Articles de novembre 2021

« Combien de temps allons-nous les regarder mourir ? » 

Des leaders mondiaux du mouvement des jeunes en faveur du climat se sont réunis à Milan, en Italie, lors du sommet pré-COP26 pour appeler les dirigeants à agir pour sauvegarder la planète. A l’approche de la COP26, deux des voix les plus éminentes du mouvement international de lutte contre la crise climatique ont prononcé des discours puissants et émouvants : l’Ougandaise, Vanessa Nakate et la Suédoise Greta Thunberg.

     Vanessa Nakate a fondé le mouvement Rise Up (se soulever) pour encourager les jeunes militants africains et leur offrir une tribune pour leurs campagnes.

Voici quelques extraits de son discours :

« Ces dernières années, j’ai vu de plus en plus comment la crise climatique affecte le continent africain. Ce qui est ironique étant donné que l’Afrique est le plus faible émetteur de CO2 de tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. […]

     De nombreux Africains meurent, tandis que nombre d’autres perdent leurs moyens de subsistance. Je n’entends presque jamais les dirigeants parler de pertes et préjudices. Pour beaucoup d’entre nous, réduire et éviter ne suffit pas. On ne peut pas s’adapter à des cultures perdues, ni à des traditions perdues, ni à une histoire perdue, ni à la famine. On ne peut pas s’adapter à l’extinction. »

     

 

 

 

V. Nakate a évoqué le lourd tribut causé par les retards dans l’action climatique et a demandé combien de temps le monde allait attendre pour agir. Elle a fait référence à un rapport de l’Onu sur la catastrophe qui se déroule à Madagascar : une famine provoquée par le changement climatique et une sécheresse qui dure depuis quatre ans.

« Combien de temps allons-nous les regarder mourir de soif pendant les sécheresses ? Et se noyer dans les inondations ? Quel est l’état d’esprit des dirigeants qui ont regardé cela se produire et ont permis que cela continue ? Nos dirigeants sont désemparés et la planète est en péril.

      Pourquoi est-il si facile pour les dirigeants d’ouvrir de nouvelles centrales à charbon, de construire des oléoducs et extraire les gaz de schistes, qui détruisent notre planète et nuisent à leurs enfants et à leur avenir ?

Finies les vaines promesses vides, les sommets vides, les colloques vides. Il est temps d’agir. C’est l’heure, c’est l’heure, c’est l’heure. Et n’oubliez pas de tenir compte des personnes et des lieux les plus touchés. »

 

Points forts du discours de Greta Thunberg :

     « Le changement climatique n’est pas seulement une menace, c’est surtout une opportunité de créer une planète plus saine, plus verte et plus propre qui profitera à chacun d’entre nous. Nous devons saisir cette opportunité.

Bla Bla Bla… C’est tout ce que nous entendons de la part de nos soi-disant dirigeants, des mots. Des mots qui sonnent bien, mais qui n’ont mené à aucune action. Nos espoirs et nos rêves noyés dans leurs mots et leurs promesses creuses.

     La crise climatique n’est bien sûr que le symptôme d’une crise bien plus vaste. Une crise fondée sur l’idée que certaines personnes valent plus que d’autres, et ont donc le droit d’exploiter et de voler les terres et les ressources d’autres personnes. Il est très naïf de croire que nous pouvons résoudre cette crise sans s’attaquer aux racines. La non-action intentionnelle de nos dirigeants est une trahison. Les dirigeants ne peuvent pas prétendre qu’ils essaient, car il est clair qu’ils ne font rien. »

     G. Thunberg a insisté sur le fait que le pouvoir d’agir et d’exiger le changement appartient au peuple, bien que le monde attende que les dirigeants « joignent le geste à la parole. » Elle a terminé son discours en disant : « Nous pouvons le faire, je suis absolument convaincue que nous le pouvons, mais cela commence par le peuple. […] Cela commence par des actions, et cela commence maintenant.

     Nous ne pouvons plus laisser les dirigeants décider de ce qu’est l’espoir. L’espoir n’est pas passif. L’espoir n’est pas « bla bla bla ». L’espoir, c’est dire la vérité. L’espoir, c’est agir. Et l’espoir vient toujours du peuple. »

Source : globalcitizen.org ; pbs.org

 

Photo Paul Wamala Ssegujja ; wikipedia.org, CC4Vanessa Nakate

Jeanne d’Arc, une mission spirituelle 

 

par Dominique Abdelnour,

     Jeanne d’Arc (1412-1431) est une des rares personnalités du Moyen Age dont la vie est très bien documentée. Cela grâce notamment au procès de Rouen dont les minutes transcrivent ses paroles, et au procès en réhabilitation où de nombreuses personnes de son enfance, ses compagnons d’arme, sont venus témoigner. Tous ces documents écrits ont traversé les siècles, ont été étudiés et confrontés par des historiens. Les nombreux témoignages de l’époque attestent de son rôle et du soutien fervent dont elle a bénéficié.

