menant à sa réalisation est celui de l'Émergence elle-même, mais il implique une lutte constante pour s'élever au-dessus de nos nombreux problè­mes personnels. Du fait de nos mirages, nous sommes per­suadés de la réalité de nos désirs, préjugés et partis pris, et n'avons pas conscience de notre motivation sous-jacente. L'ennui avec le mirage est bien sûr qu'il nous est plus facile de voir celui du voisin que le nôtre.

    

BC, qui nous met souvent en face de nos mirages, suggère que nos motivations de service sont imprégnées des désirs de notre personnalité, qui militent contre des relations d'amour impersonnel : « Les motivations de tout le monde sont pour le moins variées. [ . .] Je me demande combien de gens peuvent affirmer que la motivation qui les a attirés vers ce travail est un désir pur et simple de servir le monde au mieux de leurs possibilités. » (Share In­ternational, août 1988). DK développe le même thème avec hu­mour : « Il est difficile pour un disciple, pendant le processus de son entraînement initial, de rester fidèle à ses idéaux personnels et d'avan­cer énergiquement sur le chemin de son intégration spirituelle, tout en restant impersonnel à l'égard des autres. Il cherche la reconnaissance de ses efforts et de ses réalisations ; il brûle de voir la lumière qu'il a stimulée provoquer une réaction de la part des autres ; il veut être connu en tant que disciple ; il meurt d'envie de manifester son pouvoir et la nature hautement avancée de son amour, et de susciter enfin l'admiration, ou, au moins, de pouvoir relever des défis. Mais il ne se passe rien. On ne le remarque pas plus que ses frères. Il n’est donc pas satisfait de sa vie. » (EDNA, p. 48). Comme BC l'a souvent rappelé, un disciple ne doit attendre aucune reconnaissance, ni de ses collègues co-workers, ni du Maître.

 

Développer l'impersonnalité

 

Pour parvenir à l'impersonnalité, la route royale consiste à se focaliser de manière détachée sur le travail de groupe. Selon A. Jurriaanse, la personne, par la pratique du détachement « se rend compte que l'âme est le vrai Soi et que le corps matériel n’est qu'un simple instrument par l'intermédiaire duquel elle fonctionne de façon temporaire ; quand elle devient consciente du fait que depuis sa position d'observateur, elle peut, dans un détachement serein, agir en tant que directeur des forces au nom de l'humanité, elle comprend qu'en fait elle est l'Âme. » Néanmoins, comme BC le fait remarquer : « Tout effort excessif pour corriger une faiblesse, dissoudre un mirage, ne fait qu'aggraver le problème. » (SI, juillet-août 1988). En créant une résistance, la personne demeure dans le même état d'esprit. Pour remédier à cela, il conseille : « Essayez de dépasser le stade de la préférence et de l'aversion, et essayez de voir dans les co-workers des âmes en incarnation comme vous, qui font de leur mieux pour la même cause. En d'autres termes essayez d'être plus tolérants, plus détachés, plus impersonnels dans les relations de groupe. Examinez-vous, et demandez-vous pourquoi vous n'aimez pas les autres membres ou leur façon de travailler. » (PI, novembre 2000). Krishnamurti suit la même voie, par la recherche d'un éveil de la conscience qui est à l'opposé de l’effort, par l'attention et l'acceptation - sans résistance, sans tentative de changement - de nos pensées, émotions et réactions, qui amène ces dernières à sortir tranquillement de notre conscience. Comme les adeptes de la Mindfulness le proclament, il s'agit pour moi de commencer à prendre conscience que je ne suis pas mes émotions. Il appartient à chacun de faire cet effort vers l'impersonnalité dans chaque groupe. Ce sont toujours l'aspiration au service et le travail lui-même qui doivent guider notre action et nos relations - mais c'est bien entendu plus facile à dire qu'à faire.

    

Pour les co-workers travaillant en vue de l'Émergence, la pratique de la méditation de transmission offre aussi un espace de service impersonnel. En restant assis, dans le meilleur alignement possible, sans chercher à diriger les énergies puissantes qui nous sont envoyées, dans un groupe de personnes unies dans la même tâche silencieuse, où la parole n'a pas sa place et où chacun sait que le but est de servir le monde – nous pouvons sans aucun doute faire l'expérience du service qui nous unit à un niveau profond.

    

Pour finir, nous pouvons simplement réfléchir au besoin d'impersonnalité dans notre travail de groupe quotidien et essayer de nous examiner en pleine conscience et dans 1e détachement et l'acceptation - avec légèreté, et même avec humour. En acceptant que nous sommes loin d'être parfaits nous pouvons pratiquer une attitude d'absence de critique envers nous-mêmes comme envers les autres. Nous pouvons garder présent à l'esprit que nous faisons partie d'un groupe mondial, que nous sommes rassemblés par un Maître de Sagesse dans un seul et unique but qui nous unit les uns aux autres ; que le travail de service que nous faisons pour Maitreya et les Maîtres de Sagesse, quelle qu'en soit la nature, doit être plus important que nos petites préoccupations ; et que l'unité groupe est toujours plus importante que nos personnes individuelles. Comme toujours, BC nous montre le chemin :

    

« Visez d'abord et avant tout à travailler dans l'impersonnalité, à établir des relations de groupe impersonnelles. Ce que vous prenez pour de l'amour n'est en fait qu'un désir de la personnalité. Devenez impersonnels, et l'amour coulera constamment et instinctivement. Il pourra alors s'exprimer pour ce qu'il est, c'est-à-dire en tant que qualité de l'âme, et non en tant que lien entre personnalités ou groupes de personnalités, comme dans les clans qui se forment au sein de nombreux groupes. Ceci est très important. » (MM2, p. 691)

    

« . . . Cela n'a rien à voir avec la personnalité, les besoins ou les habitudes de la personnalité. Il s'agit de reconnaître la réponse de l'âme d'une autre personne à cette idée extraordinaire. Il n'existe aucune idée plus importante dans la totalité du monde. Je ne le dirai jamais assez. Ce qui se passe aujourd'hui est l'événement le plus important depuis 98 000 ans. C'est extraordinaire. Le Christ est dans le monde -  pas seulement quelqu'un dont on parle dans les livres. C'est le retour dans le monde du Christ, en compagnie de Jésus, en compagnie des autres Maîtres de Sagesse. » (PI, juillet-août 2002)

 

Références

Alice A. Bailey (DK), L'État de disciple dans le nouvel âge, Volume I, 1944, Lucis Press. (EDNA)

Benjamin Crème, La Mission de Maitreya, Tome II, Ed.2017, Partage Publication. (MM 2)

Benjamin Crème, L'Art de la coopération, 2002, Partage Publication

Aart Jurriaanse, Les qualités du disciple (4): le détachement, l'impersonnalité et l'acceptation, Partage international, mai 1993.

Revue Partage international (PI)

Revue Share International (SI)

 

Dossier - L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

Dans cette série d'articles nous examinons les conditions fondamentales qui gouvernent le travail des groupes ésotériques. Benjamin Crème (BC) et son Maître ont consacré plus de quarante ans à informer le public de l'extériorisation de l'ashram des Maîtres. Comme ce travail est en bonne voie, il semble utile de revisiter les conditions présidant au bon fonctionnement des groupes de disciples, dont la vocation est de refléter une réalité intérieure dans le monde extérieur. Les auteurs de ces articles n'ont aucune expertise particulière : en compagnie du lecteur, ils explorent et examinent un ensemble d'idées et de comportements.

     La « règle onze », donnée par le Maître Djwal Khul (DK) par l'entremise d'Alice Bailey, est la onzième d'une série de règles destinées aux disciples et aux aspirants. DK y présente les quatre conditions auxquelles les disciples appartenant au groupe d'un Maître doivent satisfaire pour parvenir à la fusion et à l'unité de groupe, préalablement à une éventuelle initiation de groupe. Ces conditions sont étudiées en détail par Benjamin Crème dans La mission de Maitreya, tome II (MM2).

     Elles sont . a) l'établissement de relations non sentimentales ; b) l'utilisation constructive des forces de destruction ; c) la capacité à travailler en tant que hiérarchie miniature dans le respect du principe d'unité dans la diversité ; d) la culture de la puissance du silence occulte. (Les rayons et les initiations, [215])

 

« Il n'y a rien d'autre à exprimer que la divinité »

 

L'utilisation constructive des forces de destruction (1re partie)

par Felicity Eliot

 

« Nous avons tous la possibilité de choisir tel ou tel aspect de la réalité. Il y a plusieurs réalités . celle qui nous fait avancer, celle qui nous laisse sur place, et celle qui nous fait régresser. Tel est le choix qui nous est proposé : la divinité. Il s'agit de savoir dans quelle mesure nous voulons être divin. Jusqu'à quel point nous voulons manifester, extérioriser notre divinité . parce qu'il n’y a rien d'autre. Il n 3' a rien d'autre à exprimer que cette divinité. C'est cela, la réalité. La décision nous appartient. Chacun d'entre nous décide d'exprimer ce qu'il est, la divinité qui est la sienne. Nous sommes tous devant ce choix. Maitreya tient à ce que vous sachiez que c'est la vérité. » (Benjamin Crème, à une réunion informelle à New-York, 2010)

    

Dans Initiation humaine et solaire, le Maître DK donne une première série de règles s'adressant au candidat à l'initia­tion, qui mettent l'accent sur la préparation individuelle. Les règles dont nous parlons aujourd'hui, telles qu'elles sont exposées par DK et BC, sont leurs contreparties supérieures ; elles concernent les recommandations et les objectifs propo­sés aux groupes de disciples.

    

La condition en question implique l'invocation de l'as­pect Volonté dans le but de détruire tout ce qui entrave l'acti­vité de groupe ou le dessein ashramique. La question de sa­voir si l'initiation de groupe est possible à ce stade n'entre pas dans le propos de cet article. Ce qui est possible à la fois pour les individus et les groupes, c'est l'effort délibéré de tra­vailler à la réalisation de ces buts - dans la limite des possibi­lités des individus concernés. Le Maître DK attire notre at­tention sur ce qu'il décrit comme étant « l'attitude fondamen­tale de l'aspirant à l'initiation . elle doit être déterminée, gouvernée par la raison pure, et se manifester en activité spirituelle. » (Les rayons et les initiations, [33])

    

La première partie de l'ancienne injonction, telle qu'on la trouve dans la règle XI, est la suivante :

« Que le groupe réuni fasse passer dans la Triade, le feu qui est dans le Joyau au sein du Lotus, et qu'il trouve le Mot qui réalisera cette tâche. Que le groupe détruise par sa volonté dynamique ce qui a été créé au point du milieu. » (Les rayons et les initiations, [215])

Ces règles sont essentielles pour la réalisation de la fusion entre les groupes extérieur et intérieur. Un facteur souvent oublié ou considéré comme sans rapport, est que leur réalisation est aussi intimement liée à un développement unique de l'histoire de notre planète - l'extériorisation de la Hiérarchie spirituelle. Il s'agit là d'une affirmation et d'une idée extraor­dinaires signifiant que l'effort individuel ou de groupe, l'ac­tion ou l'absence d'action ont une implication directe dans l'évolution de la Vie de notre planète.

    

Eu égard à la nature des conditions à remplir pour la cohé­sion de groupe, il est clair que chacune d'entre elles s'imbrique dans la suivante et la recoupe, ce qui ne fait qu'appuyer et cla­rifier les concepts concernés. Par exemple, le détachement n'est guère possible sans l'impersonnalité, qui, à son tour, ne peut se développer sans aspiration, laquelle mène à la renon­ciation. De la même manière, accepter la réalité des différen­ces de niveau d'évolution dans un groupe, utiliser les forces de destruction ou pratiquer le silence occulte serait impossible, sans que toutes les autres qualités ne soient présentes.

    

La notion d'impersonnalité implique l'absence de toute préoccupation de personnalité susceptible de constituer une barrière à la coopération ; semblablement, l'impassibilité renvoie à un état qui n'est dominé ni par la passion, ni par les émotions ; la divine indifférence est l'état naturel de l'âme, ou observateur, pour paraphraser le Maître DK. Dans les dernières étapes de notre voyage en incarnation, la vie est un processus de raffinement qui, petit à petit, réduit le bruit des véhicules et permet à la note de l'âme de résonner de plus en plus clairement. En d'autres termes, une vie de disciple est un processus de transfert ou de renonciation de l'inférieur pour le supérieur - de « sacrifice » des désirs du soi de la pe­tite personnalité pour la vie du véritable Soi. L'âme, qui sait qu'elle est une avec toutes les autres âmes, ne connaît que l'identification avec le groupe.

   

Pour ceux qui connaissent les Enseignements de la Sagesse éternelle et les œuvres de BC, comme pour le lecteur occasion­nel qui n'a que peu de connaissances - voire même aucune - dans les domaines en question, les concepts que nous présentons ici valent la peine d'être examinés ne serait-ce que comme hypothèse de départ pour envisager de nouvelles fa­çons d'être et d'interagir dans une nouvelle civilisation, puis­que nous entrons aujourd'hui dans l'ère du groupe. Nous pas­sons en ce moment d'une ère à une autre, ce qui signifie que, individuellement comme collectivement, nous abandonnons les habitudes et les normes du passé pour quelque chose de nouveau. Nous vivons à coup sûr une période riche en expé­riences potentielles. Que voulons-nous devenir ?

 

Élargir la perspective

 

Dans les deux articles précédents (numéros d'avril et de mai), nous avons vu que des relations non sentimentales déta­chées sont indispensables à l'établissement de justes relations humaines, qui constitueront sûrement à leur tour le fonde­ment d'une nouvelle société.

    

Pour élargir notre perspective avant de nous focaliser plus spécifiquement sur les enseignements ésotériques, ajoutons que ces justes relations entre les hommes sont tout aussi in­dispensables au niveau international. Si nous extrapolons un instant notre vision à la société en tant que tout, les mêmes conditions préalables pourraient s'appliquer à la commu­nauté' internationale des nations.

    

Dans le préambule à la Déclaration universelle des droits de l'homme de 19481 le monde reconnaît la réalité fondamentale de l'humanité en tant que tout : « Considérant que la recon­naissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde... » (italiques de la rédaction)

    

De même que chaque être humain est une âme en incarna­tion travaillant à travers les véhicules de sa personnalité, de même chaque nation est l'expression d'une vie, d'une âme s'exprimant au moyen de sa personnalité nationale.

    

Tout groupe, quel qu'il soit, fonctionne mieux et atteint plus facilement ses objectifs lorsque les intérêts strictement personnels sont mis de côté, et cela est tout aussi nécessaire et désirable dans les affaires internationales. Même si cela reste aujourd'hui un vœu pieux, l'analogie reste valable. Si les in­térêts nationaux mesquins pouvaient être mis de côté pour le plus grand bien de tous, que ne serions-nous pas capables de réaliser ? Puisque l'Assemblée générale des Nations unies est inévitablement appelée à devenir un jour le parlement mon­dial, les relations internationales ne se porteraient-elles pas infiniment mieux si la réalité intérieure se reflétait dans une assemblée nouvelle et réformée ? Dans un groupe parvenu à maturité et qui fonctionne bien, tous les membres (ou na­tions) auront une voix de valeur égale ; aucune voix ne domi­nera ; chacun mettra ses qualités et sa culture uniques au ser­vice du tout. Du moins, on peut l'espérer. Les Maîtres nous disent qu'il existe un parlement interplanétaire et que notre planète y est représentée.

 

Que sommes-nous sensés détruire ?

 

C'est sur une vérité très déplaisante que le Maître DK et BC attirent notre attention lorsqu'ils nous disent que l'une des caractéristiques majeures des groupes de disciples est l'égoïsme spirituel, qui s'exprime dans une ambition multi­forme, un désir d'être reconnu, et de développement person­nels. Certaines ambitions peuvent sembler plus nobles et idéalistes : désir de croissance spirituelle, de recevoir de la reconnaissance d'un Maître ou un compliment d'un disciple plus avancé. BC a souvent parlé du mirage de ceux qui attendent un « petit compliment ». C'est un fait que le service est bien souvent utilisé à des fins d'autoglorification, d’arrivisme et de recherche d'influence.

    

ur le chemin de l'unité et des relations de groupe impersonnelles, se dresse l'obstacle supplémentaire des liens de personnalité existant entre les membres du groupe. La relation à atteindre est fondée sur une reconnaissance mutuelle en tant qu'âmes des membres en question, réunis dans leur engagement vis-à-vis du Maître et leur service commun à 1'humanité. D'où l'injonction de « destruction du désir », idée encore renforcée par ce que le Maître DK décrit comme « le motif irrésistible des besoins mondiaux » qui conduit à l’«  acquiescement ashramique », par opposition aux objectifs, désirs et ambitions du disciple individuel.

     L

e Maître DK continue : « Ces deux processus spirituels de destruction - destruction du désir et rupture de tous les liens de personnalité - sont à la fois les deux premiers et les principaux résultats de la vie de groupe » (italiques de rédaction). Une fois de plus, nous apprenons que c'est par le mécanisme du travail de groupe et de la tension spirituelle ainsi générée que la destruction spirituelle devient créative.

 

Le contact avec l'âme

 

Pour se lancer dans le processus de renonciation, il faut avoir la volonté de le faire. Pour cela, il sera fort utile de s'imprégner de la déclaration ci-dessous faite par BC en réponse à une question sur les relations de groupe, dans laquelle il explique comment accéder à la Volonté. Tout aussi important, un développement supplémentaire de BC (en italiques dans la citation) met en lumière le véritable statut des membres du groupe. Cette affirmation générale mais capitale ne peut qu'encourager, conforter et inciter les disciples continuer leurs efforts.

    

« [ ... ] On ne peut pas le savoir avant de l'avoir vécu. Cela [les relations de groupe impersonnelles] se produit tout seul quand on est tellement motivé par le service du monde, tellement immergé dans le service, qu'on ne remarque même plus les rapports de personnalité à l'intérieur du groupe. On ne pense même pas en ces termes, mais seulement en termes de travail à faire, de besoins à combler. On répond aux besoins, et de ce simple fait, il se produit une attrition de ces polarisations. On devient de plus en plus impersonnel, dans le bon sens, le sens spirituel. On devient alors capable de travailler avec toutes sortes de gens que, autrement, on trouvera sympathiques ou antipathiques. Ce dont il est question ici va au-delà de la vie de l'âme. Nous ne parlons pas de la nécessité d'entrer en contact avec l'âme, ni d'en démontrer les qualités. Nous tenons pour acquis, pour ainsi dire, que les disciples de ce groupe sont déjà en contact avec leur âme, qu'ils en ont manifesté les qualités, et qu’ils sont en train d'établir un rythme puissant, une note puissante dans le monde, qui invoquera la volonté. La force destructive de la volonté va au-delà de l'âme, elle va jusqu'à la Monade. Elle est l'énergie qui détruit les désirs personnels de toutes natures. » (MM 2, éd. 2017

    

Toute évolution, nous dit-on, procède par transfert vers le haut de ce qui est en bas, ou par la renonciation à ce qui est en bas en faveur de ce qui est en haut. À mesure que le groupe progresse en maturité, sa focalisation sur le travail en cours établit une « tension ». En d'autres termes, on pourrait parler d'une unicité de but stabilisée chez tous les membres qui sont suffisamment absorbés dans le travail pour que leur tension spirituelle devienne invocatoire. La focalisation du groupe est telle qu'elle invoque l'âme du groupe, la dépasse jusqu'à l'ashram intérieur.