     Jeanne d’Arc intervint à un moment clef de l’histoire de France, la fin de la guerre de Cent Ans avec l’Angleterre, la fin de la féodalité et du Moyen Age. Son intervention pour libérer Orléans et sacrer le roi Charles VII fut un facteur déterminant pour forger le royaume de France.

Le contexte historique

     Au Moyen Age, la notion d’Etat, de nation n’existait pas, les pays changeaient de périmètre au gré des conquêtes, des mariages et des successions. En 843, l’empire de Charlemagne fut partagé entre ses trois petits-fils et la Francie occidentale créée. Dans la seconde moitié du Moyen Age, les royaumes de France et d’Angleterre étaient inextricablement liés1. En 1066, le duc Guillaume de Normandie envahit l’Angleterre. En 1152, Aliénor d’Aquitaine se remaria avec Henri Plantagenêt, issu d’une famille d’Anjou, futur roi d’Angleterre Henri II, et lui apporta le duché d’Aquitaine. S’ensuivirent une série de redécoupages et de guerres dont la plus célèbre est la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453.

     En 1420, le traité de Troyes, soutenu par l’Université de Paris et l’évêque Cauchon, établit la « double monarchie » : le roi d’Angleterre fut aussi déclaré roi de France et le dauphin, fils de Charles VI (le futur Charles VII), fut évincé.

En 1429, lorsque Jeanne d’Arc intervint, la France était coupée en deux, la domination anglaise et de ses alliés bourguignons s’étendait au Nord de la Loire et au sud sur l’Aquitaine. Le reste de la moitié sud de la France était fidèle au roi Charles VII.

     En cette fin de Moyen Age, guerres, famines et épidémies décimaient la population. Les soldats nommés les « écorcheurs » parcouraient le pays en pillant et rançonnant la population.

Jeanne d’Arc et ses voix*

     Jeanne naquit en janvier 1412, à Domrémy, en Lorraine, village fidèle au dauphin en territoire bourguignon, d’une famille de paysans assez aisés. Au procès, elle déclara que sa principale occupation était de filer la laine, quelquefois elle gardait les bêtes. Elle était extrêmement pieuse, bonne et appréciée de ses compagnes. A partir de l’âge de 13 ans, elle entendit « ses voix », et n’en parla à personne.

     Ensuite ses voix lui dirent d’aller à Vaucouleurs rencontrer Robert de Baudricourt qui la conduirait au dauphin, pour libérer la France. Elle s’y rendit pour la première fois en mai 1428, elle avait alors 16 ans. « Son Seigneur, le Roi du Ciel voulait que le Dauphin soit fait Roi. » (RPP p. 34).

     A la 3e tentative, Baudricourt    finit par se laisser convaincre, lui donna une épée et un cheval et la fit escorter vers le roi qui résidait à Chinon. « La voix m’avait promis que, aussitôt que je serais venue vers le roi, lui-même me recevrait. » (RPP p. 49, C51-52).

     Après une chevauchée de 500 km en dix jours, Jeanne arriva à Chinon le 23 février 1429, fut amenée au roi et le reconnut parmi de nombreux chevaliers. Elle affirma être mandée par le Roi des Cieux pour lever le siège d’Orléans, faire couronner et sacrer le roi à Reims. Charles VII reçut Jeanne, ils échangèrent sur un secret que lui seul connaissait. Le roi la fit examiner pendant trois semaines par le clergé à Poitiers. L’église conclut ne rien voir en elle de contraire à la foi catholique et que le roi pouvait s’aider d’elle.

     Elle fit alors quatre prédictions qui se réalisèrent, certaines après sa mort : « Orléans sera libérée des Anglais, le roi sera sacré à Reims, Paris reviendra au roi, le duc d’Orléans sera libéré et reviendra d’Angleterre où il est prisonnier. » (RPP p. 61, R107-109).

     Dès le début, Jeanne savait qu’elle disposait de très peu de temps et qu’elle serait faite prisonnière.

Benjamin Creme : Maître Hilarion (Saul de Tarse, saint Paul, était une incarnation antérieure). Il est à l’origine du traité occulte Lumière sur le chemin. Son énergie stimule partout la recherche psychique et c’est par ses disciples que le mouvement spirite a été lancé. [Share International, février 1986]
     

BC : Saint Paul, alors initié au troisième degré, a pris la cinquième initiation, et est ainsi devenu un Maître, au IVe siècle. Il fera partie du premier groupe de Maîtres à travailler ouvertement sur le plan physique. [Share International, mai 1987]


Selon Aart Jurriaanse : « Le Maître Hilarion est également responsable de l’inspiration de nombreuses « découvertes » scientifiques modernes qui font prendre conscience à la science et à l’humanité des mondes éthériques. »

 

Jeanne la guerrière et les soldats

     Au cours du procès en réhabilitation, les compagnons qui l’accompagnèrent à Chinon pour la rencontre avec le roi dirent le plus grand bien d’elle, indiquèrent qu’ils n’avaient jamais essayé d’obtenir ses faveurs sexuelles, car sa bonté et sa piété forçaient le respect.

     Elle portait une armure (25 kg), montait à cheval en guerrier, elle partait au combat son étendard en avant (il comportait deux anges, l’inscription Jhesus Maria et la fleur de lys). Elle refusait le combat le dimanche, se confessait et assistait à la messe tous les jours, et pleurait lorsque les Anglais mourraient sans avoir pu aller se confesser. Elle interdisait les viols et les pillages, obligeait les soldats à se confesser.

      Dans les combats, elle occupait toujours la place la plus dangereuse, au front lors des attaques, et en arrière lors des retraites. Elle fut blessée plusieurs fois au combat. Elle réussissait à se faire respecter par des chefs militaires aguerris. Jean le Bâtard (comte de Dunois) en charge de la défense de la ville d’Orléans déclara que les faits et gestes de Jeanne lui paraissaient « d’inspiration divine ».

     Elle les commandait hardiment, et menaça le comte de Dunois : « Bâtard, bâtard, au nom de Dieu, je te commande que … (sinon) je te promets que je te ferai ôter la tête. » (RPP p. 98, R159).

     Elle remettait en cause leurs décisions tactiques : « En nom Dieu, le conseil du Seigneur Notre Dieu est plus sage et plus sûr que le vôtre. » (RPP p. 93 R131). Elle s’invitait dans les conseils de guerre du roi lorsque cela lui semblait nécessaire.

     Thibaud d’Armagnac a dit d’elle : « Pour ranger l’armée en bataille et exciter les soldats, elle se comportait comme si elle avait été le capitaine le plus avisé du monde qui eut été toute sa vie instruit dans la guerre. » (RPP p. 69 R116)

 

La libération d’Orléans

 

     Orléans était assiégé par les Anglais depuis octobre 1428. Affamés, désespérés, désorganisés et démotivés, ses habitants n’attendaient plus de secours que de Dieu. Après l’examen de Poitiers, Charles VII avait donné une armée et des vivres à Jeanne. Le 29 avril 1429, Jeanne et son armée arrivèrent à Orléans. Elle se fit mener au bâtard d’Orléans (le Dunois) en charge de la défense de la ville et lui imposa des stratégies qui paraissaient vouées à l’échec et se révélèrent fructueuses. Ainsi, lors de la première percée, le vent tourna miraculeusement et permit aux bateaux de remonter la Loire et de livrer des vivres aux Orléanais.

     Le dimanche 8 mai 1429, les chefs militaires français voulurent attaquer les Anglais, Jeanne refusa : « … que, pour l’amour et honneur du Saint Dimanche, ils ne commencent point la bataille… », les Anglais quittèrent Orléans d’eux-mêmes. La ville fut alors libérée (RPP P107).

     La libération d’Orléans fut un tournant décisif dans la guerre. Les Français recouvrèrent leur courage, les Anglais perdirent leur endurance.

     Depuis près de six cents ans, presque chaque année au mois de mai au travers des révolutions et des guerres, Orléans rend hommage à Jeanne d’Arc, lors de fêtes qui durent plusieurs jours. Aujourd’hui encore, les armoiries de ses compagnons d’armes (Gilles de Rais, le bâtard d’Orléans, le Duc d’Alençon, La Hire, le maréchal de Boussac, etc.) sont fièrement déployées pendant plusieurs mois sur les murs de la cathédrale Sainte-Croix.

Le sacre et Jeanne prisonnière

     Après la libération d’Orléans, Jeanne convainquit les chefs de guerre d’amener le roi Charles VII à Reims pour se faire couronner et ainsi démotiver l’adversaire anglais. Après un long périple, au cours duquel les villes se rendaient une à une, le roi et son armée entrèrent dans Reims le 16 juillet 1429 (RPP P150) et fut sacré dans la foulée. En même temps le roi négociait secrètement une trêve avec les Bourguignons et ne soutenait plus vraiment Jeanne. Alors commencèrent les défaites pour Jeanne et les guerriers. Lorsque les troupes allèrent sur Paris le roi n’envoya pas les vivres, ne se joignit pas aux troupes. Il alla jusqu’à dissoudre l’armée du sacre, le 21 septembre 1429.