    

L'accès à l'aspect Volonté élimine tous les obstacles et le groupe se retrouve capable d'un service plus efficace et plus dynamique qu'auparavant. Par sa focalisation unie sur la tâ­che en cours, le groupe génère une tension spirituelle telle que, par voie de conséquence pratiquement collatérale, les désirs et réactions des personnalités meurent par attrition. II va de soi que le processus prend du temps et que les membres du groupe progressent différemment et à des rythmes variés. C'est là que la nécessité de travailler en formation de hiérar­chie miniature intervient. (Cette troisième condition, le tra­vail en mini-hiérarchie, fera l'objet de deux autres articles dans cette série).

    

Si nous revenons à la règle XI, nous constatons qu'elle de­mande au groupe réuni de faire passer « dans la Triade k feu qui est dans k Joyau au sein du Lotus ». En d'autres termes, de transférer la focalisation de l'âme dans la Triade spirituelle, puis, en application du reste de l'injonction, de « [détruire] par sa Volonté dynamique ce qui a été créé au point du milieu. » Autrement dit, par la renonciation et le travail dans l'unité, non seulement de provoquer l'étiolement des obstacles en provenance de la personnalité, mais surtout, dans les termes mêmes du Maître DK, de susciter le « contournement » du véhicule de l'âme (ou corps causal) - ce qui permet à l'éner­gie de Volonté de s'écouler librement.

 

Les relations de groupe impersonnelles se produisent toutes seules

quand on est tellement motivé par le service du monde,

tellement immergé dans le service, qu'on ne remarque même plus

les rapports de personnalité à l'intérieur du groupe.

 

     D'un point de vue plus général, nous, l'humanité, faisons partie d'une grande Conscience « dans laquelle nous vivons, nous nous mouvons et avons notre être ». En tant que tels, et en tant que points de conscience dans ce plus grand tout, nous sommes en droit de supposer qu'une fois qu'un niveau minimum de conscience a été atteint (et nous est donc accessible), nous disposons d'une certaine autonomie - ou libre arbitre. En fonction de la clarté du mécanisme de conscience en ques­tion, nous devenons plus ou moins capables de nous identi­fier et donc de nous aligner automatiquement avec le dessein et le mouvement de ce grand Être. Nous devenons cocréateurs. En cela, le disciple est responsif au mouvement et aux plans de la Vie, et la responsabilité est son état naturel. Sa ca­pacité à être l'artisan éclairé de sa vie en tant que partie du plus grand tout devient un état naturel générateur d'harmo­nie, qui permet à l'évolution de se dérouler selon la ligne tra­cée par l'intuition et perçue par identification avec le tout.

    

Il est intéressant de noter que l'origine du mot réponse et de ses dérivés remonte à la racine « spend : faire une offre, pra­tiquer un rite, d'où « s'engager par un acte rituel », ce qui a donné en latin spondere : s'engager, promettre, et en hittite shipantahhi : verser une libation, sacrifier. En d'autres ter­mes, il s'agit de la réponse d'une personne à la vie, à la déité - qui étaient considérées et vécues par les anciens comme une seule et même chose. Toute vie, toute conscience est une af­faire de réponse à des stimuli, intérieurs ou extérieurs.

    

Tant que la personnalité l'emporte et que nos efforts pour « établir le contact avec l'âme » restent timides, nous faisons obstacle au processus d'extériorisation de l'ashram des Maî­tres. BC écrit (même si dans cet exemple il parlait plus précisé­ment du mirage de la reconnaissance) : « Le mirage retarde l'ab­sorption complète des énergies du groupe dans l'ashram intérieur - ce qui est le cœur même de l'initiation de groupe. En outre, elle retarde la réflexion exacte et parfaite de l'ashram intérieur sur le plan exté­rieur - ce qui constitue précisément l'extériorisation de la Hiérarchie. C'est pourquoi une absorption totale dans le service est indispensable.

     

Lorsque cette absorption est mise en œuvre, cela permet l'entrée en jeu de l'aspect volonté du groupe. Lorsque cette volonté est invo­quée, tout se met en place de manière naturelle. Cela ne se fait sen­tir que lorsque le groupe travaille intelligemment, et manifeste l'amour de façon adéquate. Nous savons tous que l'aspect volonté est toujours le troisième aspect à être invoqué. D'abord, c'est l'aspect in­telligence - qui domine tout au long de la vie jusqu'à la première initiation. Puis, c'est l'aspect amour qui entre en jeu - le deuxième aspect de la Triade, l'amour spirituel ou bouddhi. À terme, cela permet à l'aspect le plus élevé de la volonté atmique ou spirituelle, d'apparaître. Les véhicules s'en trouvent galvanisés, car ils sont im­prégnés par l'intelligence et l'amour de la Triade. Le travail s'ac­complit alors rapidement et correctement. Bien entendu, c'est l'uti­lisation des forces de destruction qui permet tout cela. » (La Mission de Maitreya, tome II, p. 631, éd. 2017)

 

Pourquoi ces conditions aujourd'hui ?

 

La réalisation de ces quatre conditions d'une part, et de l'Émergence de Maitreya et des Maîtres de Sagesse d'autre part sont beaucoup plus que simplement liées, elles sont les deux aspects du même processus. Comme BC l'explique :

    

« C'est la création d'un lien permanent entre les groupes exté­rieurs et les ashrams intérieurs. [...]

    

La construction dans le domaine extérieur de la tension spiri­tuelle qui correspond à celle des ashrams intérieurs rend possible l'Extériorisation du travail hiérarchique dans le monde extérieur. [ ... ]

    

« La note clé de tout cela est la méditation de transmission. C'est la méditation de transmission qui réunit et lie les groupes engagés dans ce travail. [...]

    

Pour réaliser quoi que ce soit de valable, il faut accepter de per­dre quelque chose. Tout ce que l'on réussit se fait au prix du sacri­fice de quelque chose d'inférieur. Nous devons être prêts à détruire certains aspects de nos vies, et ceci est vrai de tous les groupes du monde entier. C'est vrai partout où un groupe de méditation de transmission travaille.

    

Ce qui est fondamental dans la méditation de transmission, c'est que c'est un exercice hiérarchique. Il ne faut pas prendre cela à la légère. Ce n'est pas quelque chose que l'on fait quand on en a envie. C'est ce que nous faisons parce que c'est la chose la meilleure, la plus importante que nous puissions faire. Créer un lien avec la Hiérarchie et travailler avec elle fait partie de la création d'un reflet extérieur des ashrams intérieurs. Vous faites tous partie d'un as­hram. Il ne peut en être autrement : vous ne seriez pas en train de faire ce travail s'il n'en était pas ainsi. » (Benjamin Creme, Par­tage international, janvier 2011)

 

Références : Alice Bailey (Maître DK), Les Rayons et les Initiations, Lucis Trust.

Benjamin Creme, La Mission de Maitreya, tome II, Partage publication

Partage international, janvier/février 2011.

 

Note de la rédaction : l'article suivant de la série (à paraître dans notre numéro de juillet-août) poursuivra l'exploration des impli­cations de la deuxième condition : l'utilisation constructive des forces de destruction dans le travail de groupe.

 

Dossier - L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

L'article ci-dessous fait suite à la série de textes que nous avons publiés au cours des derniers mois au sujet des conditions fondamentales gouvernent le travail des groupes ésotériques. Benjamin Crème (BC) et son Maître ont consacré plus de quarante ans à informer le public l'extériorisation de l'ashram des Maîtres. Comme ce travail est en bonne voie, il semble utile de revisiter les conditions présidant au fonctionnement des groupes de disciples, dont la vocation est de refléter une réalité intérieure dans le monde extérieur. Les auteurs de articles n'ont aucune expertise particulière : en compagnie du lecteur, ils explorent et examinent un ensemble d'idées et de comportements.

     La « règle onze », donnée par le Maître Djwal Khul (DK) par l'entremise d'Alice Bailey, est la onzième d'une série de règles destinées aux disciples et aux aspirants. DK y présente les quatre conditions auxquelles les disciples appartenant au groupe d'un Maître doivent satisfaire pour parvenir à la fusion et à l'unité de groupe, préalablement à une éventuelle initiation de groupe. Ces conditions sont étudiées en détail par Benjamin Crème dans La mission de Maitreya, tome II (MM2).

     Elles sont . a) l'établissement de relations non sentimentales ; b) l'utilisation constructive des forces de destruction ; c) la capacité à travailler en tant que hiérarchie miniature dans le respect du principe d'unité dans la diversité , d) la culture de la puissance du silence occulte. (Les rayons et les initiations, [215])

 

L'utilisation constructive des forces de destruction (2e partie)

par Felicity Eliot

 

Mes Maîtres […] se tiennent prêts à servir. Leurs rangs seront rem­plis par vous, hommes et femmes du monde et, ainsi, ils seront libé­rés pour la Voie supérieure.

     Au pied de la montagne, l'ascension semble rude, mes frères, mais lorsque les premiers pas ont été faits, la progression devient rapide ; et près du sommet, vos pieds auront des ailes et, de cette hauteur, vous verrez la splendeur de Dieu. Il en sera ainsi, mes amis et frères. Moi, Maitreya, j'en fais la promesse. (Message de Maitreya 89)

 

Faire sien l'enseignement - le travail du disciple

 

La première partie de cet article a mis en évidence la réa­lité du contact avec l'âme, souligné qu'il est possible d'aller au-delà du niveau de l'âme et conclu en affirmant que les membres du groupe qui travaillent avec le Maître de BC font « partie d'un ashram ».

    

Cela étant, il peut être utile de nous souvenir du serment sacré que chacun d'entre nous a fait avant de venir en incarna­tion, car c'est cette connaissance consciente ou inconsciente qui pousse le disciple à servir. Ainsi, comme l'affirme BC : « Tout disciple devenu un disciple engagé a littéralement fait le ser­ment de servir le Plan d'évolution. C'est cela, être un disciple. Que vous le sachiez ou non, vous avez fait le serment de servir le Plan au niveau de la conscience que vous en avez et dans la mesure de cette conscience. Évidemment, lorsque vous pensez au Plan avec le mental inférieur, il y a peu de chances que vous puissiez le concevoir. Vous n'en voyez pas la signification. Cependant, au cours de votre vie, par vos interactions avec des gens ou avec des groupes, dans le cadre de vos activités professionnelles ou autres, vous participez effectivement, d'instant en instant, au Plan d'évolution. Le Plan n'est pas séparé de votre vie. Votre vie fait partie de ce Plan, dans la mesure où vos ac­tions sont conformes aux intentions du Plan et à celles du Maître qui se tient à l'arrière-plan du groupe dont vous faites partie. Par la suite, naturellement, vous agirez beaucoup plus consciemment. Ce dont les Maîtres ont besoin, c'est de serviteurs conscients et décidés. » (La Mis­sion de Maitreya, tome II)

    

Ce que BC nous présente dans le paragraphe ci-dessus est une idée puissante, susceptible, par ses implications, de transformer nos vies : « Votre vie fait partie de ce Plan, dans la mesure où vos actions sont conformes aux intentions du Plan et à celles du Maître qui se tient à l'arrière-plan du groupe dont vous faites partie. » Comme les Maîtres et BC l'ont dit, il ne s'agit pas là simplement de mots, mais bien de vérités. Quand on intègre en soi cette vérité, on ne peut pas ne pas changer. Car elle implique de la part du groupe mondial un effort concerté pour intégrer, comprendre, mettre en commun et faire nôtre cette réalité, ainsi que d'autres, tout aussi transformatrices. L'idée importante ici est de faire en sorte que « l'enseignement devienne nôtre ». Non seulement les concepts ne doivent pas rester des mots dénués de sens dans une page racornie ou dans un livre jamais ouvert, mais le disciple doit au contraire insuffler de la vie dans l'enseignement en « le devenant, en le vivant », selon les paroles de BC.

    

De temps à autre, la meilleure manière de trouver le sentier vers l'avant est de revenir au début du voyage. Peut- être pourrions-nous prendre le temps, dans ces pages, de retrouver le premier contact qui fut le nôtre avec l'idée de la Réapparition de l'Instructeur mondial et d'en revivre l'impact : notre joie, notre enthousiasme de voir la validité de notre aspiration et de notre quête intérieures confirmée. La vie avait donc bien un sens, après tout. Nous n'étions pas des utopistes naïfs ; notre recherche d'un moyen d'aider le monde, notre espoir pour l'humanité - tout cela, à notre heureuse et immense surprise, se révélait donc exact. C'était déjà même en train de se produire, et nous pouvions y prendre part si nous le désirions.

     Aujourd'hui, des années plus tard, une conviction plus profonde a mûri en nous, alimentée par l'expérience et les aventures de la vie ; un amour et une certitude plus tranquilles ont fleuri et pris la place de l'effervescence. Nous avons grandi et changé comme jamais nous n'aurions pu l'imaginer ou l'espérer dans nos jours d'exaltation ancienne.

 

Un cœur enflammé

    

Dans « L'appel au service » (La mission de Maitreya, tome II), BC cite un passage de l'article de son Maître qui donne son nom au chapitre et qui décrit la façon dont les Maîtres procèdent pour chercher dans le monde ceux qui sont prêts pour le service : « Nous, sur les plans intérieurs, cherchons ceux qui con­naissent déjà un tant soit peu le Plan et dont les priorités sont sai­nes. » BC expose alors ce que sont le service et l'attitude cor­recte - en un mot : l'ardeur d'un cœur enflammé et une atti­tude saine et intelligente qui évite le fanatisme en servant « au-dessus et au-delà de l'appel au service ».

    

« Si on connaît le Plan, on peut devenir un serviteur conscient. Ainsi, on est moins susceptible de perdre du temps dans des voies sans issue. II existe quantité de manières de servir le monde, mais certaines sont meilleures que d'autres. Tout peut devenir service, le cas échéant, mais il faut aussi servir intelligemment. C'est-à-dire servir non pas en dessous, mais légèrement au-dessus de ses capacités, aller toujours un peu au-delà, en prenant, s'il le faut, la ligne de plus grande résistance, au lieu de celle de moindre résistance. Toutefois, suivre en perma­nence la ligne de plus grande résistance peut aussi être une erreur. Cela peut conduire le disciple dans des impasses, et lui faire perdre du temps et des opportunités. Le fin du fin est de savoir discerner quand prendre la ligne de moindre résistance, et quand prendre la ligne de plus grande résistance. C'est à cela qu'on reconnaît le serviteur intelli­gent. Il faut apprendre à utiliser votre intuition pour savoir laquelle de ces deux voies choisir . la ligne sans aucune résistance de votre structure de rayons personnelle en profitant des occasions qui se pré­sentent à vous à l'intérieur de votre groupe, ou la ligne de plus grande résistance, en vous attaquant à quelque chose qui, d'une certaine fa­çon, semble contraire à votre nature - quelque chose de vraiment dif­ficile pour vous - qui vous oblige à aller au-delà de ce que vous désirez véritablement. Bien entendu, si vous ne vous brutalisez jamais, vous ne gagnerez jamais en souplesse. Pour grandir, vous devez aller au-delà de ce que vous vous croyez capable de réaliser. Vous vous rendrez alors compte que vous pouvez faire de plus en plus de choses. »

 

« Les choses ne se font pas d'elles-mêmes. L'hom­me doit agir et accomplir sa volonté.

Aujourd'hui, cette volonté est aussi la Volonté de Dieu.

C'est pourquoi le résultat en est assuré. » (Message de Maitreya n° 31)

 

    

Il est révélateur de constater comment BC, répondant à une question sur l'utilisation de la Volonté, a regroupé plu­sieurs concepts qui, assez étonnamment, sont tous en rapport avec l'invocation de la Volonté par le groupe. Il semblerait que la Volonté soit liée à la tension spirituelle. à la sensibilité et aux justes relations humaines : « Nous devons apprendre à uti­liser les forces de destruction de façon constructive. Ce que cela im­plique dans les faits est que le groupe doit apprendre à utiliser le niveau atmique : le « ressort » de la tension spirituelle est si remonté qu'il invoque Atma. Les forces de destruction atmiques intervien­nent, détruisent ce qui est ancien, inutile, négatif, et le groupe est libéré par les forces de destruction de manière positive et construc­tive. Comment procéder ? [. . .] C'est une question de sensibilité, il faut que le groupe fasse preuve de sensibilité dans le travail. À mesure que votre conscience et votre sensibilité progressent vous commencez à faire preuve d'une plus grande sensibilité dans votre travail avec vos collègues du groupe, et vous savez comment vous comporter dans vos relations avec les autres. C'est une question de sensibilité spirituelle. » (Partage international, mars 2011)

Le Maître DK parle d'une vie de groupe réussie, décrivant un mental de groupe bien organisé, d’une personnalité de groupe « divinement active », avec une âme de groupe « en plein épanouissement en tant qu'expression de l'ashram intérieur. […] Au cœur même de la vie de groupe […] existera un point de feu vivant - ou vie - qui […] devra être transféré dans l'Ashram intérieur, situé au niveau de la Triade spirituelle. » (Les rayons et les initiations) [218]) Le feu au cœur du groupe devient de plus en plus spirituelle­ment destructif, amenant le groupe à devenir ce que DK ap­pelle un « terrain ardent » - processus qui peut sembler angois­sant aux personnalités concernées, mais qui détruit les barriè­res provenant de la personnalité et permet au « principe de vie au cœur du groupe de briller avec éclat ». (Les rayons et les initiations, [219]) En d'autres termes, en mettant en œuvre sa Volonté uni­fiée. le groupe détruit tout ce qui entrave l'accomplissement correct de sa tâche et l'expansion de la conscience de groupe. Le disciple individuel fait de même, afin d'écarter les obstacles au service et à l'évolution de sa conscience qui proviennent de sa personnalité. En un mot : mettez la volonté en action, et de­venez ce que vous êtes - une âme en incarnation.

    

On pourrait objecter que l'idée de sacrifice ou de renoncia­tion a des connotations religieuses et semble impliquer une souffrance. Mais le détachement peut être considéré comme synonyme de renonciation, et, en fait, d'impersonnalité. Les petites tendances personnelles sont oubliées progressivement dans l’absorption dans le service - processus qui exige l'invo­cation de la Volonté. Cela vaut pour l'individu comme pour le groupe. II ne s'agit pas tant « d'abandonner quelque chose » que de tout transférer à un niveau de conscience supérieur que l'on em­brasse, et de se débarrasser de tout ce qui fait obstacle à cet état supérieur. Le Maître DK nous donne un conseil encourageant : « Il est une règle simple, toujours valable, qui conduit à la compréhension et à la réalisation. La Grande Renonciation ne de­vient possible que lorsque la pratique des petites renonciations gouverne la vie du disciple et du groupe. » (Les rayons et les initiations, [224])

    

es quatre conditions indispensables pour l'unité de groupe (et, le moment venu, pour l'initiation de groupe) doivent être satisfaites, mais, pour faciliter le processus, Maitreya est intervenu et a fait au groupe un cadeau extraor­dinaire — que le Maître de BC désigne comme « le cadeau du Grand Seigneur ». Par une certaine intervention sur le plan énergétique, il a mis le groupe en mesure de remplir les con­ditions. Ceci est particulièrement vrai de la seconde condi­tion, à laquelle, grâce à son aide, le groupe peut satisfaire plus facilement pour invoquer la Volonté.

    

La Renonciation est si cruciale pour la réalisation de ces conditions que, par analogie, on fait facilement le parallèle avec la quatrième initiation, à la fois pour l'individu et pour le processus de groupe. Lors de la quatrième initiation, égale­ment connue en tant que Grande Renonciation, le corps causal est détruit, et, comme BC nous l'explique : « Le corps causal, le corps de l'âme, est détruit, et une nouvelle relation, directe, s'établit entre la Monade et l'individu en incarnation. L'énergie de ce qui est en bas est transférée sur un plan supérieur. L 'énergie supérieure est invoquée et descend sur le plan inférieur. » (BC, La mission de Maitreya, tome II). Cela évoque Infusion de l'âme, la toile de BC qui représente ce prodigieux événement dans la vie d'un groupe et d'un disciple.