     Jeanne fut capturée le 23 mai 1430 par les Bourguignons à Compiègne. Transportée à Beaurevoir, elle tenta de s’échapper (elle enferma son geôlier, sauta du haut d’une tour et se blessa), elle fut ensuite vendue aux Anglais pour 10 000 livres tournoi (LR p. 7). Ils l’amenèrent à Rouen, leur fief, pour être jugée en hérésie par les religieux français sous la conduite de l’évêque Cauchon.

 

Le procès de Rouen

 

     Le but du procès de Rouen était de condamner Jeanne pour hérésie afin de décrédibiliser le roi qui fut couronné grâce à elle. Le procès en condamnation dura cinq mois, du 9 janvier au 30 mai 1431. Entre les audiences, Jeanne était tenue enchaînée et entravée aux pieds et gardée par des soldats anglais contrairement aux règlements de l’Inquisition. Elle aurait dû être détenue dans la prison de l’archevêché et gardée par des femmes (RPP p. 200). Au cours des interrogatoires, elle était seule face à 10, 40 ou 60 juges et assesseurs. Les interrogatoires du matin duraient trois ou quatre heures, et les questions harcelantes reprenaient l’après-midi. Tout était fait pour la piéger, démontrer qu’elle était coupable.

     Jeanne n’avait pas d’avocat, elle était seule avec ses voix qui la conseillaient.

     Dès le premier jour, lorsqu’elle a dû jurer de dire la vérité, Jeanne prit l’ascendant sur ses accusateurs, fixa le cadre du procès en refusant de révéler le secret qu’elle partageait avec le roi.

     « Elle se défend intuitivement, intelligemment et pied à pied … L’interrogatoire judiciaire est un sport de combat, c’est-à-dire d’esquive, de surprise et de contre-attaque. » (PR pp.10, 11) « Jeanne est une athlète de la défense de rupture qui est un véritable affrontement physique dans le prétoire … Cette enfant est un chef de guerre et un chef politique. » (PR p. 55) déclare admiratif, l’avocat Jacques Trémolet de Villers dans son livre Le procès de Rouen.

Tour à tour intrépide, insolente, grave, habile, prudente, elle évitait les pièges. A ces notables d’Eglise, elle opposait Dieu (elle a agi de par Dieu), elle gagnait du temps, les renvoyait aux minutes des jours précédents, à son interrogatoire de Poitiers, à l’illégalité de son procès. Mais les dés étaient pipés et son sort scellé par avance.

     « Dieu hait-il les Anglais ? » « De l’amour ou de la haine que Dieu a pour les Anglais et de ce qu’il fait à leur âme, je n’en sais rien, mais je sais bien qu’ils seront chassés de France, excepté ceux qui y mourront, et que Dieu enverra victoire aux Français contre les Anglais. » Le 17 mars 1431, (RPP p. 207)

     Menacée de torture, du bûcher, elle signa une cédule d’abjuration d’une croix (en son langage codé cela signifiait que le document était faux) et accepta de revêtir des habits de femme contre la promesse, qui ne fut pas tenue, d’être mise en prison d’église. Ses geôliers anglais la violentèrent, lui apportèrent des habits d’homme qu’elle revêtit, elle fut déclarée relapse (retombée dans ses erreurs passées) et brûlée vive le 30 mai 1431, sur la place du Vieux Marché à Rouen, à l’âge de 19 ans.

     A sa demande on lui amena un crucifix, elle invoqua constamment Jésus jusqu’à sa mort et provoqua pleurs et consternation dans l’assistance.

     Les minutes du procès de Rouen sont un témoignage extraordinaire de qui était Jeanne, elles sont bouleversantes par la beauté, la pureté de son langage, sa résilience, sa jeunesse et sa vitalité.

« En mon pays, on m’appelait Jeannette, et lorsque je suis venue en France on m’a appelée Jeanne. » Le 21 février 1431 procès de Rouen (PR, p. 27)

     « Très noble Seigneur Dauphin, je suis venue et suis envoyée de par Dieu pour apporter du secours à vous et à votre royaume. » Le 25 fév. 1429 A Chinon, lors de sa première rencontre avec le roi Charles VII (RPP p. 51).

« Jhesus-Maria, roi d’Angleterre, et vous, duc de Bedford, qui vous dites régent du royaume de France, …, faites raison au Dieu du Ciel. Rendez à la Pucelle qui est ici envoyée de par Dieu, le Roi du Ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France… »

     Le 22 mars 1429, début de la lettre de sommation aux Anglais (RPP p. 79, C221-222).

« Je n’ai pas peur… Je suis née pour faire cela. » « Très doux Dieu, en l’honneur de Votre sainte Passion, je vous requiers, si vous m’aimez, que vous me révéliez comment je dois répondre à ces gens d’église. » Le 28 mars 1431, sur la manière dont Jeanne d’Arc demande conseil à ses voix (PR p. 244).

     « Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; si j’y suis, Dieu m’y tienne. » Le 28 mars 1431, lors du procès de Rouen, réponse à Jean Beaupère qui tente de la piéger en lui faisant dire qu’elle pense avoir la grâce de Dieu (PR p. 62).

« Evêque, je meurs par vous ! » Le 30 mai 1431, à l’évêque Cauchon qui instruit son procès (PR p. 325).

« Jésus, Jésus, Jésus, Jésus, Jésus, Jésus. » le 31 mai 1431, sur le bûcher (PR p. 332).

« Je voudrais que mon âme fut où je crois qu’est l’âme de cette femme. » Jean Alépée, évêque de Rouen (RPP p. 276).

« Nous sommes tous perdus, car c’est une bonne et sainte personne qui a été brûlée. » Jean Tressart, secrétaire du roi d’Angleterre (RPP p. 276).

 

Après Jeanne d’Arc

     Charles VII (roi de France de 1422 à 1461) que l’on disait indécis et dépensier se révéla un souverain clef qui remit de l’ordre dans le royaume. Mieux conseillé après l’attentat contre son conseiller Trémoille, le roi sortit de sa passivité, fit la paix avec les Bourguignons (paix d’Arras en 1435), redressa les finances de la France aidé par son trésorier Jacques Cœur. Il instaura des impôts royaux et créa une armée royale, faisant passer la France d’une organisation féodale à celle d’Etat nation. Le peuple français naquit en tant que sujets du roi de France. Il constitua une armée solide avec une artillerie et en vingt ans, ville après ville, chassa définitivement les Anglais de France (1453).

     Le 7 juillet 1456 à Rouen, le procès en réhabilitation conclut à l’innocence de Jeanne. Elle fut canonisée le 16 mai 1920.

 

Une initiée en contact avec un Maître de Sagesse**

     Comment une jeune fille de 17 ans, inculte, paysanne, qui n’était rien, vivant à l’autre bout de la France, put-elle en deux ans, renverser une institution – la double monarchie, défier l’Université de Paris faiseuse de papes et de rois, faire couronner un roi qui acheva de forger le royaume de France, transformer les querelles claniques des seigneurs féodaux en guerre de libération d’un pays et d’un peuple, parler un si beau français, dominer un prétoire ? Même les esprits les plus rationnels voient en elle un mystère.

     Jeanne eut la meilleure éducation possible, ses voix l’avaient enseignée. Elle avait la foi chevillée au corps, la force indicible que peut amener la fusion avec son âme, chez un initié du 3e degré soutenu au jour le jour par un Maître de Sagesse. Elle obéissait au divin et se réservait autonomie par rapport à l’Eglise et au pouvoir temporel. Elle incarne la connexion directe de chacun avec son âme et le divin et la prise de responsabilité du disciple qui porte sa foi dans les domaines les plus ardus, la politique et la guerre. En plus d’être en contact direct et étroit avec son âme, Jeanne avait fait un pas supplémentaire dans l’évolution et atteint un niveau de conscience monadique qui la rendait sensible à la Volonté divine. Elle vivait pour servir le Dessein divin dans la mesure où un initié du troisième degré peut manifester et exprimer ce niveau d’Etre. Elle devint un agent du Plan divin complètement fusionné avec son âme. C’est grâce à cette connexion que Jeanne put mener ses actions avec une telle force, et une telle certitude qu’elle agissait sur les ordres du « Roi des Cieux ».

     Sa vie éclaire aussi la relation d’un disciple avec un Maître de Sagesse. Le Maître peut donner conseils, soutien, mais l’action incombe au disciple qui doit accomplir sa destinée.

     Seul un initié en contact profond avec son âme et ici avec un Maître de Sagesse peut connaître le moment clef où intervenir et l’impact de l’intervention. Comment deviner que Jeanne d’Arc et le sacre du roi allaient catalyser les efforts français et amener la victoire ? Comment deviner qu’un personnage jugé falot, le roi Charles VII, allait se révéler un bon administrateur de son royaume qu’il allait consolider en chassant les Anglais ?

     Pourquoi Dieu (ici le Maître Hilarion), intervint-il dans les affaires des hommes et prit-il partie des Français vis-à-vis des Anglais ? La raison en est simple, la France est une nation avec une destinée façonnée par ses rayons (A5, P3), ses influences astrologiques déversées sur un territoire, et s’exprimant au travers de ses initiés. L’Angleterre (A2, P1) a une destinée différente. Leur histoire a été liée au Moyen Age, mais l’identité des nations est sacrée et finit toujours par triompher.