    

Même si cela peut sembler abstrus, ce processus est inti­mement lié à l'extériorisation de la Hiérarchie, dans laquelle nous sommes tous impliqués. Il va sans dire que rien de ce qui précède ne doit être compris comme signifiant que les groupes impliqués dans ce travail ont pris ou sont sur le point de prendre la quatrième initiation.

 

Un pont de lumière

 

La question qui s'impose est de savoir comment les condi­tions doivent être remplies. N'avons-nous pas besoin d'un mé­canisme qui permette la connexion entre les différents états de conscience ? Ne sommes-nous pas en droit d'affirmer que nous souffrons tous d'une frustration innée (et donc donnée par Dieu) du fait de notre absence de continuité entre notre « cons­cience quotidienne » et notre « conscience en tant qu'âmes » ?

    

Pour résumer les enseignements et les conseils qui nous ont été donnés : la méditation — spécialement la méditation de transmission — et le service produisent en nous une évolution de la conscience à mesure que se construit l'antahkarana qui nous mène au contact avec l'âme. Lorsque ce processus avance, la tension spirituelle devient suffisamment invocatoire et provoque une réponse de la part de la Triade spirituelle via le « pont » l'antahkarana étant symboliquement considéré comme un pont de lumière reliant des états de conscience. C'est un état de conscience en perpétuelle évolution. Nous sommes l'antahkarana, et, en le développant, nous devenons conscients, le moment venu, que nous sommes un avec elle-même. L'humanité construit petit à petit l'antahkarana mondial. Nous apprenons du Maître DK et de BC qu'on enseignera la science de l'antahkarana aux enfants de l'avenir. « avec le temps, l'antahkarana reliera non seulement les peuples, mais les planètes et les systèmes solaires. Telle est la nature essentielle de l’Être partout dans le Cosmos. » (Partage international, août/sept.

    

Il suffit de penser au puissant effet de la « Prière pour le nouvel âge », l'affirmation d'identification avec le Soi donnée par Maitreya. Une fois que le groupe est parvenu à une tension spirituelle suffisante, il évoque une réponse du Maître, de l'ashram intérieur. BC décrit ce qui se passe quand un individu commence à méditer, et nous pouvons appliquer le même principe au groupe qui travaille pour développer la conscience de groupe : « La méditation […] commence à relier l'individu à l'âme. C'est par ce premier lien que se produit peu à peu l'union, la fusion de l'individu avec l'âme. Quant à l'aspiration, elle se transforme en volonté indomptable — la volonté du dessein connu – et elle domine alors la vie. Une fois que les pétales de volonté sont ouvertes (les trois pétales intérieures dans le « cœur du lotus »), et que le « joyau » est révélé, le dessein de la Monade exprimé par cet individu désormais complètement imprégné par son âme peut se manifester. C'est ainsi que l'on parvient à la vie de volonté et de dessein des grands initiés. Telle est la destinée de tous. » (La mission de Maitreya, tome III)

 

Lorsque cette absorption [dans le service] est mise en œuvre, cela permet l'entrée en jeu de l'aspect volonté du groupe. Lorsque cette volonté est in­voquée, tout se met en place de manière naturelle. Cela ne se fait sentir que lorsque le groupe travaille intelligemment, et manifeste l'amour de façon adéquate. Nous savons tous que l'aspect volonté est toujours le troisième aspect à être invoqué. D'abord, c'est l'aspect intelligence — qui domine tout au long de la vie jusqu'à la première initiation. Puis, c'est l'aspect amour qui entre en jeu - le deuxième aspect de la Triade, l'amour spirituel ou buddhi. À terme, cela permet à l'aspect le plus élevé la volonté atmique ou spirituelle, d'apparaître. Les véhicules s'en trouvent galvanisés, car ils sont imprégnés par l'intelligence et l'amour de la Triade. Le travail s'accomplit alors rapidement et correctement. Bien entendu, c'est l'utilisation des forces de destruction qui permet tout cela. (BC, La Mission de Maitreya, tome II, Vers l'initiation de groupe)

 

Glossaire

Antahkarana — Pont de lumière invisible reliant le cerveau physique à l'âme, et qui se construit par la méditation et le service.

Atma — Volonté spirituelle. Buddhi — Âme ou mental universel, raison pure, compréhension aimante, Amour-Sagesse. C'est l'énergie d'Amour telle que les Maîtres en font l'expérience.

Manas — Mental supérieur ou abstrait.

Corps causal — Véhicule d'expression de l'âme sur le plan causal. Réceptacle où est conservée la conscience du niveau d'évolution de l'individu.

Grande Renonciation — La quatrième initiation est connue sous le nom de Crucifixion en Occident et en tant que Grande Renonciation en Orient. Jésus vint au monde à Bethléem en tant qu'initié du 3e degré. Lorsqu'il prit la 4e initiation, il le fit sur le plan physique pour mettre en scène symboliquement l'expérience de la Renonciation à l'intention de l'humanité. À la 4e initiation, l'initié renonce à tout — situation, famille, à la vie même, si nécessaire - pour choisir la vie spirituelle.

Monade ou Soi — Pur Esprit reflétant la nature triple de la déité : (1) Volonté divine ou Pouvoir (le Père) ; (2) Amour-Sages Fils) ; (3) Intelligence active (le Saint-Esprit). C'est l'étincelle divine résidant en tout être humain.

  

Pour la première partie de l'article de Felicity Eliot, voir notre numérode juin 2018. Les articles précédents de cette série ont été publiés dans nos numéros d’avril et mai 2018.

Les deux prochains articles de cette série traiteront du travail en tant que Hiérarchie miniature, et de la capacité à embrasser la diversité tout en préservant l'unité.

 

 

Dossier - L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

 

Espoir et patience allègent le fardeau du temps

par Gerard Aartsen

 

« Nous vivons une époque où ce qui est ancien ne marche plus, mais où ce qui est neuf n'existe pas encore, » écrivait en septembre 2017 Rob de Wijk, chroniqueur au quotidien néerlandais Trouw. À peine une semaine plus tard, le journaliste Will Stong commentait, dans les colonnes de The Independent, un projet de Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste britanni­que, dans lequel « les systèmes de propriété industrielle et de distribution des revenus sont repensés afin de réparer un modèle qui ne fonctionne plus. » Depuis lors, les références à de telles « struc­tures qui ne fonctionnent plus » abondent dans les médias, nous pénétrant de l'espoir d'un nouveau monde à naître autant que d'un sentiment d'urgence.

    

Toutefois, l'un des premiers avertissements contre les con­séquences négatives d'une liberté incontrôlée de l'économie mondiale et des pouvoirs financiers - conséquences que nous reconnaissons enfin - date de décembre 1921. Et il nous vient de Krishnamurti lui-même, lors de sa toute première confé­rence publique : « […] l'action nous est actuellement imposée à l'échelle internationale, mais elle est menée de façon erronée et dans un but immoral, qui est d'exploiter les pauvres, les nécessiteux, et ceux qui souffrent. Si elle perdure, elle mènera inéluctablement à une nouvelle guerre. » (Theosophy and world problems, non traduit)

    

Il y a un siècle, l'Ordre de l'Etoile faisait connaître au monde entier la mission de Krishnamurti grâce à l'action de ses dizaines de milliers de membres. Avec passion, ces der­niers anticipaient déjà la déclaration publique de Maitreya, l'Instructeur mondial, par le biais de Krishnamurti, son véhi­cule, dans le monde de tous les jours.

    

L'écrivaine norvégienne Lilly Heber a capté le sentiment d'attente bien connu de nombreux lecteurs de Partage interna­tional, sentiment qu'éprouvaient déjà ceux qui à l'époque étaient touchés par le message de Krishnamurti : le sentiment de l'arrivée imminente d'un nouveau monde. Dans son ou­vrage Krishnamurti : The man and his message (non traduit) (KHM), Lilly Heber écrit : « Il leur devint alors impossible de continuer à vivre en accord avec leurs conceptions anciennes, plus ou moins dogmatiques, car ils se rendirent compte qu'elles étaient étrangères à la vie [...]. Ce monde de conceptions humaines étroites et de dogmes se dissolvait avec rapidité [...] »

   

  Même après la dissolution surprise de l'Ordre de l'Etoile en 1929, l'humeur d'alors était similaire à celle du printemps 1982, pour ceux qui se souviennent, ou celle qui prévaut depuis que nous avons entendu l'information donnée par Benjamin Crème de la présence de Maitreya dans le monde, préparant depuis 1977 l'humanité à son émergence publique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Allégorie du fardeau du temps L 'homme portant le fardeau du Temps soutenu par l'espoir

et la patience, peint par Abraham Janssen en 1609 (Musée Royal des Beaux-arts de Bruxelles)

Photo : Jean Louis Muzières, Creative Communs 2.0 License BY-NC-SA

 

 

 

 

Inégalités généralisées

 

Au début des années 1980, le chômage dans les pays in­dustrialisés a commencé à croître régulièrement. L'inégalité entre les pays du Nord et du Sud a alors occupé le devant de l'actualité et les politiciens favorables à la liberté incontrôlée des marchés sont entrés en conflit avec ceux qui prônaient la coopération internationale afin de soulager les tensions nées de cette inégalité à l'échelle mondiale. C'est à cette époque que Maitreya a demandé : « Comment pouvez-vous vous satisfaire de votre manière de vivre actuelle, quand des millions d'êtres ont faim et meurent dans la misère ? » (Message ° 81) Tous ceux qui avaient des yeux pour voir ne pouvaient qu'être d'accord.

   

Instruits par la présence adombrante de Maitreya sur les questions du commerce international, Krishnamurti déclarait en 1921  : « Nous devons nous efforcer d'instituer un comité interna­tional pour contrôler le commerce mondial, qu'il ne soit pas au béné­fice d'une élite, mais au bénéfice du monde entier. » (KHM) Per­sonne ne sera surpris d'apprendre que les mêmes idées furent réintroduites, vers 1965, par les Frères de l'espace à travers le contacté Stefan Denaerde. Ils lui montrèrent la nécessité d'ins­tituer des organismes de gouvernance mondiale chargés de re­distribuer les ressources mondiales selon les besoins de tous, ainsi que S. Denaerde l'a relaté dans son livre Opération Survi­val Earth (OS1 Opération Survie de la Terre, non traduit).

    

Les recommandations de la Commission Brandt (lequel, se­lon Benjamin Crème, travaillait sous l'inspiration de Mai­treya), dans son rapport de 1980 Nord-Sud : un programme de survie, reflètent essentiellement les mêmes idées. Une telle in­sistance souligne bien que la préparation de l'humanité et l'in­fluence des Forces de la matérialité obligent la Hiérarchie à ajuster constamment ses plans. Toutefois, les énergies du Ver­seau sont aujourd'hui plus puissantes que celles des Poissons, et rien ne peut arrêter l'avancement spirituel de l'humanité1.

    

Aujourd'hui, l'Épée de clivage semble avoir presque at teint son but de polariser l'humanité1. « opposant un homme à son père », et l'émergence de l'Instructeur mondial pour le nouvel âge est désormais palpable. En conséquence, notre appréciation des années écoulées depuis que ces informations nous ont été présentées par Benjamin Crème se caractérise par deux tendances opposées : pour certains, leurs nombreuses ses années d'implication ne paraissent soudain plus du tout aussi longues. D'autres, au contraire, ont été plus focalisés sur le temps écoulé à travailler, à espérer et à attendre la délivrance. À regarder l'histoire de ces idées qu'il faut mettre en œuvre et des idéaux qu'il faut concrétiser pour marquer notre entrée dans le nouvel âge, on nous excusera peut-être d'avoir pensé, dans nos pires moments, que la tant attendue réapparition de l'Instructeur a bien trop tardé.

 

1 . Voir aussi la rubrique Benjamin Creme répond aux questions, Partage international,
mars 2014 : « Nous sommes aujourd'hui depuis cinq ans dans l'âge du Verseau […] »

 

                                                                                                                                             Krishnamurti, (fin des années 1920)

      Cependant, nous ferions bien de nous souvenir que cela fait au moins cinq cents ans que la Hiérarchie se prépare à cet événement. À cette époque, selon le Maître Djwhal (transmis par A. Bailey), les Maîtres ont constaté l'intensification de la tendance à la séparativité chez les hommes. En conséquence, vers l'an 1500, en préparation de l'âge du Verseau, « avec ses remarquables énergies et ses merveilleuses opportunités, » les Frères aînés ont réuni en conclave spécial tous les départements de la Hiérarchie et conçu un plan destiné à « la production d'une synthèse subjective dans l'humanité et de rapports télépathiques qui annuleront l'élément temps.[…] Cet accomplissement a été l'objectif de tout l'entraînement donné au cours des quatre cents dernières années, ce qui permet de concevoir l'extrême patience de ceux qui connaissent la race des hommes. » (Traité sur la Magie blanche, p. 303) (TMB)

    

Cette dernière affirmation rappelle les paroles que les Frères de l'espace avaient adressées au contacté italien Gio Dibitonto à propos de leur manière de combattre les forces négatives : « Nos armes sont l'amour, la raison, la sagesse et patience. Et pourtant, nous accomplissons bien davantage que ce que vous ne pourriez jamais imaginer […]. Bientôt, à son tour, votre planète comprendra cela, et pour vous aussi le jour tant attendu lèvera. » (Anges en astronef)

    

Comme l'assure le Maître DK, les Maîtres « travaillent lentement, libérés de la hâte, vers leur objectif .[…] Toutefois, ils sont limités dans le temps. » (TMB, p. 303)

 

Seul existe le présent

 

Il est vrai que, selon Benjamin Crème, les Maîtres appréhendent la réalité « totalement en-dehors du temps. » Ils voient les événements de ce que nous appelons le passé à côté des événements qui se produiront dans ce que nous nommons l'avenir. A propos d'une expérience que lui avait fait vivre Maitreya, Benjamin Crème a écrit : « Il n’y avait aucune notion de passé ou de futur. II s'agissait simplement des événements que nous appelons passé et de ceux que nous appelons le futur qui avaient lieu en même temps. » (La Mission de Maitreya, tome III, p. 537) (MM3)

   

Bien qu'exprimée en termes beaucoup plus « mécaniques », une notion similaire de la réalité du temps nous vient de Frères de l'espace, telle qu'ils l'ont expliquée au contacté Stefan Denaerde en soulignant la différence entre notre conception ordinaire du temps et ce qu'ils appellent le temps infini. S. Denaerde la transcrit en ces termes : « Notre temps est la vitesse et la direction reliant le passé et l'avenir, et par lesquelles les occurrences semblables se succèdent. Ce temps ne peut jamais être infini. Il faudrait pour cela que le temps infini (c'est-à-dire le Présent) se déroule à une vitesse infinie et dans un nombre infini de directions. La vitesse temporelle signifie que tous les événements se succèdent à une telle vitesse qu'ils se produisent tous au même moment. » (OST)

    

Aussi Benjamin Cerne peut-il affirmer : « Tout événement lié à l'Émergence de Maitreya est déjà en train de se dérouler. Le krach boursier a déjà eu lieu. Il se produit maintenant parce que seul l'instant présent existe. Il n'attend pas une date ultérieure. Nous sommes les seuls à attendre que ce moment précipite sur le plan physique sous la forme de l'événement que nous appelons krach boursier [...]. Et pourtant, pour les Maîtres, il est en train de se produire. » (MM3, p. 543)

    

Dans son tout premier article pour Fartage international en 1982, le Maître de Benjamin Creme explique également que les Maîtres ne voient pas le temps « comme un processus continu qui relie les événements », mais comme « un état de cons­cience ». Lorsque nous parvenons à réaliser une certaine me­sure d'unité en nous alignant avec le Soi supérieur, le Maître assure qu'une compréhension correcte du temps est « indissociable de l'établissement de relations justes avec nos semblables, car c'est seulement quand tout sens de séparation aura disparu, qu'une compréhension véritable de l'activité cyclique pourra surve­nir. L'instauration d'un nouvel ordre mondial dans les domaines politique et économique est une condition sine qua non de cette vision plus juste, car nous ne pourrons parvenir au sentiment d'unité nécessaire que lorsque règneront l'harmonie et la justice. […]. De ces nouvelles relations émergeront les conditions dont dé­pend une nouvelle expérience du temps. » (Un Maître parle, p.9-10)

    

Comme ce n'est pas encore le cas, peut-être l'expérience du temps en tant qu'état d'esprit se trouve-t-elle réduite, pour la plupart d'entre nous, aux moments où nous sommes cor­rectement alignés au cours de nos méditations, de sorte que, disons, trente minutes passent, alors que nous avons l'impres­sion qu'il ne s'est écoulé que quelques minutes.

 

Jamais l'humanité n'a été aussi prête

« Beaucoup de gens ont l'impression que malgré la présence de Maitreya parmi nous, ce monde devient plus menaçant et ins­table que jamais auparavant. Ils se demandent ce que fait la Hiérarchie pour soulager les hommes de tous les problèmes qui les plongent dans la peur et le désarroi en cette époque de ten­sions exacerbées.

    

En réalité, la Hiérarchie est bel et bien à l'œuvre pour prépa­rer le monde. Dans les périodes de fortes tensions et de change­ments importants, les gens ont, c'est inévitable, une perspective limitée sur l'état réel de la société. Ils s'imaginent que tous les événements auront le même impact sur l'avenir, alors qu'en vérité il en va tout autrement - mais cela, seuls les Maîtres peuvent le voir. Les Maîtres voient tout ce qui se passe dans le monde comme un ensemble de potentialités survenant sur un même plan. ils savent que certaines se concrétiseront, affectant l'évolu­tion du monde, tandis que d'autres se dissoudront simplement, sans produire aucun effet. De son point de vue limité, l'humanité voit tous les événements comme s'ils avaient une incidence sur son futur, alors qu'en fait il n'en est rien. Du point de vue des Maîtres, jamais l'humanité n'a été aussi prête à faire son entrée dans le monde nouveau qui l'attend. Elle n'a jamais été aussi proche d'une ère d'inspiration où les hommes travailleront de bon gré pour le bien commun. »

Le Maître de Benjamin Creme, extrait de l’Épée de clivage (Partage international, octobre 2014)

 

Pour voir à long terme

 

Plus nous réaliserons que les événements que les Maîtres préparent depuis des siècles se réaliseront parce qu'ils se pro­duisent déjà, dit Benjamin Crème, « plus notre impatience dimi­nuera. Nous pourrons alors être tout simplement présents et atten­tifs à ce qui se passe sur le plan physique extérieur » (MM3, p. 544). Mieux : dans sa conférence capitale de 1996, l'Art de l'attente (MM3, p.533), Benjamin Crème présente le temps qui s'est écoulé depuis le printemps 1982 comme un cadeau par la grâce duquel nous avons changé, découvert en nous des ta­lents, des opportunités et des qualités. « Dans tous les groupes de par le monde les gens accomplissent des tâches qu'ils n'avaient jamais accomplies auparavant [ ... ]. Inspirés par l'idée de l'Émergence, nous avons appris à agir et à servir d'une façon que vous ne pensiez pas possible en 1982, j'en suis certain. » (MM3, p. 602)

    

Il semble bien que les Maîtres nous connaissent mieux que nous-mêmes. Dans Surterrestre, tome I de l'Agni Yoga, le Maî­tre Koot Hoomi écrit : « Nous connaissons les limites de la capacité humaine et nous savons ce que l'on peut attendre d'un être humain, dans la construction d'un futur réaliste. Nous attendons simplement, de nos messagers, le plus haut degré de l'effort. Lorsque s'exerce cette intensité, notre Aimant est actif et sert de puissant bouclier. Cependant, pour le long voyage, la timidité ne convient pas. Chacun sait, au tréfonds de son cœur, s'il est guidé par le haut degré de l'effort ou si c'est juste la peur qui l'entraîne. […] Ceux qui sont emplis de grati­tude sont forts car leurs ailes grandissent ! Ils n'auront pas peur de nos commandements. Ils savent que nous sommes lourdement char­gés, et pourtant se réjouissent sur le chemin du Jardin de Beauté ! » (Surterrestre, tome I, § 140)

    

En réalité, comme l'écrit le Maître de Benjamin Creme au sujet de la date de la Déclaration de Maitreya : « Maitreya doit prendre d'importantes décisions en se fondant sur des données limi­tées et changeantes. À vrai dire, mince est la frontière qui sépare le nécessaire du possible. Accordez donc votre confiance au Seigneur de l'Amour et au discernement qui guide ses actions. Ne perdez pas patience face aux retards apparents - dans l'éternel présent, le retard n 'existe pas. » (Un choix sans cesse renouvelé, Partage internatio­nal, juillet/août 1996) (Un Maître parle, p. 306)

    

Grâce aux écrits de Krishnamurti, A. Bailey et B. Crème, nous avons le privilège de bénéficier d'une perspective plus large et à long terme qui nous permet de remplir notre tâche en tant qu'avant-gardes des ashrams des Maîtres dans le monde extérieur, en tant que vecteurs d'espérance et de patience pour l'humanité. Cette vision élargie devrait nous permettre d'éle­ver notre attention par-delà les frontières de notre conditionne­ment temporel, de voir qu'en dépit des problèmes journaliers, l’Instructeur mondial et les Maîtres ont déjà pris leur place parmi nous, et que leur Émergence au grand jour est si proche quelle en est presque tangible. Lorsque nous prendrons cons­cience de cela, lorsque nous verrons, sinon le Jour de Déclaration, du moins le voile qui jusqu'à présent le dissimule aux veux de l’humanité, cela revivifiera notre raison d'être de ras­surer ce monde inquiet pour qui, selon les termes de Maitreya « tout ira bien. Tout se passera bien. » (Message no 2)

 

Références :

Agni Yoga, Surterrestre, tome l (2003). Alice A. Bailey, Traité sur la magie blanche (1980). Annie Besant, Theosophy and World Problems (1922) (Non traduit.). Commission Brandt (Onu), Nord-Sud, un pro­gramme de Suivie (1980). Benjamin Creme, La Mission de Maitreya, tome III, Un Maître parle (2007). Stefan Denaerde, Operation Survival Earth (1977) (Non traduit). Giorgio Dibitonto, Anges en astronef (1995). Lilly Heber. Krishnamurti. - The Man and his Message (193 1) (Non traduit)

 

Dossier - L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

Cet article écrit en 1983, a peut-être été conçu, à l'époque, comme un appel aux nombreux groupes du nouvel âge qui avaient été sollicités par Benjamin Creme et ses collaborateurs, à partir de 1974, afin d'encourager une coopération. En général sans grand résultat. Nous rééditons ici « Le besoin de Synthèse » dans le cadre de l'accent que nous mettons actuellement sur l’exigence d'un travail de groupe efficace et cohérent ; cet article pourrait susciter une auto-réflexion honnête au sein de tous les groupes. Sans aucun doute, il souligne le besoin d'explorer les moyens de « tendre les bras au-dessus d'un océan de différences et d'étreindre ceux avec qui on est en désaccord », comme l'exprime le Maître de Benjamin Creme.

 

Le besoin de synthèse

par le Maître -, par l'entremise de Benjamin Creme

 

Il est étrange qu'en dépit de l'intérêt affiché pour les idées d'unité et d'amour fraternel, les groupes se réclamant des concepts du nouvel âge soient en fait si peu nombreux à manifester une attitude inclusive. Bien au contraire, ils ont plutôt tendance à aller dans la direction opposée et comptent parmi les plus séparatifs et les plus exclusifs de tous les groupes engagés dans l'éducation de l'humanité.

    

Leur rôle est de présenter aux hommes la vision d'un monde meilleur où le séparatisme n'a pas sa place et où l'on considère que chacun apporte au Tout quelque chose d'essentiel - et d'égale valeur. Cependant, presque partout, l'accent est mis sur la supériorité de tel ou tel en­seignement ou point de vue particulier. Bien rares, en vé­rité, sont les manifestations de coopération et de compré­hension mutuelle qui occupent pourtant une place si im­portante dans leur vocabulaire.

    

Un rythme ancien domine encore la pensée de ces groupes. Il leur reste beaucoup à apprendre et à changer S'ils veulent véritablement représenter les idéaux des temps à venir. Il est inévitable que de tels changements se produisent, mais pour beaucoup, le processus sera long et difficile. Nombreux sont ceux qui en voient la néces­sité mais se trouvent incapables d'établir avec les autres des relations d'égalité, tant est profondément enracinée l'habitude de la compétition et de l'exclusivité. De plus, pour certains, le besoin d'être considérés comme des maîtres à penser est un facteur dominant ; chez eux, le mirage de l'ambition personnelle exerce une emprise puissante.

     Telle est aujourd'hui la situation. Cependant, il est nécessaire que ces groupes se reconnaissent progressive­ment les uns les autres comme identiques et qu'ils pren­nent conscience de la synthèse sous-jacente qui unit leurs efforts. De plus, ce ne sera qu'une fois cette synthèse comprise et présentée au public que le rôle éducatif de ces groupes pourra être rempli. À l'heure actuelle, décon­certé par cette concurrence entre les groupes qui sollici­tent son attention et son allégeance, l'homme en quête de vérité s'interroge.

    

Bientôt, le monde saura que les nombreux enseigne­ments et les diverses formulations de la vérité provien­nent d'une source unique, que la même stimulation divine les anime tous, que les interprétations variées résultent du fait que les hommes ont des besoins divers et se situent à tous les niveaux sur l'échelle de l'évolution. Ce n'est pas sans raison que la Hiérarchie a présenté les enseignements et les idées nécessaires sous des formes, à des niveaux, et selon des techniques aussi variés que possible.

    

Sous-jacente à cette présentation variée, la synthèse des idées provient du sens que nous avons de l'unité de toutes choses, de notre conscience permanente du Tout et de l'indivisibilité de cette Réalité. Lorsque les hommes partageront cette expérience, tout deviendra possible.

    

Le jour où les hommes verront le Christ et ses disciples, les Maîtres de Sagesse, ils en viendront à comprendre cette nécessité d'une présentation multiple de la vérité, car ils réaliseront alors à quel point l'homme ancien, combien variées ont été ses expériences et ses espérances au cours des siècles et combien diverses sont les manières dont il peut assimiler des idées. Les hommes en viendront également à se faire une idée de l'unité inhérente qui sous-tend la diversité apparente.

    

Les hommes se rendront compte que derrière les idées et les enseignements existe un Plan, que chaque enseignement est la formulation d'un fragment de ce Plan, que le Plan est l'expression de la Volonté créatrice de Dieu et que, en tant que tel, il est en perpétuel renouvellement. Comment, dans ces conditions, serait-il possible à un groupe, une société, ou une institution d'être en mesure d'incarner la Vérité pour toujours ?

    

Nombreux sont ceux, naturellement, qui croient travailler pour la synthèse et l'unité, ce qui n'est, dans une large mesure, qu'une illusion. II n'y a pas grand mérite à créer des liens avec des personnes dont on partage la façon de penser ; c'est utile, mais relativement simple. Il est plus difficile, et de beaucoup, de tendre les bras au- dessus d'un océan de différences et d'étreindre ceux avec qui on est en désaccord en les considérant comme ses égaux.

    

Cherchez ce qui unit dans la manière dont votre frère présente les choses. Sachez que derrière ces formulations diverses se tiennent le Christ et ses disciples. Souvenez-vous que la Vérité une sous-tend toutes ces approches et que rien ne divise, si ce n'est le mental des hommes. (Un Maître parle, juillet 1983).

 

Le travail de groupe

 

Nous publions ci-dessous une sélection de citations sur le thème du travail de groupe. Ces citations sont de Maitreya (Messages de Maitreya le Christ et Enseignements de Maitreya : les lois de la vie), du Maître de Benjamin Creme (Un Maître parle) et de Benjamin Creme (divers ouvrages).

 

Le travail de groupe est la voie de l'avenir. Toutes les activités se feront par l'entremise de groupes - par affiliation à des grou­pes, par pensée de groupe - pour aboutir à la conscience de groupe. Cette ligne directrice est en accord avec la qualité des énergies provenant de la constellation du Verseau, qui ne peu­vent être connues, appréhendées et utilisées qu'en formation de groupe. [La Mission de Maitreya, tome II (B. Creme)]

 

L'Unité dans la diversité

Dans l'unité, il y a diversité. Le temps est venu de vous éveiller. Soyez ce que vous êtes. Ne vous imitez pas les uns les autres. Vous évoluerez petit à petit. Il n'existe pas deux personnes semblables. Personne n'est la copie conforme de quelqu'un d'autre. Dès que vous empruntez la personnalité de quelqu'un d'autre, vous créez une distance entre vous et moi. Lorsque vous êtes ce que vous êtes, vous commencez à éprouver félicité, sérénité et tranquillité. Il n'y a alors aucune distance entre nous. [Les lois de la vie (Maitreya)]

 

Un groupe est composé d'individus à différents points d'évo­lution. Je sais que j'ai indiqué que l'une des conditions à l'ini­tiation de groupe était l'existence d'un groupe de disciples se trouvant à peu près au même niveau d'évolution. Mais cela doit s'entendre dans un sens très général. En réalité, tous les groupes sont constitués d'individus se trouvant à divers ni­veaux d'évolution. Il y aura ceux - la majorité - qui auront pris la première initiation. Il y en aura peut-être quelques-uns qui auront pris la deuxième, voire même la troisième. [La Mis­sion de Maitreya, tome II (B. Creme)]

 

L'implication de Maitreya

Comptez-vous parmi mes amis, et travaillez avec moi. Re­connaissez-vous comme mes partenaires, et aidez le monde. Révélez-vous comme mes disciples, et créez le monde nou­veau. [Message ° 102 (Maitreya)]

 

Le consensus - la conscience de groupe

Aucun individu, quel que soit le groupe auquel il appartient, ne possède le monopole de la sagesse, de l'intelligence et de la facilité d'élocution.

     Dans un groupe, les qualités de chacun sont nécessaires pour que le travail puisse s'effectuer correctement. Tout l'art du travail de groupe est de focaliser les différents points de vue, les attitudes, les talents et les diverses expériences pour forger un outil qui puisse exprimer la pensée de l'ensemble du groupe grâce à un consensus. Certaines personnes imaginent que leurs idées sont meilleures que toutes celles des autres réu­nies. Elles en sont probablement totalement inconscientes et en nieraient l'évidence si on le leur faisait remarquer. Elles sont en compétition avec les autres membres du groupe. H de­ vrait exister une volonté constante de coopération et de flexibi­lité dans chaque aspect des relations de groupe.

    

Vous devez surveiller vos motivations à chaque instant. Vous devez vous libérer de cet esprit de compétition, profon­dément ancré en chacun dans le monde d'aujourd'hui. Alors, sans y penser, spontanément, vous deviendrez coopératif. [L'Art de la coopération (B. Creme)]

 

Le travail de groupe prépare les disciples du monde à ce même type de conscience de groupe. C'est la conscience de groupe qui génère le consensus. Le consensus n'est pas une décision qui se prend à la majorité. On y arrive au moyen de la cons­cience de groupe, de la conscience mentale, intuitive et simul­tanée de tout le monde. C'est le résultat de la discussion, la conclusion unanime que telle ou telle décision doit être prise. On ne prend pas une décision en disant : « Combien de personnes pensent ceci ? Combien pensent cela ? La majorité l'emporte. » C'est une prise de conscience qui va grandissant dans les groupes de personnes qui travaillent ensemble, et dont les mentals peu­vent se mettre en relation les uns avec les autres afin d'arriver, en dépit des différences, au consensus que telle ou telle chose doit être faite. [La Mission de Maitreya, tome III (B. Creme)]

 

Le dévouement

Le dévouement est une qualité de l'âme tout comme le fait de cultiver, de nourrir, de construire lentement l'unité. Le groupe ne fonctionne comme un groupe véritable que lorsqu'il fonc­tionne sous l'impulsion de l'âme. C'est une notion que certai­nes personnes ne saisissent pas. On peut leur en parler, elles ne la comprennent pas. Elles ne l'intègrent pas dans leur vie quo­tidienne. Le dévouement doit être instinctif. Vous donnez ins­tinctivement tout ce que vous pouvez à une cause particulière, quelle qu'elle soit. [L'Art de la coopération (B. Creme)]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : J.J. Harris

Quand les hommes accepteront de voir dans la fraternité la nature essentielle de la vie, tous les aspects de notre vie quotidienne en seront transformés.

 

Je suis heureux de voir la lumière de l'aspiration qui, comme toujours, entoure ceux qui font preuve de consécration. J'ai grand besoin de tels êtres aujourd'hui. Jamais, dans l'histoire de ce monde, l'homme n'a eu autant besoin de ceux qui aiment leurs frères, qui les aiment et souhaitent, avant tout, les servir.

    

Croyez-moi, la flamme du service et de l'amour brûle aujourd'hui avec éclat dans de nombreux cœurs.

Pour cette seule raison, je peux dire en toute confiance que ma mission triomphera. [Message no 122 (Maitreya)]

 

Organisation vs organisme

II ne devrait pas y avoir d'individus ayant des fonctions parti­culières, de manière à ce que personne ne puisse se poser en unique arbitre au sein du groupe ; pas de secrétaire qui régie-rait les affaires courantes et pourrait ainsi acquérir une position de pouvoir ; pas de président (qui serait naturellement moi-même puisque j'ai formé le groupe et que je suis en contact avec le Maître) susceptible d'imposer ses idées aux autres membres ; ni de barrières nous séparant des autres et nous permettant de dire : « Ce sont nos croyances et pas les vôtres. »

    

Il s'agissait d'éviter une approche séparatiste vis-à-vis du travail concernant l'extériorisation de la Hiérarchie, ce qui me paraît essentiel dans un groupe comme le nôtre. Cela nous a permis, tout au moins à Londres, de créer et de préserver un organisme. [L'Art de la coopération (B. Creme)]

 

Les relations justes - la fraternité

Quand les hommes accepteront de voir dans la fraternité la nature essentielle de la vie, tous les aspects de notre vie en se­ront transformés. Chaque manifestation de fraternité contribue à détruire les barrières qui se forment entre les hommes et qui engendrent incompréhension et méfiance. La fraternité apaise la douleur d'une perte ou d'un revers de fortune. C'est un don précieux qu'il faut cultiver et entretenir. Chérissez la frater­nité, car elle donne accès à la chambre aux trésors de votre cœur. Nous, qui sommes vos Frères aînés, la chérissons comme notre nature la plus élevée et ne ménageons pas nos ef­forts pour en maintenir et en renforcer la réalité. Quand les hommes comprendront la vérité salutaire de la fraternité, ils saisiront toute la beauté qu'exprime sa nature, et auront ainsi un aperçu de la beauté de la divinité elle-même. La fraternité est divine, comme les hommes le sont eux-mêmes. Il ne saurait en être autrement. [La fraternité (Maître -)]

 

Le respect

Là où existe une telle insistance sur la notion de leadership, on ne peut parler de travail de groupe. Le concept d'un groupe de personnes réunies autour d'un leader qui les guide, leur prodi­gue ses enseignements et dirige leur progression, est un vieux concept de l'ère des Poissons. Il est en train de disparaître rapi­dement, ou en tout cas il le devrait.

Dans les groupes liés à la nouvelle expérience du Verseau, chaque membre devrait être égal aux autres. Il ne devrait pas exister de leader entouré de personnes considérées comme in­férieures. Il peut y avoir quelqu'un qui soit capable de faciliter le travail, quelqu'un qui ait davantage le sens de l'organisation, ou une vision plus claire du rôle que le groupe doit jouer.

    

Quant au vieux concept de leader, il est en train de disparaî­tre. Comment le leader doit-il s'y prendre pour que son lea­dership soit efficace dans le travail de groupe ? En cessant d'être le leader. [L'Art de la coopération (B. Creme)]

 

La bonne volonté

Le travail de groupe devrait être un plaisir. Quelqu'un a fait allusion à la joie qui peut naître d'une activité de groupe intéressante et remplie de vitalité. C'est tout à fait vrai. Le travail de groupe devrait être l'activité la plus joyeuse qui soit, un travail beaucoup plus agréable que le travail solitaire [...]. La première chose qui doit exister au sein d'un groupe, c'est la bonne volonté de chacun à l'égard des autres. La bonne volonté est le ciment qui assure la cohésion du groupe. Plus vous parviendrez à voir les gens en tant qu'âmes […] plus vous serez capables d'agir sans ressentiment et dans un esprit de coopération. L'énergie de la bonne volonté n'est pas seulement un lubrifiant dans le travail de groupe, elle est la base même de l'existence du groupe. [L'Art de la coopération (B. Creme)]

 

Les énergies du Verseau

Dans un avenir tout proche, les hommes répondront de plus en plus aux énergies du Verseau. Ils prendront ainsi conscience de la nature séparative de la compétition, et acquerront d’un cœur léger l'habitude de coopérer. Le bénéfice en sera énorme pour le monde car les hommes travailleront ensemble, sur un pied d'égalité et dans un esprit de service, aux nombreuse tâches de reconstruction qui les attendent. Ainsi le monde sera-t-il transformé par un afflux de bonnes volontés qui façonneront les temps nouveaux. [La voie de la coopération (Maître -)]

 

Le rôle de la femme

L'âge qui commence est celui de la pleine réalisation du principe Mère. L'ère de Maitreya est l'ère de Tara, la Mère du Monde. La mère nourrit l'enfant, nourrit la famille, et le principe féminin nourrit la civilisation. Ne serait-ce que pour cette seule raison, on doit donner au principe féminin sa pleine expression. Cela signifie que toutes les femmes doivent avoir exactement les mêmes droits que les hommes. Ceci vaut d'autant plus pour un groupe du nouvel âge actif qui comporte généralement davantage de femmes que d'hommes. Pour que tout se passe conformément au nouveau concept de travail de groupe dans l'ère du Verseau, il faut que chacun se considère comme membre à part entière, égal et responsable, aucun membre n'étant inférieur ou supérieur à un autre. La vraie démocratie implique une participation pleine et entière de tous les membres. [La Mission de Maitreya, tome II (B. Creme)]

 

L'unité de groupe

Ce qui devrait motiver le travail de groupe et qui est essentiel à l'unité du groupe, c'est un amour tacite entre toutes les personnes du groupe. Mais il ne s'agit pas de se livrer à une effusion de sentiments. Il s'agit d'un amour non-dit, mais reconnu, qui unit tout le monde. Le véritable facteur d'union est le travail, auquel chacun vient de lui-même, depuis le niveau de l’âme. Le travail est la chose essentielle. Chacun y participe en collaborant avec les autres. Le travail est au cœur de toute l'activité du groupe. Si les gens pouvaient s'oublier ils auraient de justes relations, car alors ils travailleraient en tant qu'âmes et l’âme ne connaissant que de justes relations humaines, celles-ci deviennent instinctives. [L'Art de la coopération (B. Creme)]

 

Quand Maitreya émergera dans un avenir très proche, il soulignera ce besoin d'unité dans tout ce que nous entreprenons. Il montrera combien il est essentiel que nous parvenions à l'unicité de but, en tant qu'hommes et en tant que nations, pour résoudre les problèmes humains, mettant ainsi nos puis­santes individualités au service du groupe. [L'unité (Maître -)]

 

La focalisation sur le Plan

Mes Maîtres vous apprendront les règles de la vie. Moi-même, je vous montrerai cette lumière plus élevée qui ap­pelle l'humanité. Mon enseignement est à deux niveaux : il concerne la nature physique de l'homme, les nécessités de la vie ; il traite également de la nature des relations de l'homme avec cet Être divin que nous appelons Dieu. Dans mon lan­gage, ils ne font qu'un, car ce n'est que lorsque l'homme éta­blit une relation correcte avec l'homme qu'il peut alors s'ap­parenter à Dieu. Mon but est de vous montrer ceci, de vous enseigner que lorsque l'homme découvre en lui-même la capacité de partager, d'aimer, de faire confiance, à partir de ce moment, il commence son ascension vers Dieu. [Message no 29 (Maitreya)]

 

N'oubliez pas qu'aucun individu n'est important ; le groupe est plus important que l'individu. Les groupes, en tant que tout, sont plus importants que tout groupe particulier. Et plus important que tout individu, plus important que tout groupe particulier, est le Plan pour lequel tous les groupes tra­vaillent.