 Aujourd’hui

     Jeanne d’Arc âme 5, est aujourd’hui un Maître basé en France, il stimule l’aspect scientifique de la France 5.

Dans La destinée des nations, Alice Bailey indique que si le 5e rayon, rayon d’âme de la France, parvient à dominer son rayon 3 de personnalité et à transmuter sa séparabilité en sa fonction révélatrice, si la France se libère de ses tendances matérialistes et égoïstes, et tourne son intellect vers la découverte et l’élucidation des choses de l’esprit, alors la France pourrait révéler la vraie nature de l’âme et instaurer l’ère de la véritable psychologie ésotérique.

Le Maître qui fut Jeanne d’Arc aidera sans doute la France sur ce chemin.

 

 Sources :


1 – La destinée des nations, Alice A. Bailey
2 – La Mission de Maitreya, tome III, Benjamin Creme
3 - Jeanne d’Arc le procès de Rouen, Jacques Trémollet de Villers, minutes du procès commentées (les Belles lettres, 2016)
4 - Jeanne d’Arc par elle-même et ses témoins, Régine Pernoud (le Seuil, 1962)
5 - La Mission de Maitreya, tome II, Benjamin Creme

Abréviations


PR : Jeanne d’Arc le procès de Rouen, Trémolet de Villers
RPP : Jeanne d’Arc par elle-même et ses témoins, Régine Pernoud,
RPP Pxx, Cnnn-nnn : RPP idem, suivi de la source originale Procès de condamnation de Jeanne d’Arc, Edition Tisset et Lanhers, et Société de l’Histoire de France.

 

* Dans la Mission de Maitreya tome II, B. Creme indique que si Jeanne croyait entendre plusieurs voix, saint Michel, sainte Catherine, sainte Marguerite, il s’agissait en réalité de la seule voix de son Maître, le Maître Hilarion.


** Selon Benjamin Creme, Jeanne était une initié du 3e degré : point d’évolution 3.3, âme 5, personnalité 1/7, mental 3/6, astral 6/6, physique 6/7.

Photo : Wikimedia Commons
Jeanne d’Arc entrant dans Orléans,

tableau de Jean-Jacques Sherrer, 1887.

 
 

Les États-Unis et l’évasion fiscale 

par Jake Johnson,

 

     L’affaire des Pandora Papers, à la une depuis le 3 octobre 2021, a permis la divulgation d’une énorme quantité de dossiers sur les paradis fiscaux et le monde secret de la finance offshore – dans lequel les Etats-Unis et d’autres pays riches tiennent une place prépondérante. Ils ont suscité des appels à une réforme immédiate d’un système global qui permet aux puissants de cacher leur richesse et de priver les gouvernements de recettes cruciales.

     « Voilà où se trouvent les hôpitaux qui nous font défaut, explique Susana Ruiz, responsable de la politique de justice fiscale à Oxfam International. C’est là qu’il faut aller chercher la paye de tous les enseignants, pompiers et fonctionnaires supplémentaires dont nous avons besoin. Chaque fois qu’un politicien ou un chef d’entreprise affirme qu’il n’y a pas d’argent pour réparer les dégâts sur l’environnement, pour financer l’innovation et embaucher, pour repartir sur une économie plus juste après la crise, ou pour l’aide humanitaire, ils savent très bien où se trouvent l’argent.

     Les paradis fiscaux coûtent aux gouvernements du monde entier 427 milliards de dollars chaque année. C’est l’équivalent du salaire annuel d’une infirmière, pour chaque seconde d’une année entière. Et ce sont les contribuables qui doivent compenser ces manques. Les pays en développement sont les plus durement touchés. Les entreprises et les particuliers les plus riches qui utilisent les paradis fiscaux sont en concurrence déloyale avec ceux qui ne les utilisent pas. Les paradis fiscaux favorisent également l’essor de la criminalité et de la corruption. »

     À l’instar des Panama Papers de 2016, les Pandora Papers du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) jettent une lumière supplémentaire sur le fonctionnement de cette « économie de l’ombre » au service de grands dirigeants, de célébrités et de magnats milliardaires – qui leur permet de soustraire des milliers de milliards de dollars à l’impôt. Les 11,9 millions de fichiers analysés et divulgués par l’ICIJ révèlent les manœuvres financières habiles de plus de 330 politiciens et personnages publics dans près de 100 pays, dont des dizaines de dirigeants nationaux actuels.