     Dans ce Plan se trouve la venue dans le monde de Maitreya et de la Hiérarchie des Maîtres et, sous leur inspiration, la création par l'humanité d'une nouvelle civilisation. Si vous gardez toujours cela présent à l'esprit quand vous vous posez la question de savoir où vous êtes, qui vous êtes, et ce que vous faites, vous ne risquez pas de vous tromper beaucoup. Alors, vous travaillez dans le sens du Plan lui-même. Invoquez l'aide de Maitreya. Invoquez son inspiration et ses conseils dans votre travail. Il dit : « Mon aide est à votre disposition. Vous n'avez qu'à la demander. » [La Mission de Maitreya, tome II (B. Creme)]

 

L'appel de Maitreya

Prenez-moi en vous, et révélez-moi tel que je suis. Faites-moi vôtre, et prenez la main de vos frères.

Guidez-les vers moi, et servez le Plan. Aimez-moi, tra­vaillez avec moi et connaissez la joie du service.

Venez avec moi, mes amis, vers les temps nouveaux, le monde nouveau, le nouveau pays de l'Amour.

Là, ensemble, parons-nous de la lumière de la Vérité, du rayonnement de l'amour de Dieu, et agenouillons-nous à ses Pieds bénis.

Mes bénédictions vous accompagnent tous. [Mes­sage no 110 (Maitreya)]

 
 

 

 

L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

 

Dans cette série d’articles nous examinons les conditions fondamentales qui gouvernent le travail des groupes ésotériques. Benjamin Creme (BC) et son Maître ont consacré plus de quarante ans à informer le public de l'extériorisation de l'ashram des Maîtres. Comme ce travail es en bonne voie, il semble utile de revisiter les conditions présidant au bon fonctionnement des groupes de disciples, dont la vocation est de refléter une réalité intérieure dans le monde extérieur. Les auteurs de ces articles n'ont aucune expertise particulière en compagnie dz lecteur, ils explorent et examinent un ensemble d'idées et de comportements.

      La « Règle onze », donnée par le Maître Djwal Khul (DK) par l'entremise d'Alice Bailey, est la onzième d'une série de règles destinée aux disciples et aux aspirants. DK y présente les quatre conditions auxquelles les disciples appartenant au groupe d'un Maître doivent satisfaire pour parvenir à la fusion et à l'unité de groupe, préalablement à une initiation de groupe ultérieure. Ces conditions sont étudiée en détail par Benjamin Creme dans La mission de Maitreya, tome II (MM2).

      Elles sont : a) l'établissement de relations non sentimentales ; b) l'utilisation constructive des forces de destruction ; c) la capacité travailler en tant que hiérarchie miniature dans le respect du principe d'unité dans la diversité; d) la culture de la puissance du silence occulte. (Les rayons et les initiations, [215])

 

Travailler en tant que mini-hiérarchie (1e partie)

par Michiko Ishikawa

 

La Hiérarchie spirituelle dévoile progressivement ses ensei­gnements au monde à mesure que l'humanité s'avère capable de les comprendre et de les accepter. En Occident, La Doc­trine secrète de H.P. Blavatsky (1888) fut la première publica­tion à révéler l'existence des Maîtres et des enseignements de la Sagesse éternelle (et cette révélation marqua certains mem­bres de l'intelligentsia de l'époque tels que Edison, Einstein, Yeats, TS Eliot, Joyce, Klee, Mondrian, Mahler ... ). L'étape suivante de la révélation des enseignements de la Hiérarchie spirituelle fut assurée par Alice Bailey de 1919 à 1949, et par Helena Roerich, avec les enseignements de l'Agni Yoga de 1924 à 1939.

      Les quatorze règles de l'initiation de groupe furent transmi­ses dans les années 1940 par le Maître Djwhal Khul (DK) par l'intermédiaire d'Alice Bailey, et ne furent publiées qu'en 1960. Dans la présente série d'articles, nous ne parlerons que de la Règle onze, le Maître Djwhal Khul ayant quelquefois affirmé que ces enseignements étaient en réalité destinés aux générations à venir. Ce que nous présentons ici, ce sont des réflexions au sujet de la nécessité pour un groupe travaillant avec un Maître de réaliser l'unité et la fusion de groupe.

      Benjamin Creme (BC) a traité des conditions requises pour le fonctionnement correct des groupes au sein de son groupe d'étude, à Londres, en 1987, puis dans un exposé intitulé Vers l'initiation de groupe lors du séminaire de transmission de San Francisco de 1988. Toutefois, cet exposé et les questions-réponses qui suivirent n'ont pas été rendus publiques dans notre revue, mais seulement dans le tome II de la Mission de Maitreya, en 1993, suite à la suggestion du Maître de BC. Dans une introduction parue dans cet ouvrage, BC explique : « Cette transcription n'a pas été publiée à ce jour en raison du ca­ractère « privé • de la plupart des informations contenues. Toutefois, lors de la préparation du présent volume, mon Maître a recom­mandé que ce texte soit rendu public afin de stimuler et encourager d'autres groupes à vocation authentiquement occulte. »

      L'initiation de groupe est incroyablement difficile à me­ner à bien. Pendant des millénaires, les Maîtres ont envisagé la possibilité qu'un jour lointain, un groupe sur le plan exté­rieur parvienne par son travail en unité à opérer la fusion avec un ashram intérieur.

      « [Toutefois, le problème avait toujours été] de réunir un vaste groupe mondial et de lui présenter un champ de service et des techniques de développement personnel qui assureront la fusion du groupe sur le plan extérieur avec l'ashram intérieur, établi autour du Maître1. »

      Ce n'est qu'aujourd'hui, grâce au travail de l'émergence dc Maitreya et de la méditation de transmission, qu'un groupe de disciples se trouvant plus ou moins au même niveau d'évolu­tion commence à créer la tension spirituelle intérieure nécessaire, de par la concentration, la focalisation dont il fait preuve dans ses activités. Aux yeux des Maîtres, ceci est le signe que dans un proche avenir, « il sera peut-être possible que l'initiation de groupe devienne une réalité2 ». Les quatre conditions fonda­mentales exigées des groupes doivent être remplies par chacun de ses membres afin de créer l'unité dans les groupes extérieurs. « Ces conditions fondamentales sont nécessaires afin de réaliser la fusion extérieure qui rend possible la fusion intérieure3. »

      La première condition, l'établissement de relations de groupe non sentimentales, et la seconde, l'utilisation constructive des forces de destruction, ont été examinées et traitées dans les quatre derniers numéros de notre revue. Dans le présent numéro et dans le suivant, nous traiterons de la troisième condition fondamentale, la capacité de travailler er tant que mini-hiérarchie et, en tant que groupe, de démontre: l'unité dans la diversité.

 

1. Benjamin Creme, La Mission de Maitreya, tome II, « Vers l’initiation de groupe »

2. Partage international, janvier/février 2011

3. Ibid

La diversité au sein du groupe

 

La capacité de travailler en tant que mini-hiérarchie implique que ce groupe ésotérique soit composé de personnes de divers niveaux d'évolution, et disposant de qualités et de capacités diverses « Un groupe, dit le Maître DK, n'est pas composé de disciples qui seraient tous préparés à la même initiation. Cette affirmation est souvent difficile à accepter par les membres du groupe. Ce que j'ai dit plus haut, à savoir qu'un groupe est composé d'hommes et de femmes se trouvant tous au même point d'évolution, n'est qu'une généralisation et veut seulement dire que tous ont atteint le point où ils sont engagés et irrévocablement consacrés au travail de l'Ashram, sous les ordres de tel Maître particulier.

      Le travail, néanmoins, exige une diversité de qualités et de pou­voirs afin d'être efficace dans la manifestation sur le plan extérieur. Sont nécessaires ceux qui sont en contact étroit avec le Maître, donc des initiés d'un certain grade ; sont également nécessaires ceux qui ont une facilité de relation avec l'Ashram intérieur, donc des disciples anciens, mais pas forcément de hauts initiés ; sont nécessaires aussi ceux qui ne sont pas aussi avancés sur le sentier du disciple, car ils ont, ou peuvent établir, des rapports étroits avec l'humanité ordinaire dans la vie de tous les jours. En conséquence, un tel groupe de disci­ples est une hiérarchie en miniature, et une hiérarchie existe avec ses divers degrés afin de permettre un vaste éventail de relations efficaces. Réfléchissez à cette affirmation.

      Vous voyez maintenant pourquoi il est nécessaire d'éliminer les réactions de la personnalité car c'est seulement ainsi que les groupes pourront fonctionner en tant qu'unités coordonnées, les divers mem­bres du groupe reconnaissant réciproquement leur rang, sans toutefois en ressentir jalousie ou manque de considération. Le travail est alors exécuté sur la base de l'inspiration, de la coordination et de l'applica­tion pratique4. »

      À son tour, Benjamin Creme insiste sur le fait que « plus la diversité est grande, plus le travail du groupe sera riche et efficace. De même, plus il y a de rayons dans un groupe, plus le travail qu'il accomplira sera riche et efficace - si ses membres travaillent correc­tement dans un véritable esprit de groupe. Si, par contre, ils ne tra­vaillent pas correctement, les différences de rayons et de niveaux d'évolution généreront des problèmes5. »

 

Travailler en tant que mini-hiérarchie

 

Le groupe travaillant pour l'émergence à l'échelle mon­diale fonctionne comme une mini-hiérarchie, Maitreya venant accomplir pour le groupe la fonction normalement remplie par un initié du quatrième degré, et Benjamin Creme servant en tant que disciple en contact étroit avec son Maître et transmet­tant l'inspiration et l'orientation de la Hiérarchie. Un vaste groupe de disciples « consacrés » et disséminés dans le monde entier a pris en charge le travail de préparer l'émergence de Maitreya et des Maîtres, tout en étant engagé dans le travail de la méditation de transmission. Ainsi se trouve réalisé « un lien entre les Maîtres, la Hiérarchie et les groupes dans le monde6. »

      Comme l'indique le Maître DK, tous les disciples engagés dans le travail n'ont pas nécessairement atteint exactement le même point d'évolution, bien qu'ils soient plus ou moins au même niveau. Benjamin Creme précise : « Le Maître DK veut dire qu'automatiquement, dans tout groupe (engagé dans le travail de l'émergence), il se trouve des gens ayant atteint un niveau diffé­rent. Peut-être le niveau de l'un d'entre eux se situe-t-il autour de 0, 95, tandis que d'autres viennent de prendre la première initiation, de 1,0 à 1,2 par exemple. D'autres encore sont peut-être un peu plus avancés, de 1,3 à 1, 5. Ensuite, il peut y avoir une ou deux personnes entre 1,5 et 1, 7. Et puis, rarement, quelqu'un au-dessus de 1, 77. »

      À présent, une question se pose : les groupes locaux du ré­seau Partage international ont-ils la possibilité de travailler en tant que mini-hiérarchie dans leurs activités liées à la Réappa­rition, alors que leurs membres sont tous plus ou moins au même niveau, et que les différences entre eux sont minimes ?

 

4. Alice Bailey (Maître DK), Les Rayons et les Initiations, Lucis Trust

5. La Mission de Maitreya. tome II, ibid

6. Partage international, mars 2017.

7. Benjamin Creme, L'Art de la Coopération « Le problème du mirage »

      En 1996, à San Francisco, lors de la session de travail des groupes d'étude, Benjamin Creme, répondant aux questions, expliqua et commenta en détail l'importance de travailler en tant que mini-hiérarchie - même au niveau des groupes lo­caux. Ce document n'a jamais été publié, car BC s'adressait à un groupe particulier. Nous avons maintenant décidé de pré­senter ces informations, à l'intention des groupes qui s'effor­cent consciemment et sérieusement de mettre en œuvre ces quatre exigences dans leur travail, car nous croyons qu'ils peuvent fournir des éclaircissements utiles sur la manière dont les groupes ésotériques doivent travailler.

      Benjamin Creme a traité le même sujet lors des séminaires de transmission de 2010, aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, au cours desquels il a de nouveau souligné l'importance de tra­vailler consciemment à la mise en œuvre de ces quatre règles.

 

Échanges avec Benjamin Creme, 1996

 

Q. [Dans notre groupe,] nous avons pris, me semble-t-il, l'habitude de suivre la ligne de moindre résistance dans nos activités, et nous n'essayons pas d'étendre nos capacités en suivant les lignes qui sont plus difficiles pour nous. De ce fait, la question « Qu'est-ce qu'un travail significatif ? » se pose avec encore plus d'acuité.

BC. C'est un point crucial. Tous les co-workers font preuve de bonne volonté et d'aspiration, sinon ils n'entreprendraient même pas ce travail. Mais tout le monde est conditionné par ses propres mirages.

      En d'autres termes, ils ne font pas ce travail objectivement et de façon impersonnelle parce qu'il doit être fait. Ils accom­plissent seulement les tâches sur le plan physique, tout en se référant sans cesse à eux-mêmes « Dois-je vraiment faire cela ? Est-ce que j'ai peur de le faire ? Suis-je à l'aise en le faisant ? Est-ce que je fais vraiment un travail juste ? Si c'était vraiment le cas, je ne devrais pas avoir peur. Cette peur est-elle réelle ? Vient-elle d'une cause réelle, ou de mes mirages, de mes conditionnements ? » Toutes ces pensées obscurcissent notre approche du travail.

     La plupart des membres des groupes sont polarisés as­tralement. Tous ceux qui se trouvent entre O et 1,5 sont nécessairement polarisés astralement. Il leur est difficile d'aborder le travail de façon impersonnelle : ils le voient à travers les brumes de leurs mirages, qui sont leurs illusions du plan astral, où se trouve le siège de leur conscience.

      À aucun moment vous ne pouvez dépasser le siège de votre conscience. Si votre conscience se trouve sur le plan astral, c'est là que vous êtes polarisé. Si elle est sur le plan mental, c'est là que vous êtes polarisé. Votre conscience est limitée à cela. Si elle se trouve sur le plan spirituel, vous n'êtes pas li­mité au plan mental, ni au plan astral. Mais si vous êtes pola­risé sur le plan astral, c'est ce qui va déterminer l'étendue de vos capacités, et vous devez l'accepter. C'est à ce point qu'in­tervient la notion de travail en tant que mini-hiérarchie.

      Jusqu'à ce jour, la plupart des groupes ne travaillent pas de cette manière. Toutefois, dans une certaine mesure, nous tra­vaillons de cette manière dans le grand groupe (le groupe mon­dial, rassemblant tous les groupes), puisque je lui apporte cer­taines informations, et qu'ensuite, dans chaque groupe parti­culier, il y a des gens qui travaillent sur ces informations et s'appuient dessus. Ces groupes de gens font en sorte que des magazines, des bulletins et d'autres outils de communication puissent les faire pénétrer dans le monde de tous les jours.

      Il vous faut admettre l'existence d'une mini-hiérarchie. Vous devez l'accepter, et travailler dans ce cadre. Il y a ceux qui sont faits pour travailler dans le domaine de la communica­tion de masse. II y a ceux qui amènent les informations au ni­veau où elles peuvent avoir un impact par l'intermédiaire des différents médias - ils les simplifient, mais elles demeurent ar­ticulées et signifiantes. Et puis il y a quelqu'un comme moi, en contact avec un Maître, mais pas très bon s'il s'agit d'avoir un impact direct sur les masses parce que ce n'est pas pour moi une ligue de moindre résistance. Pour d'autres, au contraire, ça l'est. Ainsi, chacun a le niveau qui lui est propre. Vous devez l'accepter et travailler à votre propre niveau. De cette ma­nière, vous économisez une énorme quantité de temps et d'énergie, puisque chacun fait ce qu'il accomplit le mieux.

 

Q. Mais si, dans notre groupe local, nous sommes tous au même niveau d'évolution, comment savoir s'il s'y trouve réellement une mini-hiérarchie ?

BC. Dans un groupe comme celui-ci vous pensez, comme en démocratie, que tout le monde est au même niveau. C'est à la fois vrai et faux. Les deux fonctionnent simultanément. Vous avez raison sur les plans philosophiques, politiques, économi­ques, etc., mais en termes ésotériques, vous êtes légèrement différents. Certains sont polarisés mentalement, d'autres astralement. Vous devez accepter cette différence, car elle dé­termine les domaines d'activité qui conviennent le mieux à chacun. De cette manière, chacun cessera de vouloir tout faire.

      Dans ce groupe comme dans tous les groupes, tout le monde veut tout faire. Dans tous les pays où nous avons des groupes, il y a des personnes qui font ce que je ne sais pas faire, à savoir simplifier les informations et les faire connaître. Ils ont du bon sens. Ils sont entraînés à manier et formuler les idées de telle sorte qu'elles trouvent un écho chez un grand nombre de gens : là se trouve leur travail. D'autres ont pour tâche de contacter les gens qui sont les récepteurs de ces infor­mations. Ce sont trois catégories de tâches distinctes, mais pas séparées. En pratique, probablement, nous touchons tous aussi un peu à chacun de ces trois domaines, mais ils sont différents en essence. C'est pourquoi vous devez agir dans les domaines où vous êtes efficaces, et c'est difficile d'être assez objectifs pour le comprendre. C'est cela l'impersonnalité.

      Les gens ont du mal à se dire: « J'ai des limitations. » ils pen­sent : « Untel n'a pas l'air d'avoir de limitations. Je ne vois pas pour­quoi moi, j'en aurais. Je suis sûr que je pourrais faire ce qu'il fait. » Rien n'est plus faux. chacun a des qualités ou des talents dans une certaine ligne. Mais son niveau d'évolution détermine le domaine dans lequel il va les exercer : le contact avec la Hié­rarchie, ou la mise en forme des informations sur le plan men­tal afin qu'elles soient assimilables au plus grand nombre, ou la communication directe avec le monde extérieur.

 

L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

 

Dans cette série d'articles nous examinons les conditions fondamentales qui gouvernent le travail des groupes ésotériques. Benjamin Creme (BC) et son Maître ont consacré plus de quarante ans à informer le public de l'extériorisation de l'ashram des Maîtres. Comme ce travail est en bonne voie, il semble utile de revisiter les conditions présidant au bon fonctionnement des groupes de disciples, dont la vocation est de refléter une réalité intérieure dans le monde extérieur. Les auteurs de ces articles n'ont aucune expertise particulière: en compagnie du lecteur, ils explorent et examinent un ensemble d'idées et de comportements.

      La « Règle onze », donnée par le Maître Djwal Khul (DK) par l'entremise d'Alice Bailey, est la onzième d'une série de règles destinées aux disciples et aux aspirants. DK y présente les quatre conditions auxquelles les disciples appartenant au groupe d'un Maître doivent satisfaire pour parvenir à la fusion et à l'unité de groupe, préalablement à une initiation de groupe ultérieure. Ces conditions sont étudiées en détail par Benjamin Creme dans La mission de Maitreya, tome II (1\M2).

      Elles sont : a) l'établissement de relations non sentimentales ; b) l'utilisation constructive des forces de destruction ; c) la capacité à travailler en tant que hiérarchie miniature dans le respect du principe d'unité dans la diversité ; d) la culture de la puissance du silence è - occulte. (Les rayons et les initiations, [215])

 

Travailler en tant que mini-hiérarchie (2e partie)

compilation de Michiko Ishikawa

 

Cet article est la continuation de la discussion qui a eu lieu à San Francisco en 1996 entre Benjamin Creme et les co-workers de Share International (et qui est publiée ici pour la première fois). Dans cet entretien, les membres du groupe réfléchissent à la façon dont ils travaillent en vue de la Réapparition et à la notion d'« activité significative ». Benjamin Creme y souligne la nécessité du travail en tant que mini-hiérarchie au sein même du groupe. (Voir la première partie sur ce même thème dans le numéro de septembre 2018)

 

Benjamin Creme lors d'un séminaire de méditation de transmission aux Etats-Unis.

Echange avec Benjamin Creme, 1996 (suite)

 

Les trois différents types de travail de groupe

« Un groupe de disciples comme celui-ci est donc une hiérarchie en miniature, et une hiérarchie existe en ses divers degrés dans le but de permettre un vaste éventail de relations efficaces. » (Maître Djwhal Khul, Les Rayons et les initiations, [p.171])

 

Q. Vous dites que c'est notre niveau d'évolution qui détermine le type de travail qui nous convient - entrer en contact avec la Hiérar­chie, comprendre vos informations et leur donner une forme sur le plan mental, ou bien les communiquer au public. Mais, vous-même mis à part, puisque vous êtes en contact avec le Maître, nous ne voyons pas vraiment de différences dans la façon dont nous tra­vaillons dans notre groupe.

BC. Ces trois différents types de travail de groupe sont essen­tiels, non seulement pour le groupe lui-même, mais aussi pour la satisfaction de l'une des conditions requises pour l'initiation de groupe - la capacité à travailler en tant que mini-hiérarchie, c'est-à-dire en Hiérarchie digne de ce nom. Les Maîtres font partie de cette Hiérarchie, mais les divers initiés aussi, du 4e au 1e degré compris. Bien entendu, tout le monde n'a pas la même importance, sauf au sens large. L'ini­tié de 1e degré ne peut évidemment pas faire ce qu'un Maître peut faire. Mais inversement, un Maître n'essaie jamais de faire ce qu'un initié de 1e degré suffit à faire. C'est la diffé­rence, et c'est ce que vous devez comprendre, assimiler et re­connaître dans le groupe.

      À ce jour et à ce que je vois, cela n'est pas reconnu dans le groupe. Cela n'est descendu dans la conscience de personne, en conséquence, cela n'a pas marché. Tout le monde fait tout, ou un peu de tout. Le groupe serait plus efficace si tout un chacun reconnaissait le type de travail qui lui convient le mieux, plutôt que d'essayer de faire ce qu'il lui est impossi­ble de faire.

 

Q. Comment les membres du groupe qui sont en contact avec le pu­blic et ceux qui ont des idées plus abstraites doivent-ils se coordon­ner et interagir ?

BC. Les gens doivent prendre leurs responsabilités person­nelles.

Q. Nous ne connaissons pas nos niveaux d'évolution les uns des autres. Comment pourrions-nous reconnaître les différences entre nous?

BC. Il m'est impossible de vous le dire. C'est une chose qui se produit d'elle-même dans chaque groupe. D'abord, vous êtes tous des êtres humains, dotés de véhicules mentaux et émotionnels qui interagissent. Mais petit à petit, il com­mence à apparaître que les mentaux les plus puissants, ceux qui sont focalisés sur les plans mentaux, sont capables d'exté­rioriser les idées. Ils peuvent déchiffrer les complexités et présenter les idées de façon plus simple, en les débarrassant des ambiguïtés qui existent sur les niveaux plus élevés - ce qui, pour beaucoup de gens, est une hérésie.

Nombreux sont ceux qui ne peuvent pas supporter le para­doxe et l'ambiguïté. Pourtant, la nature même de la vie et de l'ésotérisme est paradoxe et ambiguïté. Les gens veulent sa­voir exactement ce qui va se passer, quand, pourquoi et dans quel but. Rien de tout cela n'existe en ésotérisme. Mais le mental humain limité étant ce qu'il est, les gens veulent des réponses précises. Ensuite, vous avez les problèmes spécifi­ques à certains rayons, le 5e et le 7e rayons, par exemple. Le moindre paradoxe, la moindre ambiguïté sont pour eux une véritable angoisse. Pourtant, la vie n'est pas aussi simple, elle ne se limite pas à une formule mathématique.

      Il faut des personnes capables de travailler au niveau des idées abstraites, de les transformer de façon à les faire descen­dre à un niveau inférieur pour les mettre à la disposition des groupes dont la tâche consiste à les présenter au monde. Si votre conscience est au même niveau que celle de l'immense majorité de la population - ce qui est le cas si votre cons­cience est polarisée astralement - alors vous serez peut-être meilleur pour présenter l'information que quelqu'un qui est polarisé mentalement ou spirituellement.

      Je ne peux donc pas répondre à ce que vous m'avez de­mandé, la réponse vient d'elle-même dans le groupe con­cerné, elle apparaît. Les gens sont à peu près au niveau où ils peuvent travailler utilement. Mais il faut tenir compte du fait que la plupart des membres des groupes sont dans le mirage. Dans chaque groupe, il y a ceux qui pensent qu'ils devraient faire une chose, alors qu'ils n'en sont pas capables. C'est ce qui empêche les groupes d'avancer. Les groupes fonctionne­raient plus parfaitement, plus efficacement, s'ils compor­taient des échelons, comme dans une unité de commande­ment militaire, où il y a une structure hiérarchique. Ainsi chacun connaît exactement sa place dans la structure.

    II en va plus ou moins de même dans le monde quotidien de l'ésotérisme, qui n'est pas aussi rigide et n'a pas la même finalité. C'est une question de niveau d'évolution. C'est votre niveau d'évolution qui détermine absolument et précisément votre place dans la structure - pas de commandement, mais d'activité significative et adéquate. C'est là la différence.

 

Q. Dans notre groupe local, pour utiliser votre terminologie d'une chaîne de commandement militaire, nous finirions presque tous comme simples soldats.

BC. Cela n'a rien à voir avec le commandement. Il s'agit pour nous de capacité d'action. Nous agissons à différents ni­veaux. Cela ne donne pas une structure de commandement, mais une structure de capacité. Dans l'armée de terre ou de l'air, cette différence en grade correspond à une différence de commandement parce qu'il s'agit d'une guerre ou équivalent. Il faut une personne pour donner les ordres, et d'autres per­sonnes pour les exécuter. Cela n'a rien à voir avec l'action organique d'un groupe ésotérique, où il n'est pas question de commandement. Je ne donne jamais d'ordres. Mon Maître ne m'en donne jamais non plus.

 

Q. Si le but est de travailler en tant que hiérarchie en miniature e que nous sommes tous de simples soldats, nous ne remplissons pas les conditions pour former une Hiérarchie.

BC. Mais si ! Vous le pourrez si vous le reconnaissez, mais h problème est que vous ne le reconnaissez pas.

 

Le caractère unique du travail en vue de la Réapparition

 

Q. Mais il faut que nous fassions quelque chose de pratique pour que les relations deviennent claires.

BC. C'est la beauté de notre travail. Pour la première fois dans les 18,5 millions d'années de son histoire, l'humanité est par venue à un point tel qu'il est possible à un groupe de prendre l'initiation de groupe. Si cette convergence est possible et que nous sommes justement en train de parler du sujet, c'est du fait de la Réapparition du Christ et du retour de la Hiérarchie dans le monde. C'est là la grande motivation, l'idée magnétique que rassemble tous ces individus de niveaux différents. Du point de vue des Maîtres, ces degrés sont tous très proches. Tous ces disciples sont considérés par les Maîtres comme à peu près au même niveau d'évolution, mais, en termes pratiques, et donc en termes de groupe, ces degrés sont légèrement différents.

      Il y a ceux, peu nombreux, qui sont polarisés mentalement, et ceux qui n'ont pas encore atteint cette polarisation Cela fait une énorme différence du point de vue de la capacité de travail en vue de la Réapparition. Mais cette idée est inclusive et ne se limite pas à certains degrés. L'idée du retour dans le monde de Maitreya et des Maîtres est la plus magnétique et la plus puissante qui ait jamais été présentée aux disciples du monde. Elle les a galvanisés à un point tel qu'ils on acquis une sorte de réceptivité qui rend possible l'initiation de groupe pour la première fois dans l'histoire.

      Les différences de niveau d'évolution dans les groupe existent, mais elles ne sont pas grandes. L'écart n'est pas grand entre 1,5 et 1,6. Cela ne fait que 0,1. Mais c'est ce qui permet de passer de la polarisation astrale à la polarisation mentale, et, en termes de conscience, c'est énorme. Cela donne à l'individu concerné une maîtrise, une objectivité, un type de conscience qui ne fait pas tout passer par le soi avant d'agir sur le monde extérieur.

      Quand vous êtes polarisé astralement, tout passe par vous. Il n'y a pas moyen de faire autrement. Vous êtes le centre d l'univers, tendance qui est encore accentuée par certain rayons. Mais dès que vous passez la polarisation mentale quels que soient vos rayons, vous êtes davantage en mesure de faire face aux réalités en les considérant comme se manifestant en dehors de vous, sans que vous vous sentiez toujours obligé de tout voir au travers de votre personne : « Quel est mon rôle dans tout ça ? En quoi vais-je en tirer profit ? Est-ce moi qui commande ou non ? » Tout cela disparaît dès que vous commencez être polarisé mentalement. Le plan astral perd son attraction, le pouvoir qu'il exerce sur vous. 1,6 n'est que le commencement. La polarisation mentale continue jusqu'à 2,5.

 

Q. Tous les projets dans lesquels le groupe s'investit ne lui donner pas l'occasion de fonctionner en tant que mini-hiérarchie.

BC. Si. Absolument tous. Tout ce que vous faites vous donne la liberté de fonctionner ainsi ou non. Cela dépend de vous.

 

Q. Mais on n'apprend pas autant.

BC. Certains seront un plus grand défi que d'autres, mais c'est une autre question.

 

Q. C'est une expérience plus gratifiante d'entrer en contact avec le public ou d'organiser une conférence de groupe, par exemple, plutôt que de passer son temps à faire des mailings ou à coller des timbres sur des enveloppes.

BC. Mais il ne faut pas tout décomposer en petits bouts d'ac­tivités mineures. Tout le monde peut faire des mailings. C'est la qualité de l'activité qui compte, et non le détail. Qui peut entrer en contact avec les médias ? Tout le monde veut le faire, mais ce n'est pas donné à tout le monde.

      Par exemple, tout le monde voudrait être mon présenta­teur, quand je donne une conférence. Mais tout le monde n'est pas qualifié pour cela. Il faut des qualités spécifiques pour présenter un orateur à un public qui va l'entendre pour la première fois - il faut avoir un bon contact avec le public, attirer son attention, lui faire sentir que la conférence va être formidable. Et puis il faut aussi présenter avec tact la per­sonne qui va parler ainsi que ses idées.

      Il faut être à l'aise avec le public. Certaines personnalités n'ont aucune difficulté à communiquer. C'est leur point fort. C'est à elles de faire la communication. D'autres, qui ont des qualités d'analyse, doivent s'occuper de cet aspect des cho­ses. D'autres ont le sens pratique. Ils savent exactement com­ment organiser des mailings de groupe, et ainsi de suite. Cha­que individu a ses qualités spécifiques, ses forces et ses fai­blesses, et doit les utiliser au mieux.

 

Q. C'est en effet un bon exemple de la façon dont doit fonctionner une mini-hiérarchie.

BC. Absolument. Et les autres n'ont aucune raison de se sentir exclus, abandonnés. « Pourquoi ne me demande-t-on jamais à moi ? On ne me donne jamais ma chance. J'ai très envie de le faire. » Ces gens rêvent de se mettre en avant, ce qui est un mirage. Il faut s'oublier complètement soi-même, oublier toutes les ambitions que l'on peut avoir de briller, d'être reconnu, de représenter le groupe. Toutes ces envies sont des mirages, sans aucune exception.

      Dans un groupe, certains sont un tout petit peu plus évo­lués, mais les différences sont très minimes, même si, d'un point de vue pratique, elles sont significatives et doivent être prises en considération. Plus un individu est évolué, plus il est impersonnel dans son travail, plus il est altruiste, moins le «moi » prendra de place dans ce qu'il fait. C'est une loi.

 

Q. Vous voulez donc dire que, dans notre groupe, nous nous com­portons beaucoup plus en mini-hiérarchie que nous ne le croyons ?

BC. C'est une réalité incontournable. Elle est présente dans tous les groupes. Simplement, vous ne voulez pas reconnaître ce fait et travailler en conséquence.

Comment reconnaître une mini-hiérarchie dans les activités de groupe

 

Q. Quand nous discutons de nos activités de contact avec le public et prenons des décisions, nous essayons de parvenir au consensus, ce qui est parfois difficile.  La reconnaissance d'une mini-hiérarchie parmi nous serait-elle un atout pour un meilleur fonctionnement du groupe?

BC. Le problème est que ce dont nous sommes conscient dans la vie de tous les jours est le plan de la personnalité, et que c'est une habitude. Il est très difficile de passer à un niveau de conscience correspondant à une autre situation. Pourtant, dans un groupe de ce type, ceux qui travaillent avec la Hiérarchie doivent ramener certaines choses depuis le plan de l'âme. Quand on ne fait pas cela, on ne fait pas le moindre progrès, parce que la personnalité domine tout ce que l'on fait. Et plus on est polarisé astralement, plus c'est le cas.

      Par conséquent, vous devez suivre ceux qui sont moins polarisés astralement, qui sont à un certain niveau de polarisation mentale - voire spirituelle. Il vous faut donc reconnaître ceux qui sont plus avancés et évaluer leurs idées - sans néanmoins les suivre aveuglément, mais en essayant de discerner si leurs idées viennent vraiment du niveau de leur âme, ou s'il s'agit de choses qui ne vous plaisent pas, qui sont contraires à vos désirs, qui ne conviennent pas à votre personnalité. C'est cela, travailler en tant que mini-hiérarchie.

      Il faut reconnaître la hiérarchie qui existe dans tous le groupes. Et cela n'a rien à voir ni avec le fonctionnement démocratique, ni avec la recherche du consensus dans le travail de groupe. On peut travailler dans le consensus tout en reconnaissant le niveau de conscience supérieur d'un membre du groupe plus avancé. Vous devez reconnaître que nous sommes tous à des niveaux différents. C'est là une chose que nous devons accepter sans ressentiment, sans jalousie, sans réaction émotionnelle.

      Nous sommes conditionnés par notre niveau d'évolution Nous sommes conditionnés par notre polarisation, mais dans le cadre de ces limites, nous devons nous efforcer d'être aussi objectifs que possible, et de laisser le soi, le petit soi, en dehors de notre activité.

 

 

L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

 

Dans cette série d'articles nous examinons les conditions fondamentales qui gouvernent le travail des groupes ésotériques. Benjamin Creme (BC) et son Maître ont consacré plus de quarante ans à informer le public de l'extériorisation de l'ashram des Maîtres. Comme ce travail est en bonne voie, il semble utile de revisiter les conditions présidant au bon fonctionnement des groupes de disciples, dont la vocation est de refléter une réalité intérieure dans le monde extérieur. Les auteurs de ces articles n'ont aucune expertise particulière: en compagnie du lecteur, ils explorent et examinent un ensemble d'idées et de comportements.

      La « Règle onze », donnée par le Maître Djwal Khul (DK) par l'entremise d'Alice Bailey, est la onzième d'une série de règles destinées aux disciples et aux aspirants. DK y présente les quatre conditions auxquelles les disciples appartenant au groupe d'un Maître doivent satisfaire pour parvenir à la fusion et à l'unité de groupe, préalablement à une initiation de groupe ultérieure. Ces conditions sont étudiées en détail par Benjamin Creme dans La mission de Maitreya, tome II (1\M2).

      Elles sont : a) l'établissement de relations non sentimentales ; b) l'utilisation constructive des forces de destruction ; c) la capacité à travailler en tant que hiérarchie miniature dans le respect du principe d'unité dans la diversité ; d) la culture de la puissance du silence è - occulte. (Les rayons et les initiations, [215])

 

Travailler en tant que mini-hiérarchie (3e partie)

compilation de Michiko Ishikawa

Cet article est la suite de l'entretien informel entre Benjamin Creme et des co-workers de Share International qui eut lieu à San Francisco en 1996, et dont les deux premières parties ont été publiées dans nos numéros de septembre et d'octobre 2018 sous

le titre : Travailler en tant que mini-hiérarchie.

 

Q. Vous avez dit que notre groupe est une Hiérarchie en miniature, mais nous n'en sommes pas conscients, et par conséquent nous ne travaillons pas efficacement en tant que groupe. Cela vient-il de la manière dont nous travaillons ? Nous accomplissons toujours les tâ­ches de la même manière, et les mêmes personnes accomplissent toujours les mêmes tâches. Nous nous laissons endormir par la rou­tine. Y a-t-il une autre façon de travailler qui favoriserait davantage notre progrès spirituel ?

BC. Je sais par expérience que dans les groupes, ce sont tou­jours les mêmes personnes qui font tout le travail, ou presque - quel que soit le travail. Plus les gens sont occupés dans la vie, plus ils assument de tâches. Si vous voulez être sûr qu'un travail soit fait, confiez-le à la personne la plus occupée. Cer­taines personnes ne font rien du tout. Leur relation à ce tra­vail est entièrement de l'ordre du mirage. Elles sont dans le groupe mais n'en font pas parties elles ne font rien pour le groupe et ne participent même pas aux méditations de trans­mission. Par conséquent, elles ne reçoivent pas les énergies, et sont de facto en dehors du groupe. Elles sont là à cause de leur relation avec moi - une relation qui relève du mirage. Ces personnes se rencontrent dans de nombreux groupes, peut-être dans tous. Et plus vite elles se reconnaîtront, plus vite elles feront quelques progrès dans leur évolution, et con­tribueront à la Réapparition.

 

Q. En ce qui concerne les personnes dont l'activité est incessante, vous avez dit que cette suractivité ne contribue pas nécessairement à leur évolution, à leur progrès spirituel. Pouvez-vous éclaircir ce point ?

BC. Chacun doit résoudre ce problème pour lui-même. Il ne s'agit pas d'être hyperactif, il s'agit d'une activité correcte. Un groupe fonctionne en relation avec le travail, et à travers les relations que ses membres entretiennent les uns avec les autres. Ils doivent agir avec bon sens, faire ce qu'ils peuvent, ce qui est dans la ligne de moindre résistance de leur groupe, tout en relevant les défis auxquels il peut être confronté. Mais lorsque vous sentez qu'une ligne d'action peut être sui­vie par le groupe, il faut accomplir le travail correspondant. Ces lignes d'action sont différentes d'un pays à l'autre.