     « Ces documents révèlent les mouvements de capitaux secrets du roi de Jordanie, des présidents de l’Ukraine, du Kenya et de l’Equateur, du premier ministre de la République tchèque et de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, ainsi que du « ministre officieux de la propagande » du président Poutine et de plus de 130 milliardaires de Russie, des Etats-Unis, de Turquie et d’autres nations. »

     Les placements dans des paradis fiscaux de capitaux appartenant à des athlètes, des mannequins et des artistes de premier plan sont aussi révélés. On y trouve les noms de la star de la musique pop Shakira, du top model Claudia Schiffer. Mais Alex Cobham, directeur général du réseau Tax Justice (Justice fiscale) met en garde contre la tentation de se focaliser sur des individus célèbres au risque d’oublier la responsabilité des institutions et des pays qui ont mis en œuvre ce système :

     « L’évasion fiscale individuelle est honteuse […] mais il est important de ne pas perdre de vue que les véritables responsables, ceux qui ont transformé le système fiscal mondial en un distributeur automatique pour les super riches, ce sont les banques, les cabinets d’avocats et comptables – et les pays qui ont rendu cela possible. » Il observe que les Pandora Papers – le produit d’une enquête de près de deux ans, menée par plus de 600 journalistes dans 117  pays – confirment que les États-Unis sont « le plus grand spécialiste du secret bancaire au monde. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont les chefs de file du plus grand réseau de paradis fiscaux, et aussi les plus grands opposants à la transparence. Nous avons besoin d’une transparence totale pour pouvoir réclamer des comptes aux tricheurs, surtout lorsque nos politiciens en font partie. Le président Biden doit être à la hauteur de ses annonces sur le démantèlement de la finance internationale illicite, et commencer par son propre pays. »

     Les révélations montrent clairement « comment les États-Unis sont devenus une destination de plus en plus attrayante pour les capitaux occultes, alors même que ce pays et ses alliés occidentaux condamnent des petits pays pour avoir permis des flux d’argent et d’actifs liés à la corruption et au crime. »

Les Pandora Papers contiennent des documents provenant de 206 trusts dans 15 États américains, et de 22 sociétés de gestion de fonds. « On a des détails sur des mouvements de centaines de millions de dollars depuis des paradis fiscaux dans les Caraïbes et en Europe vers le Dakota du Sud, un État peu peuplé devenu une destination privilégiée pour les capitaux étrangers. »

     On remarquera que les Pandora Papers ne mentionnent pas les personnes les plus riches des États-Unis, notamment Bill Gates, Elon Musk, Warren Buffett et Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde. Mais comme l’explique le Washington Post, cela pourrait s’expliquer par le fait que « les ultrariches bénéficient de taux d’imposition si bas qu’ils sont moins incités à rechercher des paradis fiscaux ».

 

Les mesures à prendre

 

     En réponse aux révélations, Oxfam a appelé les gouvernements à adopter un certain nombre de mesures, spécialement :

1) Mettre fin au secret fiscal, pour les particuliers et les sociétés. Mettre en place un registre public sur les propriétaires réels des comptes bancaires, des trusts, des sociétés écrans et des actifs divers. Obliger les sociétés multinationales à déclarer leurs comptes là où elles exercent réellement leurs activités.

2) Favoriser les échanges automatiques entre pays, afin de permettre aux autorités fiscales d’accéder aux informations dont elles ont besoin pour traquer l’argent.

3) Établir une liste noire mondiale des paradis fiscaux et prendre des sanctions, pour limiter leur utilisation.

4) Définir un nouvel agenda mondial sur l’imposition équitable de la richesse et du capital ; s’attaquer à la concurrence fiscale entre les pays désireux d’attirer les personnes fortunées.

« Les promesses des gouvernements de mettre fin aux paradis fiscaux sont encore loin d’être tenues, a déclaré S. Ruiz. On ne peut plus permettre aux paradis fiscaux de continuer à favoriser les inégalités jusqu’au point de rupture alors que le monde connaît la plus forte augmentation de l’extrême pauvreté depuis des décennies. »

 

Source : commondreams.org

Le prix Nobel alternatif 2021 

par Jessica Corbett,

 

     Connu dans le monde entier comme le « prix Nobel alternatif » et destiné à soutenir « les personnes courageuses qui cherchent des solutions aux problèmes mondiaux », le Right Livelihood1 Award a été décerné le 29 septembre à trois militants du Cameroun, du Canada et de Russie, ainsi qu’à un groupe de juristes indiens.

Depuis sa création il y a plus de quarante ans par Jakob von Uexkull, le Right Livelihood Award a récompensé près de 200 lauréats de plus de 70 pays. Cette année, l’organisation basée à Stockholm a examiné un nombre record de 206 candidats de 89 nations, selon son directeur exécutif, Ole von Uexkull.