Cependant, on trouve dans tous les groupes des gens dont le contact avec le groupe est d'ordre émotionnel au lieu d'être fonctionnel. C'est un autre problème : ces gens font peut-être partie du groupe ; ils ont peut-être été actifs à un certain moment. Mais ils ne sont plus unis à l'idée de la réap­parition du Christ. Ils y croient vaguement, mais elle ne les galvanise pas, elle ne motive pas leur action comme c'était peut-être le cas au début, parce qu'il s'agissait alors d'une réaction purement émotionnelle qu'il leur a été impossible d'entretenir. Une telle personne perd alors ces liens cohésifs avec le groupe, ne participe plus régulièrement aux réunions, ni aux méditations de transmission. Cela se produit partout dans le monde. C'est le mirage d'être associé à ce travail et chaque personne concernée doit le reconnaître comme tel. Dès qu'elles verront Maitreya, elles reviendront.

Tout vient de ce que ces personnes ne sont plus galvani­sées par l'idée magnétique du retour du Christ dans le monde. Elles ont perdu le contact avec cette idée galvanisante, ma­gnétique, qui maintient la cohésion du groupe à travers le monde - dans de nombreux pays il y a des groupes qui sont galvanisés par cette idée. Elle est magnétique. C'est une force qui les rassemble et rend possible l'initiation de groupe.

 

Qu'est ce qui nous freine dans l'évolution ?

 

Q. Ce qui me trouble, c'est qu'il y a actuellement dans le groupe des gens qui travaillent intelligemment et très activement, et j'entends dire que cela n'est bon ni pour eux-mêmes, ni pour le groupe.

BC. N'en faites pas une affaire personnelle Ne vous in­quiétez pas de cela.

 

Q. Je pensais que le service altruiste et la méditation étaient de bonnes bases pour nous maintenir dans la bonne direction.

BC. C'est tout à fait le cas.

 

Q. Pourtant, vous avez évoqué le cas d'une personne qui remplissait ces deux conditions et n'évoluait pas pour autant. Comment com­prendre cela 7

BC. Tout dépend de ce qui pousse les gens à agir. Certaines personnes travaillent dans un groupe, sont très actives - ou croient l'être -, s'efforcent d'être actives, ou font semblant de l'être, et pourtant elles n'évoluent pas. Elles croient en la Réapparition, travaillent - à leur manière - avec le groupe. Elles viennent à la méditation de transmission, ruminent pen­dant deux ou trois heures, puis rentrent chez elles. Elles ne font rien car tout ceci n'est que mirage. Elles agissent parce qu'elles se croient le centre de l'univers. Contrairement à ce qu'elles croient, elles ne travaillent pas pour le travail lui-même, ni pour servir le monde. Elles sont incapables d'être altruistes. Elles sont égotistes, travaillent pour elles-mêmes (c'est d'ailleurs le cas de beaucoup de gens), au lieu de tra­vailler sans préoccupations personnelles, de façon totalement altruiste, ce qui est une qualité de l'âme.

Les personnes qui ne s'impliquent pas réellement répondent à une impulsion de leur âme, mais ne répondent pas en tant qu'âmes. Elles répondent entièrement à partir de leur personnalité. Tout ce qu'elles font est conditionné par la no­tion que ce sont elles qui y contribuent. Elles font ceci. Elles vivent cela. Leur sens du « moi » est au centre de tout ce qu'elles font, et cela empêche toute évolution. C'est en fait le principal obstacle à notre évolution. De telles personnes ne perdent jamais le sentiment de leur égo séparé. Donc, elles n'évoluent pas malgré leur travail et leurs multiples activités. Si l'on ne perd pas ce « moi », on n'évolue pas. C'est aussi simple que cela.

 

Q. Vous faites ce travail parce que vous savez qu'il doit être fait et que vous voulez participer, mais votre vrai but est ce que vous dési­rez, c'est cela ? Je m'interroge sur la notion du mobile. On ne fait pas toujours ce travail parce qu'on est poussé par cette grande idée du service, mais seulement pour éviter que la tâche de certains co-workers ne soit trop lourde.

BC. C'est subtil. Il faut considérer chaque cas individuelle­ment. Je ne peux pas vous donner la formule qui dit : « Ça c'est du service, ça non ». Enfin, je vais quand même essayer. Chacun sait en lui-même si ce qu'il fait est impersonnel ou pas. Dans quelle mesure êtes-vous impliqué en tant que per­sonnalité séparée dans ce que vous faites ? Dans quelle me­sure faites-vous quelque chose pour vous sentir plus impor­tant, plus magistral, plus efficace, plus respecté ? Pour que les gens parlent de vous en ces termes : «Il avait bien raison, il n'a cessé de dire que le Christ était dans le monde. »

Ces attitudes utilisent l'idée de la Réapparition et la re­flète à travers le soi personnel, et pour le bénéfice de ce der­nier. C'est là que la personnalité anéantit l'intention, la motivation première du service. Le vrai service digne est totale­ment altruiste. S'il sert la personnalité, ce n'est pas du ser­vice, et il ne favorise pas l'évolution spirituelle.

 

Service et discipline

 

Q. Par exemple, lorsque nous allons à la méditation de transmis­sion, notre motivation n'est pas nécessairement de servir. Nous le faisons parfois parce que nous nous sommes imposé l'obligation de le faire. Cela rend-il la méditation moins efficace ?

BC. Vous ne le faites pas réellement pour servir le monde. Le service doit être volontairement impersonnel.

 

Q. Doit-on toujours avoir à l'esprit que nous faisons la méditation de transmission pour servir?

BC. C'est pourtant bien ce qui vous y conduit. C'est ce qui rend possible, acceptable, supportable, cette ennuyante médi­tation, heure après heure, alors qu'apparemment rien ne se passe, si ce n'est que vous vous sentez de plus en plus mal à l'aise sur votre chaise. C'est seulement le service qui vous permet de faire cela. Si c'est uniquement pour vous-mêmes, vous faites comme certains vous partez au bout d'une heure, allez discuter, fumez une cigarette...

Être disciple, c'est savoir se discipliner. Tel est le sens du mot disciple. Vous devez vous discipliner jusqu'à ne plus vous poser de question, cela devient instinctif. Vous êtes dans un groupe de méditation de transmission, donc vous restez assis jusqu'à ce que les énergies s'arrêtent - au bout d'une heure, deux heures, six heures, sept heures, selon le cas. C'est cela, la discipline. Vous répondez alors simplement en tant qu'âme, et non en tant qu'individu qui aime ou n'aime pas. Vous n'éprou­vez aucune préférence ou aversion au sujet de la qualité des énergies ou de la longueur des méditations. Vous devez seulement être capables de vous adapter à tout ce qui est pourvu. C'est une sorte d'adaptabilité humble et désintéressée à qui vous est apporté sur un plateau. Je ne vais pas demander à

Maitreya : « Combien d'heures cette méditation va-t-elle encore durer ? Ne pourriez-vous pas en finir au plus vite ? » J'éprouve moi-même parfois ce genre d'impatience. Mais il faut l'accepter. Un disciple ne s'appartient plus, il appartient monde. Tel est le service : prendre conscience que l'on ne s'appartient pas. Un disciple répond aux besoins du monde, aux besoins de la Hiérarchie en tant qu'agence de transformation du monde, et au don de service qu'elle fournit. Car il s'agit bien d'un don. C'est ainsi que vous devez considérer ce service, instinctivement, et non en le ruminant sans jamais oublier votre égo. N'en doutez jamais, de sorte que ça ne vous semble même pas être du service. C'est juste ce que vous faites ; c'est juste la routine de la vie du disciple.

 

Q. Comment travailler correctement en groupe, à la place que nous devons occuper, sans engendrer des sentiments négatifs de compétition chez les autres membres du groupe ?

BC. La Hiérarchie existe à travers le cosmos entier, et, naturellement, dans chaque groupe. Cela ne signifie pas que les différences d'évolution entre les membres soient considérables mais elles existent et doivent être reconnues au lieu de se dire,

« II ou elle s'en prend toujours à moi, ils ne m'aiment pas, ils essayent de me rabaisser. » II ne s'agit là que d'une réaction émotionnel de la personnalité induite par le mirage, et qui ne fait de bien à personne. Au contraire, il faut reconnaître qu'il doit bien y avoir une raison pour laquelle « chaque fois que je parle, un tel pas l'air d'accord. » Demandez-vous pourquoi d'autres écoutent cette personne. « Je crois qu'il ou elle a tort. Mais d'autres ont l’air de l'approuver. Il y a peut-être une raison à cela. »

Faites marcher votre intuition, devenez sensible à la dynamique du groupe, et rendez-vous compte que certains sont davantage polarisés mentalement, tandis que d'autres le sont davantage astralement. II faut commencer par là : vous acceptez votre place. Vous l'acceptez sans ressentiment, sans réaction émotionnelle : « Je ne vois pas pourquoi ils seraient plus importants que moi. Pourquoi faudrait-il toujours que j'écoute que dit un tel ? » C'est une question de degrés. Ces degrés sont une réalité. II ne vous vient pas à l'esprit de dire : « Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas un Maître. » Vous écoutez parce que ce qu'un tel dit vous paraît toujours sensé. Vous reconnaissez que cela provient d'un niveau que vous ne pouvez atteindre ordinairement. C'est ainsi que vous devez vous comporter.

Nous sommes conditionnés par notre niveau d'évolution, par notre polarisation, mais dans ces limites, nous devrions nous efforcer d'être le plus objectifs possible sans laisser la personnalité intervenir. Le petit soi n'a pas d'importance dans un groupe ésotérique, et pourtant chaque membre y attache beaucoup d'importance. Dans tous les groupes, les personnes les plus efficaces sont celles qui ne pensent jamais elles-mêmes, qui se contentent de s'acquitter du travail, de faire objectivement, de façon impersonnelle, juste parce qu’il faut le faire. Elles ne se demandent même pas qui le fait, pourquoi elles le font. Elles le font parce que c'est cela le travail. Telle est l'attitude que l'on devrait développer graduellement, ou le plus vite possible, à l'égard du travail.

 

Réagir aux critiques

 

Q. J'ai du mal à gérer les critiques au sein du groupe. Comment puis-je les accepter?

BC. Dans les groupes, les critiques sont destructives. Certai­nes personnes sont très critiques, d'autres croient que tout le monde l'est. Ces dernières se critiquent tellement elles-mê­mes et sont si susceptibles au niveau de leur personnalité qu'elles imaginent que tout le monde passe son temps à les critiquer. Tout ceci n'est que névrose, qu'il faudrait aban­donner le plus vite possible. Laissez tomber tous les mirages, car mirages et névroses sont synonymes. Les ésotéristes ap­pellent mirage ce que les psychologues nomment névrose. Plus vite vous vous en libérerez, plus vite vous vous considérez davantage de façon impersonnelle, mieux cela vau­dra. Quelle importance si l'on vous critique? Oubliez cela Ils n'en savent pas plus que vous. Quand bien même, laissez passer. Ne réagissez pas, ne vous identifiez pas avec le résul­tat de cette critique, car elle ne vous est probablement pas adressée. Elle s'adresse probablement à une attitude dans le groupe qui n'a rien à voir avec vous, sauf si vous vous identi­fiez à elle.

Lorsque vous vous identifiez à une critique, vous la re­connaissez en vous-même. C'est en fait de l'autocritique, mais cela peut vous apprendre beaucoup sur vous. Vous pou­vez découvrir en vous des mirages que vous n'aviez jamais identifiés comme tels. Ainsi vous reconnaissez que les criti­ques ne font qu'appuyer sur des fautes, des défauts ou des fai­blesses que vous reconnaissez en vous-même, et que vous-même critiquez. C'est quelque chose que tout le monde pour­rait faire. Personne n'aime être critiqué, mais lorsque vous réagissez à une critique, c'est seulement parce que vous vous l'êtes déjà adressée. Bien sûr, si vous savez que la critique est totalement injustifiée, il vous suffit de vous dire : « C'est faux. Je ne suis pas comme cela. » Mais lorsque vous savez qu'elle est juste, c'est que vous aviez déjà reconnu en vous ce défaut ou cette faiblesse, et que vous vous critiquez depuis des années à cause de cela. Si vous réagissez aux critiques, c'est parce qu'elles sont justes, et non le contraire. C'est important de re­connaître cela.

 
 
 
 
 

Dossier - L'évolution des groupes

 

dans l'ère du Verseau

Dans cette série d'articles nous examinons les conditions fondamentales qui gouvernent le travail des groupes ésotériques. Benjamin Creme (BC) et son Maître ont consacré plus de quarante ans à informer le public de l'extériorisation de l'ashram des Maîtres. Comme ce travail est en bonne voie, il semble utile de revisiter les conditions présidant au bon fonctionnement des groupes de disciples, dont la vocation est de refléter une réalité intérieure dans le monde extérieur.

La « Règle Onze », donnée par le Maître Djwal Khul (DK) par l'entremise d'Alice Bailey, est la onzième d'une série de règles destinées aux disciples et aux aspirants. DK y présente les quatre conditions auxquelles les disciples appartenant au groupe d'un Maître doivent satisfaire pour parvenir à la fusion et à l'unité de groupe, préalablement à une initiation de groupe ultérieure. Ces conditions sont étudiées en détail par Benjamin Creme dans La Mission de Maitreya, tome II (MM2).

Elles sont : a) l'établissement de relations non sentimentales ; b) l'utilisation constructive des forces de destruction ; c) la capacité à travailler en tant que hiérarchie miniature dans le respect du principe d'unité dans la diversité; d) la culture de la puissance du silence occulte. (Les Rayons et les Initiations, Alice Bailey, p. 215)

 

La Règle du silence occulte (1e partie)

par Carmen Font

 

L'initié apprend à maintenir le mécanisme de sa pensée en un cer­tain état d'efficacité. Ses pensées ne se mêlent pas les unes aux autres, mais sont contenues dans des compartiments séparés (si je puis employer cette formule imagée) ou soigneusement classées afin qu'il puisse s'y reporter plus tard (Maître DK : Les Rayons et les Initiations p. 173).

A notre époque où la voix du peuple se fait entendre dans la plupart des domaines de la vie publique, d'où les individus revendiquent le droit de briser le silence entourant toutes sor­tes d'abus et d'injustices, les communautés font l'expérience du pouvoir transformateur de la vérité. En même temps, trop de rumeurs inondent les médias sociaux avides de recueillir l'avis immédiat de tout un chacun, ce qui nous oblige à navi­guer sur un flot incessant d'informations souvent biaisées par des intérêts partisans. Séparer les faits des opinions et des re­vendications, tout en prenant du recul par rapport à tant de stimuli verbaux ou visuels, s'apparente souvent à une mis­sion impossible.

      Pourtant, l'absence de son n'est pas synonyme de silence. Du moins, pas dans une perspective ésotérique. Selon la Règle n° XI énoncée par Alice Bailey dans Les Rayons et les Initia­tions, l'une des conditions nécessaires à la fusion et à l'unité d'un groupe placé sous l'autorité d'un Maître est de « cultiver la puissance du silence occulte », sans oublier toutefois que le silence n'est pas nécessairement l'absence de parole - même si, dans le passé, maints ordres monastiques et groupes spirituels ont fait vœu de silence afin de s'isoler, de pratiquer une forme de dis­cipline personnelle, d'entrer en contact avec Dieu, ou de facili­ter l'introspection en tant que forme de méditation.

      Le Maître DK, par l'entremise d'A. Bailey, a indiqué une signification plus dynamique et plus profonde du silence - tout comme de la parole. Car le disciple individuel, à la fois en tant que participant au monde moderne et en tant que membre du groupe d'un Maître, est entraîné à utiliser consciemment les paroles capables de transformer notre réalité spirituelle et phy­sique. Se taire et parler ne sont pas synonymes de silence et pa­role occultes. Nous pouvons certes communiquer dans le but spécifique d'instruire, informer, révéler, clarifier, persuader, embrouiller ou manipuler. Mais la parole occulte vise au con­traire à stimuler l'aspect le plus élevé de chacun, à transformer la vie du disciple et le travail de groupe afin de réaliser un ob­jectif spirituel. Dans les deux cas, les mots et les moyens de communiquer peuvent être identiques, même si la conscience de leur objectif peut varier. Et, dans les deux cas, les paroles - écrites ou parlées - engendrent l'action, puisque l'énergie suit la pensée. Comme l'explique Benjamin Creme dans La Mission de Maitreya, tome II, le silence occulte n'a rien à voir avec se retenir de parler : « Le silence occulte n'a rien à voir avec le fait de ne pas parler. Il peut nécessiter de se retenir de parler, mais il peut tout aussi bien impliquer de devoir parler (p.643). » Cette capacité d'utiliser les deux, la parole et le silence, doit résulter d'une compréhension très profonde de la relation entre pensée, pa­role et action justes.

 

Penser n'est pas rêver

 

Le silence occulte concerne la pensée, et pas seulement la parole. En effet, « la parole est le résultat d'un débordement, d'une précipitation sur le plan physique, d'un réservoir de pensées et d'idées, qui débordent et s'expriment en paroles » (MMII, p.643). Ainsi, le disciple se doit de générer et d'utiliser ses pensées avec pru­dence. Ilrie s'agit pas tellement d'exercer un contrôle sévère sur nos pensées, mais plutôt, comme l'explique Benjamin Creme, de classer nos pensées dans des catégories et de savoir quand il est bon de se servir de certains raisonnements. Nous agissons souvent ainsi dans notre vie quotidienne. Nous n'abordons pas certains sujets avec les enfants, par exemple, ni ne révélons notre vie intime à nos collègues de travail. Mais en occultisme, la convenance et la compartimentalisation des pensées dépassent de loin le bon sens, la réserve ou la poli­tesse. Comme l'indique le Maître DK, la « discrétion occulte » nous permet de penser, d'agir et de parler librement, mais avec sagesse, dans tous les domaines de la vie, tant au sein des acti­vités les plus banales comme l'exécution des tâches ménagères, que dans le travail au sein d'un groupe spirituel.

      Pour parvenir à cette nécessaire discrétion occulte, nous de­vons nous abstenir de certaines catégories de pensées, dont la plus nocive est la rêverie. Benjamin Creme définit cette dernière comme l'« utilisation erronée de la pensée » (MMII, p.644), l'exacte opposé du silence occulte et l'usage malsain de l'ima­gination créatrice. Utiliser les forces de l'imagination créatrice pour créer des idées et les réaliser est une faculté éminemment précieuse. Mais le mauvais usage de ces formes-pensées colore souvent le plan astral et brouille nos facultés mentales, nous amenant à teinter de mirages l'expression de nos idées. Si nos pensées ne sont pas claires, notre capacité à les exprimer sera déficiente et même contreproductive, et nous ne saurons pas davantage ni quand ni à qui les communiquer.

      L'action de diriger la juste quantité d'énergie vers sa pen­sée, ou de la réduire au silence si nécessaire, est accomplie par un processus de substitution. Au lieu de vous laisser emporter par la rêverie, vous devez refuser l'entrée de certaines lignes de pensées en n'en suivant pas le ifi dès que vous réalisez qu'elles ne sont pas compatibles avec vos objectifs (MMII, p.644). Comme l'énergie suit la pensée, lorsque les idées inappro­priées sont écartées, les processus mentaux désirables prennent leur place, et les catégories de pensée ne se mélangent pas. Telle est l'essence du silence occulte : « Garder ces différents do­maines de pensée, ainsi que les idées relatives aux différents domaines de vie et de travail, dans des compartiments séparés d'où vous pouvez entrer et sortir à volonté (MMII p.645).»

      Toutefois, déterminer ce qui est approprié ou compatible avec telle ou telle ligne d'action n'en demeure pas moins dif­ficile. Nous pouvons nous convaincre à tort que telle ou telle ligne de pensée est correcte et désirable. Dans ce domaine, il n'y a ni règle, ni astuce pour distinguer des autres celle qui est correcte. Alice Bailey nous invite cependant à réfléchir au pouvoir magnétique de la parole. Très souvent, garder le si­lence est interprété comme un signe de lâcheté ou d'igno­rance, ce qui est d'ailleurs parfois le cas.

      A d'autres moments, le silence est imposé, soit par des ré­gimes autoritaires, soit par soi-même dans des contextes où d'autres imposent abusivement leur domination, nous con­duisant ainsi à l'autocensure et à la répression de nos propres idées. Le silence provient alors de la peur ou du respect du statu quo, qui inhibent la génération ou l'expression des pen­sées. Toutefois, même dans ces circonstances extrêmes où il est obligé de garder le silence - et il peut être raisonnable de le faire un certain temps - l'individu conserve la possibilité de faire un usage correct de ses formes-pensées. Benjamin Creme souligne donc ainsi que le silence concerne moins la parole que la capacité à engendrer et utiliser les pensées à bon escient, ce qui dépend exclusivement de chaque individu.

 

Le mur de silence de la personnalité

 

Lorsqu'une personne parle, explique Alice Bailey, « elle attire magnétiquement dans son aura immédiate une matière et, volontairement ou non, cette personne influence certaines unités vi­tales réactives dans les corps de ses semblables ». (revue The Beacon). Ainsi, les vies déviques (qui constituent l'énergie vi­tale et la matière de nos véhicules physiques, émotionnels et mentaux) réagissent aux pensées, puisque les idées sont créées à partir d'une modélisation des formes matérielles.

      Nous ne considérons presque jamais que les paroles produi­sent de tels effets. Pourtant, cette attraction magnétique est le fondement même de la discrétion occulte, car nous réagissons moins au sens des mots entendus qu'à leur qualité, leur inten­tion et leur source. Proviennent-ils de la personnalité? Sont-ils largement colorés par elle ? Est-ce qu'amener telle idée attirera indûment l'attention sur moi, ce qui est toujours inapproprié? Ou bien cette idée provoquera-t-elle des réactions opposées, porteuses d'incompréhensions et de conflits ? Dans tous ces cas, le silence est préférable. En effet, tout ce qui attire l'atten­tion sur sa propre personnalité - désirs, souhaits, opinions, re­vendications - crée une réaction en chaîne dans les personnali­tés des tous les autres membres du groupe, qui peut aller jus­qu'à la dévotion ou au rejet total et causer de la séparation dans le groupe. Evidemment, si ces désirs, ces opinions ou ces re­vendications coïncident au niveau de la personnalité, il n'y aura pas de conflit, mais, dans ce cas, l'action du groupe peut se trouver entravée par les limitations inhérentes à ces personnalités. Pour toutes ces raisons, le Maître DK nous conseille d'ériger un « mur de silence de la personnalité » et de ne parler que lorsque nos paroles servent les buts du groupe, ce qui se produit au mieux lorsqu'elles

« stimulent l'aspect le plus élevé en chaque homme. » (revue The Beacon)

      Nous avons tendance à croire que le discours puissant résulte d'idées vraies et bien exprimées. Mais ce n'est pas tout. Chacun réagit aussi à la source de ces idées, et aura tendance à considérer ces dernières comme véridiques, pertinentes fortes dans la mesure où elles seront exprimées sans motivation personnelle. Bien sûr, il n'est pas interdit de transmettre ses idées sous une forme correspondant à sa personnalité, certains sont plus descriptifs que d'autres, ou tendent à donner plus d'importance aux détails, tandis que certains font preuve d'humour, et que d'autres sont économes en mots. Mais quels que soient le caractère et le mode d'expression, les auditeurs seront attirés magnétiquement par la substance de ces pensées. Très souvent, les auditeurs de Benjamin Creme ressentaient une impression de profonde vérité : « Je ne sais pas pourquoi, mais je sais qu'il disait la vérité », assuraient-ils, ils réagissaient ainsi à la présence et au message magnifiques de Maitreya parce que Benjamin Creme tenait ces idées d'une source plus élevée et les communiquait sans attachement personnel, pleinement conscient qu'ainsi elles n'engendreraient chez l'auditoire aucune réaction hostile, du moins « au moment de leur énonciation ».

      Les paroles sages, si elles sont impersonnelles, sèment des graines d'union et d'amour. Après une conférence, chacun peut réagir à ces informations de différentes manières, selon sa propre personnalité et son propre conditionnement mental. Ces réactions sont inévitables et ne dépendent pas de l'orateur ; elles dépendent seulement du libre arbitre de l'auditeur. Et même dans les cas de réactions virulentes contre le message de Benjamin Creme, la bonne graine a été plantée et pourra ensuite germer à mesure que l'individu progressera sur le chemin particulier de sa vie. Une idée impersonnelle et aussi proche que possible de la Vérité divine pénètre donc jusqu'au cœur et jusqu'à la conscience du sceptique le plus endurci et produit immédiatement en lui un effet séminal, quelle que puisse être la réaction extérieure superficielle de sa personnalité, à ce moment-là ou après.

      Par contre, un message motivé par un objectif personnel produira aucune impression d'unité et d'authenticité. Le conseil le plus utile à adresser à ceux qui parlent à d'autres de la présence de Maitreya, ou qui donnent des conférences à sujet, c'est donc de toujours parler sans motivations et prétentions personnelles, ce qui permet à la puissance magnétique des pensées transmises d'être au centre de l'attention sans être parasitée par l'un ou l'autre des aspects d'une personne. Telle est la puissance du silence occulte.

 

Références

Alice A. Bailey : L 'État de Disciple dans le Nouvel Age, Tome I (Lucis Trust) p.282 ; Les Rayons et les Initiations (Lucis Trust ) ; Revue The Beacon, mars 1926 (Lucis Trust) ; Le Retour Christ (Lucis Trust).

Benjamin Creme: La Mission de Maitreya, Tome II, Partage Publication, 2004.

 

Le prochain article de cette série continuera à examiner écrits de Benjamin Creme concernant le silence occulte, est nécessaire pour parvenir à l'unité de groupe.

 

 

Dossier - L'évolution des groupes

dans l'ère du Verseau

 

Dans cette série d'articles nous examinons les conditions fondamentales qui gouvernent le travail des groupes ésotériques. Benjamin Creme (BC) et son Maître ont consacré plus de quarante ans à informer le public de l'extériorisation de l'ashram des Maîtres. Comme ce travail est en bonne voie, il semble utile de revisiter les conditions présidant au bon fonctionnement des groupes de disciples, dont la vocation est de refléter une réalité intérieure dans le monde extérieur.

La « Règle Onze », donnée par le Maître Djwal Khul (DK) par l'entremise d'Alice Bailey, est la onzième d'une série de règles destinées aux disciples et aux aspirants. DK y présente les quatre conditions auxquelles les disciples appartenant au groupe d'un Maître doivent satisfaire pour parvenir à la fusion et à l'unité de groupe, préalablement à une initiation de groupe ultérieure. Ces conditions sont étudiées en détail par Benjamin Creme dans La Mission de Maitreya, tome II (MM).

Elles sont a) l'établissement de relations non sentimentales ; b) l'utilisation constructive des forces de destruction ; c) la capacité à travailler en tant que hiérarchie miniature dans le respect du principe d'unité dans la diversité; d) la culture de la puissance du silence occulte. (Les Rayons et les Initiations, Alice Bailey, p. 215)

 

La Règle du silence occulte (2e partie)

par Carmen Font

 

La première partie de cet article, publiée dans le numéro de décembre de Partage international, analysait le concept de si­lence occulte en tant que condition requise pour l'initiation de groupe en traitant en profondeur de l'un de ses aspects l'attraction magnétique. Etaient également abordées les no­tions d'utilisation erronée de la pensée (par la rêverie) et le besoin de classer ses pensées dans des compartiments dis­tincts. Dans cette deuxième partie, nous allons aborder trois autres aspects afin de compléter notre compréhension de cette pratique du silence occulte.

      La « retenue ésotérique » est le second aspect du silence occulte que Maître Djwal Khul (DK) aborde dans un grand nombre des oeuvres qu'il a dictées à Alice Bailey. En effet, le disciple se doit de cultiver cette réserve pour éviter que cer­taines connaissances ne soient communiquées à des person­nes non averties, curieuses, sans scrupules ou non préparées (Il s'agit de la discrétion occulte dont parle Alice Bailey dans la revue The Beacon, 1926). Mais apprendre à ne dire que ce qui peut être connu et compris n'est peut-être pas si facile : d'or­dinaire, nous travaillons à partir « de notre mental inférieur, de notre imagination, nos désirs astraux et nos pensées non abouties », si bien que nous nous identifions aux formes que nous-mêmes créons, et aux formes-pensées imparfaites (ou immatures) que nous visualisons. En conséquence, nous avons tendance à croire que ce qui est bon ou compréhensible pour nous l'est aussi pour les autres, et à leur asséner nos idées et nos paro­les. Il convient donc d'apprendre à nous détacher de nos pro­pres idées et concepts pour éviter de tirer des conclusions hâ­tives ou subjectives. Cela développe cette sorte de retenue qui mène vers l'habitude de la discrétion occulte.

      A de nombreuses reprises, le Maître DK nous explique pourquoi il nous faut cultiver notre propre silence, qui est l'un des aspects de la retenue occulte. Par exemple, indique-t-il, le silence « développe chez le disciple la connaissance des mo­biles, car il l'oblige à considérer les raisons de parler et celles de se taire. » Cette habitude de silence occulte est proche de la prati­que mystique traditionnelle du « voeu de silence » comparables à ceux des communautés monastiques, qui considèrent que se couper des préoccupations profanes renforce le sentiment de lien avec le divin et purifie les buts et émotions égoïstes. Bien que ce type de pratique silencieuse ne soit pas ce que les Maî­tres recommandent pour un disciple moderne, il n'en reste pas moins que trop parler nous détourne du recueillement parfois indispensable pour « recontacter » notre espace inté­rieur afin de faire émerger une compréhension intuitive des mobiles, des causes et des effets. Ainsi, la pratique du silence développe en chacun l'état de méditation intérieure et la capa­cité d'en entendre la voix (The Beacon).

      La méditation de transmission aide également à ce proces­sus, car la focalisation sur le centre ajna contribue, avec le ser­vice, à la création de l'Antahkarana, ce canal invisible de lu­mière reliant le cerveau physique à l'âme. Benjamin Creme a expliqué qu'au moyen de ce pont tissé de trois fils d'énergie (Volonté, Amour-Sagesse, Intelligence), l'âme « s'empare progressivement de son véhicule et l'aligne jusqu'à ce que soit complète la fusion entre elle-même et la personnalité - et cer­tes le silence joue un rôle dans ce processus. « L'âme construit l'anthahkarana vers le bas, lorsque l'individu commence à méditer. De plus, par la méditation et l'aspiration, l'individu le construit éga­lement vers le haut, en direction de l'âme. Ce processus a lieu dans les deux sens. » (La Mission de Maitreya, Volume II, p. 399).

 

Silence et méditation

 

Par le recueillement, la concentration et le calme, les parti­cipants aux méditations de transmission se prêtent à la récep­tion d'énergies qui seront bénéfiques pour le monde, tout en les transformant eux-mêmes d'une manière subtile mais puis­sante. Le sentiment d'unité du groupe s'en trouve renforcé. Similairement, la tension spirituelle, résultant de l'influx des énergies envoyées et reçues au cours du processus de construc­tion de l'antahkarana, se communique également aux partici­pants et les rend de plus en plus conscients de leur vie inté­rieure et extérieure. Nous méditons en silence, avec une atten­tion élevée et concentrée, et ce silence n'est pas seulement une absence de mots : il exige du méditant qu'il se garde de toute rêverie et qu'il filtre le bruit des pensées et des sentiments qui passent. Ainsi, le méditant apprend à « conserver son énergie et à accumuler de la force pour k service de l'humanité. » (The Beacon). En d'autres termes, les participants comprennent de mieux en mieux la relation entre pensées, paroles et actions « correc­tes », ce qui constitue la condition indispensable, selon Benja­min Creme, à la juste utilisation du silence et de la parole, et, surtout, de la pensée et de l'imagination créatrice - lesquelles forment la pierre angulaire du silence occulte.

      L'expérience du silence n'est pas seulement une habitude, ni seulement la capacité à contrôler ses propres pensées à leur source. C'est aussi une expérience de l'Etre. Car il ne suffit pas que le disciple entraîné soit capable de s'exprimer de façon im­personnelle, en sachant quand il est juste de parler et quand il est juste de se taire : ses paroles ne seront pas parfaitement ma­gnétiques si elles ne contiennent pas « l'énergie du vécu authen­tique », comme le dit Benjamin Creme (L'Eveil de l'Humanité, p. 51). En effet, si l'on tente de communiquer à un auditoire une vérité spirituelle telle que les enseignements de Maitreya, l'Instructeur mondial, « ces enseignements n'auront de sens pour les autres que s'ils sont vivants, et pour qu'ils le soient, il faut qu'ils fassent partie de votre expérience personnelle, qu'ils ne soient pas seu­lement une expérience livresque. S'ils ont vraiment eu un impact sur votre vie, s'ils l'ont transformée, alors vous pourrez en parler, les faire vivre et leur donner réalité en les partageant avec les autres. Sinon, c'est impossible. » (L 'Eveil de l'Humanité, p. 51) C'est là une di­mension intéressante du silence occulte : il implique d'utiliser correctement la pensée et d'éviter la rêverie, donc de ne créer que des formes-pensées et des idées réellement expérimentées. Sinon elles manqueront de substance vivante et ne seront qu'une sorte de rêverie intellectuelle, une concoction de rai­sonnements abstraits. Essayer de transmettre des idées qui ne sont pas partie intégrante de notre expérience vivante implique que l'on s'exprime à partir de la personnalité - ce qui doit être rigoureusement évité si l'on veut cultiver le silence occulte propice à l'union de groupe, comme nous l'avons vu dans la première partie de cet article.

 

Paroles et Karma

 

Une dernière caractéristique de la nature et de la pratique du silence occulte - et une impérieuse raison de le cultiver -' c'est que les paroles ou les écrits engendrent inévitablement du karma, ils activent des schémas qui devront parfois être réso­lus. L'ancien proverbe connu dans bien des pays selon lequel « Il ne faut jamais faire de promesses inconsidérées » illustre bien cela. Souvent, nous nous exprimons sous la pression de l'ins­tant, par exemple pour apaiser les inquiétudes de certaines per­sonnes, ou bien notre propre sentiment d'impuissance. Ainsi, notre énergie se gaspille dans nos paroles car nous ne prati­quons pas alors l'honnêteté du mental, c'est-à-dire que nos pensées, paroles et actions ne sont pas alignées. C'est un exem­ple d'utilisation erronée de la parole dont la source, émotion­nelle dans ce cas, influence notre personnalité en lui faisant croire à tort qu'il est approprié de parler. Notre mental infé­rieur s'empresse ensuite de rationaliser cette apparente néces­sité de parler en créant une pensée qu'il place dans un mauvais « compartiment ». Il ne faut pas oublier que, selon Benjamin Creme (voir article précédent), l'essence du silence occulte consiste à « garder ces différents domaines de pensée, ainsi que les idées relatives aux différents domaines de vie et de travail, dans des compartiments séparés d'où vous pouvez entrer et sortir à volonté. » (Mission de Maitreya, tome II, p. 636). Ainsi, dans l'exemple précédent, même si mon désir d'aider mon interlocuteur est approprié, la forme-pensée correspondante n'est pas placée dans le bon compartiment si je ne suis pas certain de pouvoir aider cette personne. En conséquence, mes paroles risquent de déclencher de faux espoirs et des réactions hostiles de sa part, ce qu'un disciple devrait éviter.

      Ainsi, selon Maître DK, si mes paroles sont irresponsa­bles ou inadéquates, si elles sont contraignantes ou manquent d'authenticité, une certaine mesure de karma se trouve géné­rée, qu'il faudra résoudre tôt ou tard. Le cas contraire peut également se produire : garder le silence pour des raisons de la personnalité (peur, indolence...) au moment où parler de façon non-intrusive et vivante serait responsable et oppor­tun : cela aussi engendre un enchaînement karmique qu'il faudra résoudre.

      Dans ces conditions, nous pourrions trouver qu'il est à la fois trop difficile de garder le silence et trop dangereux de parler ! Nous pourrions être tentés de trouver refuge dans les réseaux sociaux, qui donnent à des millions de gens le senti­ment d'appartenir à une communauté tout en défendant ce qui leur paraît juste. II n'y a pas de mal à cela, si l'on n'of­fense personne. Toutefois, la puissance du silence occulte contribue à une réelle union au sein des groupes qui dépasse de loin un simple sentiment d'appartenance : il s'agit alors d'un sentiment d'être. Cultiver le silence occulte, c'est entrer dans un processus dynamique de paroles et de retenue combi­nées qui complète l'entraînement des disciples, car il con­cerne la formation des pensées et le détachement par rapport aux réactions de la personnalité.

 

Si l'on tente de communiquer à un auditoire une vérité spirituelle telle que les enseignements de Maitreya, l'instructeur mondial, ces enseignements n'auront de sens pour les autres que s'ils sont vivants, et pour qu'ils le soient, il faut qu'ils fassent partie de votre expérience personnelle. » (L'EveiI de l'Humanité)

 

      Les Maîtres pratiquent également le silence occulte dans leurs relations avec l'humanité. « Leurs paroles s'adressent à ceux qui viennent et qui les ont cherchés par besoin, poussés par un be­soin sincère, écrit Alice Bailey. Ils parlent à leur propre peuple. » (The Beacon). Certains peuvent trouver cette manière de pro­céder un peu trop « exclusive » ; en réalité, elle témoigne du respect absolu des Maîtres à l'égard du libre arbitre de l'hu­manié. Jamais ils ne nous imposeraient un message ou des actions que nous n'aurions pas recherchés ou demandés au préalable. C'est pourquoi leurs paroles inspirent les disciples à oeuvrer sur le plan physique à la réalisation du Plan d'évo­lution. Nous devrions nous en souvenir dans nos relations avec nos frères humains.

      A la suite de cette série d'articles sur les quatre conditions requises pour parvenir à l'initiation de groupe - à savoir l'établissement de relations non sentimentales, l'utilisation constructive des forces de destruction, la capacité à travailler en tant que hiérarchie miniature, et la culture de la puissance du silence occulte -' cette dernière condition apparaît comme un défi difficile. Dans un sens, cependant, il est moins diffi­cile à relever que les trois autres, car il dépend largement de la discipline personnelle de chacun, et moins des interrela­tions dans le groupe - tout en exerçant une puissante in­fluence sur l'unité du groupe et sur la transformation de notre monde, ce qui est tout aussi important.

 

Références:

Alice A. Bailey : L'État de Disciple dans le Nouvel Age, Tome I (Lucis Trust) ; Les Rayons et les Initiations (Lucis Trust) ; Re­vue The Beacon, mars 1926 (Lucis Trust) ; Le Retour du Christ (Lucis Trust)

Benjamin Creme : La Mission de Maitreya, Tome II, Partage Publication, 2017 ; L'Eveil de l'Humanité, Partage Publication, 2010.

 

     

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