     Les lauréats de 2021 sont : 

Marthe Wandou, « pour avoir conçu un modèle de protection communautaire des enfants face à l’insurrection terroriste et à la violence sexiste dans la région du lac Tchad au Cameroun » ;

 

Vladimir Slivyak, « pour avoir défendu l’environnement et contribué à susciter une opposition populaire aux industries du charbon et du nucléaire en Russie » ;

 

Freda Huson, du peuple autochtone Wet’suwet’en au Canada, « pour son dévouement sans faille à la défense de la culture de son peuple et de ses territoires contre les projets désastreux de pipelines » ;

 

Legal Initiative for Forest and Environment (Life), (Initiative juridique pour les forêts et l’environnement) « pour son soutien juridique innovant permettant aux communautés de protéger leurs ressources dans le cadre de la démocratie environnementale en Inde ».

     

« Les lauréats 2021 sont des combattants courageux qui montrent ce que les mouvements populaires peuvent accomplir, a déclaré Jakob von Uexkull. Face à l’escalade des crises climatiques et environnementales, à la violence insensée et aux violations flagrantes des droits de l’homme, ils s’engagent avec succès pour un avenir meilleur par la solidarité et leur organisation. Ces militants locaux ne se contentent pas de résister, mais mobilisent activement des communautés entières pour revendiquer leurs droits, devenant ainsi des agents du changement là où les gouvernements échouent. »

     En plus d’un prix en espèces d’environ 100 000 euros pour chaque lauréat, l’organisation assure aux lauréats un soutien à long terme pour « mettre en lumière et développer » leur travail. Selon cette dernière : « Right Livelihood est un porte-voix et un bouclier pour les lauréats : il leur permet de se faire connaître, leur offre une protection lorsque leur vie et leur liberté sont en danger et sensibilise les gens à leurs solutions innovantes. »

     Parmi les lauréats précédents figurent le lanceur d’alerte américain Edward Snowden, la militante suédoise pour la protection du climat Greta Thunberg, le gynécologue congolais Denis Mukwege et le militant bélarusse pro-démocratie Ales Bialiatski, ainsi que Viasna, le centre des droits de l’homme qu’il a créé.

 

Marthe Wandou
Première Camerounaise à recevoir ce prix, Marthe Wandou travaille depuis longtemps à la prévention de la violence sexuelle contre les enfants, en particulier les filles, et à la prise en charge des survivants. Elle a fondé l’organisation Action locale pour un développement participatif et autogéré (Aldepa) en 1998.
« Le prix Right Livelihood nous donnera le courage de poursuivre notre œuvre, a-t-elle déclaré. Il nous aidera également à avoir de la visibilité et à appeler davantage de personnes à nous rejoindre pour soutenir les victimes et promouvoir les droits des femmes et des enfants. »

 

Vladimir Slivyak
Coprésident et cofondateur du groupe Ecodefense, il a lutté contre les combustibles fossiles et l’énergie nucléaire en Russie, et contre l’importation de déchets radioactifs. « J’ai passé ma vie à défendre l’environnement, et c’est vraiment un grand honneur pour moi de recevoir un prix comme celui-ci, a déclaré V. Slivyak. Ce prix permet de dégager davantage de ressources pour le travail de protection de l’environnement et des droits de l’homme que mène mon organisation. »

 

Freda Huson
Elle est une meneuse dans la lutte contre le gazoduc Coastal GasLink en Colombie-Britannique, Canada. Elle s’est jointe à d’autres chefs héréditaires Wet’suwet’en en 2010 pour établir le campement Unist’ot’en, qu’ils décrivent comme « une expression pacifique de notre lien avec notre territoire. » Ce camp comprend maintenant un centre de guérison pour les personnes touchées par les traumatismes coloniaux. « Le travail pour lequel j’ai été récompensée consiste à enseigner aux gens notre façon de faire, que l’on nous apprend dès notre plus jeune âge : prendre soin de la terre qui nous nourrit, a-t-elle expliqué. Ce prix signifie qu’il va être plus facile pour mon peuple d’unir ses forces avec beaucoup d’autres peuples dans le monde qui ont le même objectif : protéger la terre, protéger l’environnement et s’assurer que les populations soient traitées équitablement. »

 

Life
Fondée en 2005 par les avocats Ritwick Dutta et Rahul Choudhary, Life fournit un soutien juridique et scientifique aux communautés de toute l’Inde qui s’attaquent aux projets et aux entreprises qui menacent l’environnement et la santé publique. R. Dutta a déclaré : « Nous sommes extrêmement heureux que Life reçoive son premier prix international. Cela signifie beaucoup pour nous et pour tous les groupes locaux que nous soutenons en Inde. Le prix nous aidera à accroître l’impact de notre travail, en donnant à davantage de personnes les moyens de protéger la nature et leurs moyens de subsistance. »

 

1. Right livelihood (moyens d’existence justes) fait référence au noble sentier du bouddhisme qui enseigne que chacun doit prendre seulement une part équitable des ressources de la Terre (wikipedia)

 

Source : commondreams.org